Le dessinateur Placid condamné

Bienvenue à Sarkoland

Suite à la toute récente condamnation du dessinateur Placid, Denis Robert contre-attaque : « La vraie censure est en marche. Elle est perfide, efficace et économique. Elle défend l’honneur des multinationales, des vedettes du foot ou du show biz et des premiers ministres. Elle s’attaque aux petits éditeurs, aux dessinateurs sans ressources, aux écrivains et aux journalistes indépendants. »

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Ce matin, j’ai reçu un mail de Placid. Il avait réalisé la couverture de mon livre « le milieu du terrain ». Auparavant, il avait dessiné celle d’un petit guide très instructif sorti en 2001 qui avait pour titre « Vos papiers ! » et pour sous-titre « Que faire face à la police ? ». Le syndicat de la magistrature et un de ses membres Clément Schouler avait aidé à la publication de cet ouvrage.

Le livre, paru en 2001, a été l’objet d’une double plainte (diffamation et injure) de la part de Daniel Vaillant, alors ministre de l’intérieur. Placid, l’éditeur (Michel Sitbon, l’esprit frappeur) et l’auteur avaient été relaxés en première instance. Le parquet a fait appel. Le 23 novembre 2006, à son procès, Placid s’est défendu seul sans avocat. Le jugement vient d’être rendu. « J’ai été condamné à 500 euros d’amende pour "injures publiques envers une administration, en l’occurrence la police nationale" » nous apprend Placid. Michel Sitbon, est condamné à 800 euros d’amende
pour complicité et Clément Schouler, à 1000 euros à cause d’une phrase dans sa préface où il explique qu’ en France les contrôles d’identité aux faciès se multiplient…

L’arret du 18/01/2007

« Clément Schouler et son avocat ont fait un pourvoi en cassation. Je ne
sais pas faire ça, ça me gonfle de m’occuper de quoi que ce soit, je
me contente de faire cette lettre. Et pas particulièrement pour vous demander conseil, juste pour que l’information circule
 » écrit Placid qui poursuit : « Pendant ce procès en appel, je me suis défendu. J’ai produit des photocopies d’œuvres de dessinateurs célèbres pour leurs portraits ou
caricatures de policiers (Siné, Cabu, etc.). Ce qui semblait m’être reproché était le nez retroussé du policier, proche du nez d’un cochon. J’ai aussi produit des exemples de ma production de dessins, où on peut voir des "nez de cochon" sur toutes sortes de personnages (…). J’ai enfin montré l’exemple d’une illustration que j’ai faite peu avant dans un magazine pour lycéens, où j’avais représenté une policière sympathique
 »

Puis, Placid d’expliquer : «  Ce que j’ai appris aussi, c’est l’intervention de Nicolas Sarkozy dans le procès Charlie Hebdo récent. La comparaison est simple : je suis condamné pour une image, suite à une plainte initiée par le ministère de l’intérieur, patron actuel : Sarkozy. Je ne cherche pas la bagarre. Je sais juste qu’une amende de 500 euros est plus compliquée à supporter pour moi qu’une amende de 500 000 Euros pour, disons, un responsable de Elf ».

Il y a en ce moment un glissement brutal et visible vers la censure et la démesure dans la censure et l’injustice dans ce pays.

L’affaire Placid intervient au lendemain de la plainte initiée par le Parquet de Paris contre un pauvre blogger qui n’avait fait que reproduire les notes confidentielles de Rondot ou le PV de Van Ruymbeke. Ces PV avaient déjà été largement publiés par le Monde, le Figaro, l’Express, le Point, etc… Aucune plainte n’a été déposée contre ces journaux. De la même manière, mon éditeur et moi sommes poursuivis au Luxembourg et à Paris par les banques ou par Villepin pour avoir chercher à écrire la vérité dans les affaires Clearstream, mais égratigné des édiles. Tous ces journaux qui, plus ou moins outrageusement, roulent pour Sarkozy sont là aussi épargnés. Tant mieux pour eux. J’indique qu’ une fois de plus le pouvoir, dans toute son hypocrisie et son aveuglement, tape sur le supposé faible. Ce pouvoir n’est pas anonyme. Il s’agit de la Chancellerie, du parquet général, du parquet de Paris et de tous ces magistrats au mieux procéduriers, au pire, rampants. Il s’agit du Ministère de l’Intérieur et de ses zélés sous-fifres, qui font campagne en ce moment pour l’édification d’un Sarkoland géant.

