Investigation et réglements de comptes

Clearstream. A Denis Robert, en ces jours de tonnerre.

Lundi dernier, le procès Clearstream s’est ouvert à Paris. Depuis, quelques reportages sur le procès tournent aux (règlements de) comptes-rendus. C’est le doux monde des journalistes d’investigation qui veut ça. Ce monde, je le connais. Je l’ai fréquenté. L’investigation, c’est le capitalisme le plus dur appliqué au journalisme. Tout est bon pour abattre un concurrent.

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Depuis le fin fond du Colorado, pour cause de tournage de mon futur webdoc, je vois défiler les titres des sites d’information français. Désormais, certains journalistes ont décidé de « twitter » en direct. C’est le métier qui veut ça. Désormais, on twitte, et puis on quitte. Les dépêches racontent la fin du monde (enfin, du métier, déjà passablement agonisant). La cohue, les caméras, les cris. J’imagine d’ici. Info Hystérie. Non, merci.

Dans la salle d’audience, il doit y en avoir un qui ne twitte pas. Un qui ne quitte pas, ni ne lâche rien : le journaliste Denis Robert, à l’origine des révélations sur la banque d’affaires luxembourgeoise Clearstream. Et voilà quelques pisse-froid de la copie-rapide qui se jettent sur le bonhomme. Haro sur « le naïf », « l’hirsute », l’« écrivain mal rasé », sur le « lampiste », le gugusse gogo qu’a-même-pas-vu-que-Lahoud-était-un-manipulateur.

© Trapier.

Investigation = le capitalisme le plus dur appliqué au journalisme

Pour comprendre une telle prose, il est bon de savoir comment grouille le monde des journalistes d’investigation de la presse parisienne. Ils sont une poignée à se partager des miettes judiciaires, qui font de bons titres et de gros gâteaux (ou l’inverse). Une poignée souvent plutôt bien payée (pas de problème avec ça) en échange d’une obligation de résultats : ramener du scoop. Au kilo. Sous plastique ou non, sous blister, avec ou sans alarme, mais le plus clinquant possible. Du front page, de la cover, du facing, de la tête de gondole. L’investigation, c’est le capitalisme le plus dur appliqué au journalisme : pas de quartier pour le voisin, pas de pitié pour le concurrent, je te nique, je vais vite. Tout le talent tient dans le flingage. Désormais, la boutique est ouverte 24h/24, dimanche compris. Faut que ça tourne et à plein régime avec ça ! Faut que ça abatte du boulot — et tant pis si ça abat au passage quelques voyelles et consonnes jetées en pâture. Faut être le premier sur le fournisseur (flic, juge, avocat, indic), le premier sur le client (lecteur, spectateur), à l’affût du bilan comptable (les revues de presse scrutées comme des bonus de fin d’année) et n’être pas toujours trop regardant sur la camelote (que signifie la vérité judiciaire ? Quelles sont les conditions du recueillement de la parole retranscrite ? En garde à vue ? Chez le juge ? Qui file les P.V., et pourquoi, et comment, et à qui, et pour qui ? Et pour combien de temps ? Etc). Dans l’investigation, désormais, tout n’est qu’une question de rentabilité et de plus-value express. Et de rotation : surtout, surtout, passer d’une affaire à l’autre. Ne pas creuser au delà de l’économiquement raisonnable, ne pas aimer ses sujets, ne pas douter, fureter toujours, et fourguer encore. « Et on fera une mise à jour sur le site, si on s’est planté, va... » A ce train là, l’investigation connaîtra bientôt son affaire Madoff ou Kerviel.

« La neutralité et l’objectivité sont pour moi des terres inconnues » (Roberto Saviano)

Et c’est évidemment cet univers là qu’il faut saisir dans les bassesses qu’on voit traîner ici ou là dans quelques (règlements de) comptes-rendus du procès Clearstream. Parce que, oui, Denis Robert, c’est pas tout à fait cette trempe là. C’est le genre à l’ancienne. Le genre vocation, le genre journalisme vital. Ce romantisme là permet d’aller tellement plus loin [1]. Sans Denis Robert, jamais il n’y aurait jamais eu l’Appel de Genève [2]. Qui dit mieux ?

Dans Gomorra, un autre grand romantique, sans doute, qui croit en son métier, le con, le journaliste italien Roberto Saviano, condamné à mort par la mafia napolitaine, écrit [3] : « Je pensais qu’il fallait absolument essayer de connaître les raisons du désastre à venir. Et comprendre signifiait à tout le moins en faire partie. C’est le seul choix possible, je ne crois pas qu’il y ait d’autre façon de saisir les choses. La neutralité et l’objectivité sont pour moi des terres inconnues ». Sur le blog du comité de soutien de Denis Robert, Saviano a aussi laissé un message. Ça vaut le détour.

