Presse & FN

Comment la presse écrite travaille-t-elle sur le Front National ? Que reste-t-il des engagements des années 1980 ? Quelles sont ses armes, ses méthodes, ses finalités, ses forces et ses faiblesses ? Petite série en forme d’hommage à ceux qui vont au front, pour de bon.

7 mai 2017. Dix millions de votants pour Le Pen. Et une couverture médiatique désastreuse. Dix millions de votants et une « dédiabolisation » diabolique sur les chaînes d’info en continu.

La question des journalistes au Front est venue pendant que nous écrivions notre politique-fiction en temps réel L’infiltré, au plus fort de la campagne présidentielle française, entre le 10 avril et le 7 mai 2017. Le raz-de-marée Le Pen était annoncé sur toutes les antennes, non comme une défaite, mais un fait. Un fait neutre, un fait innocent, un fait de l’époque. Les télés, en boucle, s’en accommodaient fort bien, au point de se baffrer de « Monsieur BFM » (surnom en interne de Florian Philippot) et des images de ses meetings fournies clés en mains par le parti lui-même. Comment raconter un rassemblement du FN quand il est filmé par le FN ? Comment raconter la politique de l’extrême droite quand on accepte son extrême-photoshopisation à outrance (le pompon : l’affiche du second tour de Marine Le Pen, méconnaissable).

Peu à peu, une poignée de journalistes, principalement de presse écrite, mais pas seulement, a commencé à dire stop, à dire non, à dire on ne marche pas dans la combine. Ils ont raconté les sièges vides, les rideaux qu’on tire pour réduire l’espace de la salle et ont fini comme il se devait : parqués, avec interdiction de parler aux militants, puis refoulés en nombre. Fait rare, plus d’une trentaine de rédactions, tous supports confondus, se sont regroupées pour dire basta.

Quelques jours plus tard, l’idée m’est venue. Tendre le micro à ceux dont le métier est de pister le Front National.

Voici le résultat (en cours).