Comme Placid, je suis troublé de voir les principaux leaders politiques de ce pays, et tous ces intellectuels en goguette et la plupart du temps sans courage, défiler pour sauver l’honneur du malheureux Val et de Charlie Hebdo au procès des caricatures. Devant les caméras de TF1, de France télévisions, etc… Et oublier le reste. La vraie censure est en marche. Elle est perfide, efficace et économique. Elle défend l’honneur des multinationales, des vedettes du foot ou du show biz et des premiers ministres. Elle s’attaque aux petits éditeurs, aux dessinateurs sans ressources, aux écrivains et aux journalistes indépendants. Elle use et abuse de mises en examen et de frais de procédure. Elle s’opère méthodiquement dans le silence des tribunaux, des campagnes électorales. Et des journaux. Elle est en train de gagner la partie.

Denis Robert

La lettre du dessinateur Placid

Objet : Placid police

Chers amis,

j’ai appris par "Le Canard enchaîné" que j’ai été condamné à 500 euros
d’amende pour "injures publiques envers une administration, en
l’occurrence la police nationale", à cause un dessin que j’ai fait en
2001, pour la couverture du livre "Vos papiers !", sous-titre : "Que
faire face à la police ?"
.

Je n’ai pas encore reçu le jugement par voie d’huissier, je n’ai pas
les détails. Ce livre était publié par les éditions "L’esprit
frappeur". L’éditeur, Michel Sitbon, est condamné à 800 euros d’amende
pour complicité avec moi, et avec l’auteur du texte, Clément Schouler,
membre du syndicat de la magistrature, condamné à 1000 euros
d’amende(l’auteur n’est pas condamné pour injure, mais pour
diffamation, à cause d’une phrase dans sa préface : "il y a en France
des contrôles d’identité aux faciès, et ils se multiplient" (je cite de
mémoire).

Le canard enchaîné a diffusé l’info, me nommant Jean-François Duval
(mon vrai nom), l’humanité de même. Libération n’a parlé que du cas de
Clément Schouler, oubliant la condamnation de l’éditeur et du
dessinateur. Politis aussi peut-être (? : l’accès aux articles par leur
site est bloqué par un abonnement). J’en oublie sûrement, mais il a été
très peu parlé de cette affaire dans la presse, surtout de la
condamnation du dessin de couv.

Clément Schouler et son avocat ont fait un pourvoi en cassation. Je
sais pas faire ça, ça me gonfle de m’occuper de quoi que ce soit, je me
contente de faire cette lettre. Et pas particulièrement pour vous
demander conseil, juste pour que l’information circule.

Quelques précisions : le livre, paru en 2001, a été l’objet d’une
double plainte (diffamation et injure) de la part de Daniel Vaillant,
es-qualité ministre de l’intérieur. Le procès a eu lieu en 2005, je ne
me suis pas alors présenté à l’audience et j’ai été relaxé, ainsi que
l’auteur et l’éditeur. Le parquet a alors "interjeté appel" (je crois
qu’on dit comme ça, qu’est-ce que c’est barbare le langage juridique
 !). J’étais présent (mais sans avocat) au procés en appel devant la
11ème chambre, le 23 novembre 2006. Le jugement a dû être rendu le 18
janvier dernier.

Pendant ce procès en appel, je me suis défendu. J’ai produit des
photocopies d’œuvres de dessinateurs célèbres pour leurs portraits ou
caricatures de policiers (Siné, Cabu, Jossot, Thierry Guitard,
Steinlen, etc.). Ce qui semblait m’être reproché était le nez retroussé
du policier, proche du nez d’un cochon. J’ai aussi produit des exemples
de ma production de dessins, ou on peut voir des "nez de cochon" sur
toutes sortes de personnages (jardinier, anarchiste, etc.). J’ai enfin
montré l’exemple d’une illustration que j’ai faite peu avant dans un
magazine pour lycéens, où j’avais représenté une policière sympathique.
Etc., etc.

Ce que j’ai appris aussi (comme vous), c’est l’intervention de Nicolas
Sarkozy dans le procès Charlie Hebdo récent. La comparaison est simple
 : je suis quand à moi condamné pour une image, suite à une plainte
initiée par le ministère de l’intérieur, patron actuel : Sarkozy.