Cette arrière-cuisine qui sent le graillon

Ce monde de l’investigation, je le connais. Je l’ai fréquenté. A Libération, à Canal +, à Mediapart. Je l’ai croisé durant de nombreuses années. Il a ses honneurs — rares — ; ces grandes heures — plus fréquentes —, il a même ses ententes illicites (exemple : quand deux journaux différents publient le même jour le même scoop, on appelle ça se partager le marché chez les libéraux ; chez les journalistes on dit « faire un bon coup »), et puis, il a ça : cette arrière-cuisine qui sent le graillon, et les ricanements, les déjeuners en ville insupportables de suffisance et de médisance. Le besoin de dénoncer des actes, rarement de comprendre un système. Le plaisir subtil à balancer des noms, et à regarder les corps bouger au bout de la corde. Promis, un jour, j’en raconterai quelques petits détails, de ce monde là. L’affaire de Tarnac, à propos de laquelle je rédige un livre, pourrait être une assez bonne entrée en matières. Bah, on verra.

En 2007, Denis Robert m’avait demandé une attestation qu’il produirait à l’occasion en justice. Dans cette attestation, j’écrivais ceci :

« J’ai eu l’occasion, comme polémiste sur RTL ou sur Canal +, d’évoquer précisément le travail de monsieur Denis Robert à plusieurs occasions. J’ai même provoqué à plusieurs reprises des débats à son sujet. J’étais parfois étonné par la jalousie et la perfidie, toutes parisiennes, de certains journalistes à son encontre. Journalistes qui, au fond, supportaient mal que le travail de Denis Robert engendre tant de débats et d’intérêt en France, quand le leur ne suscite rien, ou presque. »

Deux ans plus loin, depuis l’autre bout du monde où tant de journalistes se sont esquintés la vie et le reste contre des empires, tel Denis Robert dans cette affaire, je persiste et je signe.

David Dufresne.

photo : Tendencies.

mise à jour 1er octobre 2009 : prolongement sous forme d’interview dans les Inrocks. Voir aussi ceci


[1Pas sûr que l’interessé revendiquerait ça, le romantisme, mais, pourtant, il y a bien de ça, dans sa démarche. Voir la définition donnée par Wikipedia : « Le romantisme s’esquisse par la revendication des poètes du « je » et du « moi », qui veulent faire connaître leurs expériences personnelles et faire cesser cet aspect fictif attribué aux poèmes et aux romans. Le romantisme se caractérise par une volonté d’explorer toutes les possibilités de l’art afin d’exprimer les extases et les tourments du cœur et de l’âme : il est ainsi une réaction du sentiment contre la raison, exaltant le mystère et le fantastique et cherchant l’évasion et le ravissement dans le rêve, le morbide et le sublime, l’exotisme et le passé. Idéal ou cauchemar d’une sensibilité passionnée et mélancolique, ses valeurs esthétiques et morales, ses idées et thématiques nouvelles ne tardèrent pas à influencer d’autres domaines, en particulier la peinture et la musique. »

[2Wikipedia : L’Appel de Genève est une demande émis par des grands magistrats anti-corruption pour un espace judiciaire européen dans le but de lutter contre les malversations financières. En 1996, Denis Robert réunit sept grands magistrats anti-corruption pour lancer l’Appel de Genève le 1er octobre pour un espace judiciaire européen. Cet appel fait l’objet d’un livre de Denis Robert ’La justice ou le chaos’, paru en 1996 chez Stock.

[3Gomorra, p. 95, édition française


Vos commentaires

    1. Annick Rivoire

      On est bien d’accord, et ce n’est peut-être pas un hasard si aussi peu de voix s’élèvent pour soutenir le barbu mal rasé désabusé etc etc. Et pourquoi l’art ne serait pas finalement le seul refuge pour une liberté d’investigation ? Je sais, ça paraît dingue, mais c’est un peu ce que fait Denis Robert avec Junk. Chez poptronics, on linke donc vers ton excellent papier bien sûr et on prend la tangente sur cette affaire Clearstream. C’est à lire ici : http://www.poptronics.fr/Clearstream-Denis-Robert-attaque
      Contente David de voir qu’il y a de la continuité de ton côté. Bien le bonjour. Annick

      Annick Rivoire

  1. ?

