La nouvelle est tombée sur le portable, au petit matin. Elle était sèche. Brutale. Rude. Un verbe, le verbe « être » pour dire : il est mort. C’était Bizot, Jean-François Bizot, le petit fou, le grand bavard, le cinglant, le sucré-salé, l’enfoiré, l’immense. Je me souviens de lui à Moscou, premier grand reportage pour Actuel, début des années 90. Avec sa valise, son air goguenard à la douane ou quand, sans le savoir, l’un de nous deux avait pissé sur le Kremlin.
Bizot. Actuel. Une rencontre. La rencontre. Après, difficile de marcher tête baissée. Toujours, faire un peu comme lui, faire sa tête de con. Con, comme contrôler. Free press. Punk. Hip Hop. C’est la vie.
Bizot. Le bordel monstre de don bureau, la pensée oblique, les formules définitives, géniales, n’importe quoi. Son sourire immense de papa. Sa cour, insupportable ; et ses effets de style, grand maître.
Penser à lui. A sa vivacité, à sa sagacité, à sa belle férocité, à sa brise-cité brise-ennui. Penser à lui comme à un grand frère, si drôle, qui manque déjà.
Davduf.
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Publiée le lundi 10 septembre 2007.
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