Je ne cherche pas la bagarre. Je sais juste qu’une amende de 500 euros
est plus compliquée à supporter pour moi qu’une amende de 500 000 euros
pour, disons, un responsable de Elf. (Je suis un artiste, et les
artistes sont pauvres, ce n’est pas un mythe)

Après avoir pensé un moment écrire une "lettre ouverte", ou "communiqué
de presse", je me contente de diffuser l’info auprès d’un cercle
restreint de dessinateurs, journalistes, éditeurs, ou autres que je
connais personnellement (vous en faites donc partie).

Vous pouvez en parler si vous voulez à qui vous voulez (merci de pas
diffuser mon adresse mail à tous vents). Si vous voulez m’en parler,
sachez que je ne serai de retour devant mon mail que mercredi prochain.

Merci de votre attention,
Placid


Vos commentaires

  1. ?

    bonjour,
    j’ai lu le message sur votre affaire en justice à cause de vos dessin et phrase, je fais partie d’un collectif de sans papiers et nous savons tous que les arrestations au faciès sont monnaie courante dans notre pays depuis un bon moment et avec plus d’impunité depuis que ce sinistre sévit ;
    je ne peux que constater avec vous ses dérives qui laissent supposer un bien grave avenir pour les libertés si cet homme est élu...
    courage, il en faut, et résistance aussi,

    hycare

  2. ?

    Bonjour,

    Cette condamnation fait froid dans le dos, espérons que Denis Robert s’en tirera mieux.

    J’aimerai bien connaître la réaction de tous ces pseudo-défenseurs de la liberté de la presse qui ont défendu les caricatures manifestement racistes récemment publiées. Qu’en pensent Nicolas Sarkozy, Philippe Val, Finkielkraut etc. Je suis prêt à parier qu’ils ne critiqueront pas cette ignoble condamnation, où alors mollement.

    Concernant les contrôles au faciès, il est clair que les juges sont dans leur bon droit car avec un peu de mauvaise foi ils peuvent nier l’existence contrôles au faciès. De leur point de vue nauséeux il ne s’agit que de contrôles d’identités d’individus suspects et comme par hasard les suspects ont une tendance marquée à avoir le teint mat. Mais attention, corrélation ne vaut pas causalité... et le tour est joué.

    Quand on voit comment certains se lâchent dès à présent, alors que l’élection de leur mentor n’est pas encore assurée, il y a de quoi paniquer. J’ai peur que les cinq prochaines années ne laissent des traces indélébiles sur la société française.

    Bon courage à tous,

    Obob

  3. Sébastien Fontenelle

    Si j’ai bien lu, ton billet aurait aussi bien pu s’appeler "bienvenue à P"S"land" - ou si je me trompe ?
    C’est un "socialiste", qui a porté plainte - ou laissé faire.
    Ca ne dédouane Sarko de rien - et ça n’empêche pas d’attendre que "Charlie Hebdo" agite ses ridicules petits poings avec sa vigueur coutumière - mais ça en dit quand même assez long sur les ami(e)s de l’excellente Marie-Ségolène aussi, pas vrai ?

  4. espacecivil

    c’est évident, tout le monde le sait et pas assez le disent, la démago est intégrée,elle est notre lot commun. Charlie Hebdo and co en sont une formidable démonsration, nous sommes dupes et donc tout est possible.
    A part ça, les présidentielles arrivent et ... J’AI PEUR !
    Nous sommes TOUS caution du prochain vote, et la censure ne fait que commencer !

  5. papé

    on a beau essayer de modérer, dans les discussions plus ou moins amicales, les propos sur la censure : ce qu’elle est, où elle se trouve et comment elle agit. Un exemple comme celui là est précieux face, entre autres bien sûr, aux cris d’orfraie d’un hoax comme celui du ’documentaire ogm’ soi disant censuré, ou autres appels à une vigilance factice. Je suis à la fois désolé de ce qui vous arrive et reconnaissant de fournir cet argument. ça peut paraitre un tantinet odieux, mais je vais tacher de moduler en précisant que j’ai souvent apprécié votre travail (oué c’est léger mais bon ...)