    Il me semble que la meilleure manière de reconnaître le travail de Monsieur Denis Robert serait de cesser d’appeler le cirque que nous vivons "le procès Clearstream".
    Qualifions-le en rapport avec son véritable enjeu, "le procès Sarkozy-Villepin".

  2. André Chenet

    Magnifique et essentiel hommage à Denis Robert. Le procès en cours n’est que l’arbre artificiel
    qui cache la jungle où sévissent les "salopards". Il se pourrait que les peuples soient dans un
    état de mort avancée, puisque cette affaire, avec toutes les ramifications ubuesques qu’elle révèle,
    aurait du depuis belle lurette provoquer une insurrection. L’humanité ne vaut guère plus qu’une veine aurifère
    ou une poche de pétrole à exploiter par des états au service d’une maffia (les Familles) recyclée en
    organisations patronales d’une honnêteté à mourir de rire... L’économie mondiale, avec ses chantages monstrueux,
    ses stratégies d’une hypocrisie monstrueuse en massacrant à grande échelle rend caduque les bons vieux
    mitraillages des films de série B des années cinquante. Des pans entiers de l’establisment profitent de la manne, ce
    qui revient à dire que les quelques centaines de familles qui pillent la planète ont besoin d’armées en col blanc, de
    petits arrivistes sans scrupules pour mener à bien leurs plans machiavéliques. Le servage est bel et bien de retour,
    les lois ne font que protéger des criminels qui ne se salissent jamais les mains ni la chemise. Le procès en cours n’est
    qu’une mascarade, un moyen de détourner l’attention de l’opinion et je pense que Denis Robert en est plus conscient
    que n’importe lequel d’entre nous. Allons-nous continuer de nous aplatir devant ce système ignoble qui se nourrit de
    la cervelle et du sang des êtres humains ? Désertons une fois-pour toutes, le jeu n’en vaut pas la chandelle...

  3. Alain ROBERT

    Votre texte est en effet réconfortant car je lis depuis quelques jours nombre de réactions d’une récurrente bande d’aigris qui s’échinent à démolir Denis ROBERT qui n’a manifestement rien à faire dans cette galère. Qu’en serait-il de ces gens-là s’ils avaient eu à subir les pressions inimaginables sur un journaliste qui est l’honneur même de sa profession. Très sincèrement MERCI à vous. Vous êtes de la même eau.

    1. Pierre-Marie Bourdaud

      Content de vous retrouver après vos chroniques de Libé, et en freelance !

      Tous les journalistes qui daubent sur Robert, sur son travail « mal fait » oublient que s’il a travaillé seul sur Clearstream, au risque de l’erreur, c’est parce que eux n’ont rien fait (pour les raisons que vous évoquez).
      ,
      http://tinyurl.com/67j7vy

      1. Bernadette Devuyst

        C’est insupportable de le voir assis sur les bancs de l’accusation. C’est grâce à un travail comme il l’a abattu que nous sommes libres, libres de penser, de comprendre, de choisir notre camp. Nous lui devons énormément ainsi qu’à son grand-père qui lui a transmis un « lièvre intérieur » qui lui permet de tenir, et de tenir encore alors que plus rien ne tient. Son TRAVAIL mériterait d’être reconnu comme celui des journalistes du Washington-Post à propos du Watergate. Et bien, non. Il est surprenant de constater que lorsqu’on cherche « Denis Robert » sur Google-actualités, on ne trouve pratiquement rien comme article de fond. Il est quand même inoui que, pendant ce temps-là, la banque des banques n’ait aucun problème, et reconnaisse avoir en caisse 12 trillions d’€ (12 zéros) et n’avoir subi que 5% de dépréciation de ses avoirs suite à la crise. Comment cela se fait-il qu’une telle banque ait laissé les Etats se débrouiller seuls au plus fort de la crise en octobre 2008 pour renflouer pratiquement toutes les autres banques ? Rien, pas un geste. Les politiques ont préféré prendre l’argent dans nos poches, alors que les banques l’avaient déjà fait une fois en spéculant avec les dépôts des travailleurs, plutôt que de s’attaquer à ces banques de compensation. Et de voir Charlie Hebdo et son avocat,et d’autres, avec une mauvaise foi indicible, associés à Clearstream, pour descendre Denis Robert sans jamais s’attaquer véritablement à son TRAVAIL, est insupportable. Il faut quand même se rendre compte que jamais les Juges n’auraient répondu à l’Appel de Genève s’il n’y avait pas eu du travail d’investigation venu croiser les préoccupations de terrain de ces derniers.

  4. Vince

    Merci, c’est réconfortant de voir que Denis a encore des collègues qui pensent à lui et n’ont pas oublié la vraie, la seule affaire Clearstream. Les histoires de corbeau de Sarko et Villepin, on s’en branle.