  6. André Chenet

    Nous sommes engagés à notre insue dans un processus de normalisation, de politiquement correct, de contrôle des citoyens qui nous ramène aux années soixante, dans la grisaille d’existences impuissantes, séparées et ce, malgré la modernité révolutionnaire des moyens de communications. Une espèce de peur souterraine (générée par la confusion des valeurs et des intérêts) se propage dans la chair du corps social, la propagande sournoise est de retour, influançant par ses messages pernicieux (subliminaux ?) s’appuyant sur toutes les réalités "grotesques" desservies 24h/24 par les médias du monde entier (terrorisme, fanatismes et guerres de religions, fascisme, catastrophes écologiques et climatiques, culte du moi....) et ces médias d’une lâcheté inouie, soi disant objectifs, sont aux mains des grands groupes financiers de la planète. D’un autre côté nous continuons à écouter les fadaises des politiques, discours vieillots cent fois rabachés, dépourvus d’imagination. Tout cela au nom d’une réalité économique dont se nourrit exagérément une mince frange de la population mondiale, les héritiers des grandes fortunes usurpées de jadis, les tenants de pouvoirs complètement périmés ! Aux larmes citoyens ! Lâchez, lâchez tout, vos privilèges, votre sécurité à la petite semaine. C’est la Bourse ou la Vie ! Sarkoland ou bushland ou blairland ou Prodiland ou Brave New World... Travaillons toujours plus afin de nous faire plumer pendant que les caisses de la république sont détournées par le train de vie de ceux qui se nomment eux-mêmes les gestionnaires des finances publiques. Ségolène et son bas de laine socialiste, qui parle de démocratie participative sans tenir compte du rejet de la constitution Européenne, Bayrou le preux et son raccolage par le bas de l’aine, Sarkozy le représentant légitime de la paranoïa d’une époque va_t_en-guerre, Buffet ou la batardise néo-communiste, Besancenot petit employé modèle des postes, menotté dans le parti pris jusqu’au boutiste des luttes naufragées, et enfin Bové, l’homme de la mondialisation différente mais à la vue perçante, l’homme des utopies désespérées... Quant aux autres, des peaux de bananes sur la route des présidentielles. Pas de vision, si peu de coeur. Il nous faut créer en toute urgence un mouvement - et non un parti politique basé sur le pouvoir avec subventions à la clé...) qui représenterait les aspirations légitime des hommes, en dehors des clivages et des raisonnements rabachés, un mouvement inspiré non pas par la multitude infinie des interêts, mais s’organisant sur les grands principes humanistes, dont par exemple, les bouddhistes cernèrent admirablement les contours, ce qui explique clairement le succès de cette philosophie pragmatique en notre occident dématerialisé par trop de matérialité. Les initiateurs de la charte antilibérale ont fait un excellent travail, sauf quand il a fallu choisir un représentant, le rêve a été torpillé (par les idéologues partisans, forcément) ! Néamoins, un pas a été franchi, une constitution nouvelle fait son chemin, des hommes et des femmes se sont finalement mis d’accord pour élaborer les grandes lignes d’une politique d’une société basée sur les besoins réèl des peuples. Je pense à Moralès qui, dès qu’il est arrivé au pouvoir, a baissé son salaire de président de la république de Bolivie : de l’équivalent de 1500 euros à 1300 euros. Voilà une caricature positive et pleine d’enseignements. Nos candidats, tous autant qu’ils sont, nourrissent le jeu médiatique, le bluff qui sert à fabriquer le citoyen modèle lamda de demain, les mort vivants d’une planète gangrenée par la race humaine. "Il nous manque ce contact essentiel qui fait que les mains se parlent, que les regards se rejoignent, que les coeurs boeurs battent la mesure fraternelle, il nous manque cette touche d’abandon dans les paysages falsifiés (mentaux et physiques) que nous habitons... Autour de nous, nous regardons souffrir les peuples les plus pauvres, les êtres les plus démunis,... Autour de nous... Nous ne sentons déjà presque plus rien. Autour de nous, la mort passe... comme une étrangère."}

  7. Georges Stanechy

    La "défense de la liberté d’expression" est une astuce juridique à l’usage exclusif de l’oligarchie régnante (tous partis confondus...), pour la défense de ses seuls intérêts.

    Le cas cité, ainsi que l’affaire Clearstream, sont la démonstration qu’il va être de plus en plus difficile d’exercer, en France comme dans l’ensemble des pays occidentaux, une authentique liberté de pensée, d’expression, de libre circulation des idées et du débat. Les médias et le mileu de l’édition sont mis au pas, en toute impunité. Les procès, type Charlie Hebdo, n’étant que le paravent de cette action souterraine et implacable, parfaitement démontrée dans l’article de Denis Robert.

    Comment faire pour résister ? Cela exige des moyens matériels que seule une organisation spécialisée, de type associatif, pourrait mener avec un fonds de solidarité permettant de faire face aux frais de justice. Car, une des premières mesures d’intimidation est la saisine de la justice afin d’asphyxier tout "déviationnisme" par des coùts, et des frais répétés, engendrés par ce type d’action.

    Les dictatures, "soft" ou "hard", emploient les mêmes procédés...

    1. davduf

      Georges, je suis en tout point d’accord avec vous sauf... sur la denière phrase

      Les dictatures, "soft" ou "hard", emploient les mêmes procédés...

      Pour moi, il n’y a pas de dictature qui serait soft et d’autres qui seraient hard. Une dictature est une dictature. On ne peut tout de même pas comparer des frais de justice, des procédures judiciaires, avec des coups, ou de la torture.

      Les comparer, c’est - selon moi - affaiblir notre point de vue.

      Il n’en demeure pas moins que le climat qui s’installe aujourd’hui en France est terrible.

      1. Georges Stanechy

        @ davduf

        Merci de votre commentaire !

        Pour faire court, je n’ai pas nuancé mon propos. En fait, je pensais à l’écrivain cubain Reinaldo Arenas qui s’était installé à New York après avoir subi le harcèlement de la police cubaine du fait de son homosexualité (dans les années 70, depuis elle a lâché du lest...).

        Il disait qu’entre le communisme et le capitalisme, il s’agissait de la même chose (je paraphrase, n’ayant pas la citation sous les yeux) : on mène le peuple à coups de pied au derrière ; dans une dictature, vous devez applaudir, alors qu’en occident, on vous laisse "gueuler"...

        Comme il avait beaucoup d’humour, il disait :"je suis venu, en occident, pour gueuler". Hypersensible, il s’est suicidé de désespoir dans une société qu’il considérait comme malade, par son obsession de l’argent qui faussait tous les rapports humains.

        Ce qui me frappe, pas seulement en France (je réside une partie de l’année à Londres et j’ai l’occasion de vivre dans plusieurs pays étrangers), c’est cette lente dégradation de nos valeurs (la torture et les souffrances infligées à d’autres peuples laissent de marbre) et de nos libertés. A tel point, que mes amis britanniques, par exemple, ne savent plus pour qui voter... Les mêmes politiciens, sous des habillages différents, appliquant la même politique antisociale ou guerrière... Au service des compagnies pétrolières, minières, chimiques et de la City (spéculation financière essentiellement). C’est ce que j’appelle une dictature "soft". On vous laisse gueuler (sauf crime de lèse majesté à l’égard du pouvoir), vivre une totale liberté de moeurs, vous saouler tous les week-ends (progression exponentielle de l’alcoolisme chez les jeunes en GB), etc. Mais, on étouffera toute remise en cause des privilèges de l’oligarchie au pouvoir.

  8. LEÏLA

    Recevez mon chaleureux soutien.

    Toute ma reconnaissance à vous et à tous ceux qui par leurs actions, leurs paroles, leurs écrits ou leurs dessins nous permettent de ne pas sombrer dans le plus grand désespoir ou dans cette peur panique qui parfois nous étreint face au vacillement de ces garde-fous que l’on croyait pourtant solides comme le fer.

    Vous n’oserez pas le demander mais sachez que comme certainement d’autres personnes , je suis prête à participer au paiement de votre amende.

    Fraternellement.

    Leïla.

    Paris.

  9. papé

    @9 reçu pour l’orfraie, et merci de la précision, il n’empêche que lorsque l’effraie crie elle ne terrorise pas plus les prédateurs dont il est question ici.
    il me semble d’autre part qu’il existe une différence entre hoax et caricature, dont la taille est variable, comme l’est celle qui sépare une bonne blague d’un sale coup. Tandis que la taille d’un thermomètre est sensée rester à peu près stable pour nous permettre de visualiser les déplacements du mercure (ou autre) et tenter d’y trouver une réponse, ou un début.