    1. davduf

      Cher Gédéon,

      Je te réponds tout de go. Je me suis en effet éloigné de Mediapart, pour différentes raisons à la fois personnelles et professionnelles. Ce qui ne m’empêche pas d’y avoir toujours des amitiés solides et quelques désaccords sérieux. Dont, pour faire vite, et tu l’auras compris, une vision différente de l’investigation. Opposée, même. A propos de la couverture de l’affaire Clearstream, je me suis permis de laisser un commentaire en ligne à l’un des auteurs où je lui faisais part de ma sincère tristesse. La liberté de la presse est bien ici respectée : il écrit ce qu’il veut, je réagis comme je l’entends.

      Mais dissipons tout sous entendu ici. Pour ce qui est de la liberté de ton, soyons clair : jamais personne à Mediapart ne m’a dicté quoique ce soit. J’ai donc pu y avoir des désaccords, parfois publics (y compris dans des commentaires ou des articles) avec certains journalistes du « pool investigation » voire avec une partie de la rédaction en chef. Parfois à propos du travail de Denis Robert, parfois sur Tarnac, sur d’autres dossiers. Mais l’honnêté commande de rappeler ici que Mediapart, et c’est heureux, m’avait toujours laissé m’exprimer. Un point capital en ces temps de rétrécissement économique dans le monde de la presse...

      La question que j’essaye de soulever ici est donc tout autre. C’est celle d’un monde — l’investigation —, auquel j’ai et je participe tant bien que mal. C’est pourquoi je ne cite ici personne nommément parce que, justement, je crois que c’est le système qu’il faut étudier ; et non tel ou tel qu’il faudrait désigner à la vindicte.

      Bien à toi,
      David

  5. Anton

    MERCI DAVDUF, MERCI pour ton COMBAT, Merci, MERCI. Merci aussi à DENIS ROBERT, pour ses LIVRES, son EXPO, ses TOILES, son COMITE de SOUTIEN, ses FILMS, sa BD, son travail INDISPENSABLE, que seuls les JALOUX n’ont pas réussi à comprendre, pour la justice, contre l’EMPIRE, les TRUSTS qui nous dominent, J’espère te revoir vite sur CANAL pour enfin comprendre. ; )

    Anton

  6. ?

    Par romantisme, on peut entendre "quête d’un absolu", ce qui correspond à un des objectifs esthétiques de la période et de l’école dite "romantique". Alors oui, romantisme, même avec la dimension sentimentale du mot, qu’on ne peut nier, est effectivement approprié : aspirer à l’absolue application des valeurs des Lumières, quand le détournement, la manipulation, la corruption, la destruction des biens communs pour l’accroissement des intérêts privés deviennent des constantes d’un univers macro-économique (et néanmoins obscurantiste) devenu totalement incontrôlable.

  7. plop

    avec toi depuis révélations et boite noire et autres passages sur canal+

    le seul vrai journaliste francais ?
    où sont les autres ?

    journaleux vous finirez pendus !

    bonne continuation denis,
    tu ressortira libre !

    1. FPM

      Merci David.

      « "..les ricanements, les déjeuners en ville insupportables de suffisance et de médisance. .." » : à me faire gerber en ce moment, dès que tu réunis 3 journalistes, c’est la chasse à courre (alors qu’individuellement ils peuvent être délicieux, cultivés, passionants...)

  8. Mettout

    J’ai juste une question, David, à propos de Denis Robert, que j’admire comme vous, que vous défendez dans ce papier (si je l’ai bien compris) et qui pourtant a été le premier à se "vautrer dans le vaudeville" Sarkozy/Villepin, comme vous l’appelez dans les Inrocks. Pour dire les choses moins brutalement : à être attiré par le miel de cette affaire. Le journalisme d’investigation n’est-il pas, nécessairement, animé par ce carburant là aussi (regarder sous les jupes des puissants, ne pas les laisser touiller leur tambouille entre eux) ?

  9. norabens

    Merci pour cette excellente vision et au-delà de Denis Robert, c’est très bien de dévoiler comment fonctionne le journalisme de l’intérieur... et de rappeler la règle des 6 W au passage ! ;) Tout le monde a le droit de savoir comment l’information est fabriquée, maintenant que tout le monde peut chercher celle qu’il veut. Et la vérifier.
    ce serait limite une mission de salut public ! ;)

    nora
    (je suis chef d’édition dans la presse magazine).

  10. gueulante

    Salut David,

    Ben comme beaucoup ici on te dit un Grand merci pour ton article.