  10. Olivier Bonnet

    Caricaturer Mahomet, d’accord, mais pas touche à la police ! Le soutien de Sarkozy à la liberté d’expression est bien à géométrie variable.
    Je relaie l’affaire et faire part de mon indignation et de mon soutien à Placid sur mon blog.

  11. roger

    Encore une fois ,cette info n’est pas diffusée par les médias,france-inter ,par exemple !S’il y a moyen de faire des affiches avec le dessin en question de placid et de les coller pendant la campagne électorale,je suis volontaire.

  12. José Bouquinhas

    C’est inadmissible qu’en France, le pays des droits de l’homme et des libertés, on condamne encore, pour avoir fait usage de son droit à la critique et à la caricature !

    Même si j’ai choisi Sarko pendant cette campagne parce qu’il a dit qu’il veut voir les NOIRS comme ministres, députés ou généraux en France, il faut dénoncer aussi ses dérapages et censures !

  13. sido

    moi j’ai travaillé dans une librairie, et je vous avoue que la censure, ce n’est pas vraiment une censure au sens ancien du terme, c’est une censure économique qui résulte d’un blocage spontané provoqué par la presse et le pouvoir. Un livre dont les média ne parlent pas n’a aucune chance d’arriver en librairie, et s’il y arrive grace à un libraire courageux ou curieux, il a peu de chances d’être vendu, parce qu’au prix où sont les bouquins les lecteurs ne prennent pas le risque, c’est normal, de ne pas acheter "le livre dont on parle"... Pourquoi cet état de fait ? Parce que les éditeurs et les patrons de presse se connaissent et fourguent ensemble leur camelote en faisant croire à une pluralité qui n’existe plus pour ceux qui ont une voix dissonnante, génante, ou novatrice. Moi je trouve ça très dangereux et très grave pour les libertés, mais quand j’en parle on me dit que mais non mais non....Ce sont des choses dont on parle en réserve, dans la cave, mais qu’on sait tous. C’était une remarque, qui n’a rien à voir avec le dessin de Placid désolé !!, mais bon courage à lui et aussi à Denis Robert. L’esprit frappeur a encore la chance d’être un éditeur diffusé ! Qu’il en profite.

  14. ?

    Un petit coup de main pour aider, comment faire ? et bien acheter le livre..

    Merci à Davduf qui m’a permis de découvrir agora-international et de faire un panier d’achats militant.

    Julien

  15. Raphael Cohen

    Sale époque ?

    Je pense à un verset de Amos, prophète :

    "L’intelligent à cette époque se tait, parce que c’est une époque mauvaise".

    Je ne crois pas du tout qu’il y ait vraiment des époques de ce genre ; elles sont seulement envenimées par un découragement qui est une victoire pour ceux qui empoisonnent efficacement la vie.

    Pas d’esprit désabusé, si possible. Plutôt, étendre son bras dans une chambre obscure, comme Rabi Yohanan, et qu’elle s’éclaire...

    Raphaël Cohen

  16. davduf

    15 mars 2007

    URGENT
    TOUS COUPABLES
    Après la parution en 2001 du livre « Vos papiers ! Que faire face à la police ? »
    et suite à la plainte déposée par Daniel Vaillant, es-qualité ministre de l’intérieur
    (plainte relayée par les ministère Sarkozy, puis Villepin, puis Sarkozy),
    ont été condamnés le 18 janvier 2007 :

    le dessinateur Placid, à 500 euros d’amende, pour « injures publiques envers une administration publique,
    en l’occurrence la police nationale », pour avoir dessiné un policier, aux traits jugés porcins, en couverture de l’ouvrage.

    l’auteur du texte, Clément Schouler, magistrat, membre du syndicat de la magistrature, à 800 euros d’amende
    pour « diffamation publique envers une administration publique, en l’occurrence la police nationale »,
    pour avoir écrit cette phrase dans l’introduction : « Les contrôles d’identité au faciès,
    bien que prohibés par la loi, sont non seulement monnaie courante, mais se multiplient »

    l’éditeur, Michel Sitbon (L’Esprit Frappeur), à 1000 euros d’amende pour complicité avec Placid
    dans le délit d’injure, et complicité avec Clément Schouler dans le délit de diffamation.

    Considérant qu’il s’agit d’une triple atteinte à trois libertés fondamentales que sont la liberté de création,
    la liberté d’information et la liberté d’édition, nous invitons ici tous les dessinateurs, photographes, artistes,
    journalistes, auteurs et éditeurs à travailler sur les thèmes dévelloppés par l’accusation :
    policier caricaturés et animalisés, pratique du contrôle au faciès.

    Ces textes et dessins en NOIR et BLANC seront publiés dans un livre qui devrait rendre chacun de nous
    prévenu du délit de diffamation pour qui évoque la banale réalité des contrôles au faciès,
    ou prévenu du délit d’injure pour qui dessine un policier trop stylisé.

    Ce livre sera publié par un collectif d’éditeurs, qui devraient donc eux aussi être prévenus
    de complicité pour ces deux délits, injure et diffamation.

    Ont déjà accepté :

    L’Association

    Cornélius

    Vertige graphic

    L’Esprit frappeur (NSP Agora)

    Les Requins Marteaux

    Thé-Roc « Tête Rock Underground »

    Editions Nautilus

    La liste n’est pas close. Plus d’éditeurs se joindront à l’opération, plus ce geste aura de portée.

    Estimant que le débat sur ces trois libertés fondamentales : création, information, édition,
    doit s’inscrire dans la campagne électorale en cours, nous voulons le provoquer avec cette publication,
    qui doit donc être réalisée et imprimée en un temps record.

    NOUS ATTENDONS DONC VOTRE COLLABORATION EN NOIR ET BLANC DE TOUTE URGENCE.

    DEADLINE / DATE LIMITE : VENDREDI 23 MARS (ça laisse une semaine)

    Le format de l’ouvrage est de 16,5 cm x 24,5 cm.

    La direction artistique est assurée par Rocco

    La fabrication est dirigée par Nicolas Leroy, à l’Association

    La direction éditoriale par Ferid Keddour,

    Thé Troc

    52, rue Jean-Pierre Timbaud

    75011 Paris

    tél / fax : 01 43 55 54 80

    p s : certains dessins du blog de soutien à Placid, « Tous cochons »,
    http://touscochons.blogspot.com/ initié par Rémi Malingrëy,
    pourront être utilisés pour ce livre, principalement ceux qui mettent en scène
    des situations avec des policiers cochons, ou qui évoquent le contôle au faciès,
    à l’exclusion des autoportraits en cochon, qui, s’ils sont extrèmement sympatiques
    comme signe de solidarité, ne touchent pas d’assez près le fond politico-juridico-policier de l’affaire.

    Ce livre sera porté par une volonté politique d’en découdre avec les fauteurs de censure,
    qu’ils soient magistrats, politiques, hauts fonctionnaires, décideurs d’entreprises,
    actionnaires, puissants des médias, etc.

    Certains textes, à l’instar de celui de Denis Robert dans son blog
    http://ladominationdumonde.blogspot.com/2007/02/bienvenu-sarkoland-ce-matin-jai-reu-un.html
    (le premier à parler de ce qu’il appelle « l’affaire Placid »)
    pourront être repris, dans le même ordre d’idées.

    Merci de faire passer l’info à tous vos confrères.

    Confraternellement,

    Ferid Keddour

    Merci aux éditeurs de signaler leur participation en renvoyant ce mot signé :

    Nous participons en tant qu’éditeur

    à la coédition de l’ouvrage

    « TOUS COUPABLES »

    par envoi postal, par fax ou par Internet à cette adresse :

    Thé Troc

    52, rue Jean-Pierre Timbaud

    75011 Paris

    tél / fax : 01 43 55 54 80

  17. Bob

    Un certain F.BAYROU a proposé de rendre un peu d’indépendance aux médias ’loi sur le financement des chaînes TV interdit pour les industriels clients de l’Etat). On peut supposer que BAYROU n’a pas de grand réseau de soutien comme Sarko ou Ségo. Il a soutenu Charlie lors de son procès sur les caricatures. SOYONS NOMBREUX à voter pour BAYROU qui semble largement favori devant Sarko pour le 2e tour (contrairement à Ségo qui peine à atteindre le 50-50).