    On la découvert via ASI, comme quoi...

    Comme tu sais surement, nous aussi nous sommes aux états-unis et on déplore comme toi les cuisines à la française pour le métier de journaliste.

    Denis ROBERT est un type incroyable et il paye très cher son travail. Il est usé même.

    Tu es où dans le colorado ? Nous on adore cet état. La culture Améraindienne est fabuleuse.

    Prends soin de toi David, et fais nous encore de très bon papier, cela fait du bien à la France.

    Bravo, bravo et bravo, yes. Take care.

    JD
    l’Equipe (au complet)
    gueulante.fr & battresarkozy.Fr

  11. ?

    "L’affaire de Tarnac, à propos de laquelle je rédige un livre, pourrait être une assez bonne entrée en matières. Bah, on verra."

    il y aurait effectivement beaucoup de choses à dire, mais pourquoi ne pas attendre la clôture de l’instruction voire le procès (s’il y en a un).

    si je peux apporter ma pierre...

  12. Deon Tologie fils de Michel

    Pourquoi tous les commentaires sont-ils favorables à l’analyse faite dans cet article ? Est une sorte de messe dans laquelle l’on vient communier autour d’une transcendance du concept de vérité ? Une forme de prière libertaro-contestataire du temple du" j’suis d’accord avec toi camarade, levons le poing, ça nous fera toujours du vent sous les aisselles". Certes Denis Robert a révélé la disparition de lignes informatiques et donc comptables dans les livres d’une chambre de compensation. Blanchir de l’argent au noir donc ! Respect pour lui ! car s’il a à peine taquiné le cobra par la queue que la contre attaque fut très douloureuse. Même si l’investigation dans son cas reste l’exploitation d’une communication d’informations par les soutiers informatiques du système. Ensuite, l’exploitation judiciaire et politique actuelle mériterait plus qu’un journalisme d’investigation plutôt un journalisme prophylactique. Mais, ce que je n’aime pas, c’est toute la violence verbale des commentaires ou le ronron sectaire aux consonances de bréviaire à l’accent de satanisme économique à l’encontre du grand capital, des journalistes. "Incertitudes ô mes délices Vous et moi Nous nous en allons Comme s’en vont les écrevisses A reculons à reculons" (G. Apollinnaire)
    Car toutes sociétés, de la coopérative à la multinationale nécessite le respect de la règle, l’allégeance, la solidarité, l’abnégation, la considération de la différence de l’autre, l’intelligence, quelque soit l’activité : de la repiqueuse de riz des rizières sud asiatique au trader de la City en passant par l’artiste. Il ne faut pas ignorer qu’au Vénézuela, Equador, Cuba au Viet-nam communiste, il y a des pots de vin, malversations, concussions, black et autres exploitations de l’homme par l’homme ? Pour comprendre, il faut se rapprocher de dieu et de sa main. Maradonna n’a t-il pas inscrit un but de la main aux anglais contrairement à la règle ? Pragmatisme ? Révolutionnaire du pas vu pas pris ? anarcho-footballeur, ou libéralo-footballeur de l’intelligence humaine mise au profit du contournement des lois ? La différence avec Clearstream c’est que tout le monde l’a vu sauf l’arbitre, que l’argentin était seul à agir jamais poursuivi, alors que Robert était seul à agir que personne n’a vu l’énormité des sommes virtuelles que ce n’est pas cela qui est en jeu.Les sommes ? Elles continuent de transiter alors que des buts de la main en coupe du Monde, se font plus rares. Mais est ce plus cher que les lignes de Clearstream ?

      1. le revizor

        Cher David Dufresne,

        vous avez toute mon estime pour la persévérance et l’honnêteté intellectuelle avec lesquelles vous faites votre travail. Je vous envie d’être là où vous êtes. La liberté des grands espaces ! On étouffe ici...

    1. Giscard le Survivant

      Bravo Davduf pour cet article, je me permets de mettre un petit commentaire car j’ai vu qu’il y en a été aussi fait écho, sous la plume d’Anne Steiger, dans le Siné Hebdo du 7 octobre 2009 (que je ne lis que maintenant avec le sens de l’organisation qui m’est propre ;-) ). Ton article y est, justement, loué dans un papier qui reprend grosso modo les mêmes thèmes et griefs.
      Très bonne continuation,
      GLS

  13. DanN

    Bonjour DavDuf
    Merci pour ton franc-parler et ton honnêteté ; ça fait du bien !

    Tu manques sur Médiapart ...

    Peut-être dira-t-on bientôt : "Les oubliés de Tarnac" ?!

    A bientôt camarade