Sampling. Copier. Coller. Créer.

Esprit (qu’on pille, qu’on forme), es-tu las ?

Une discussion-mail autour d’un site, d’un verre, quelques amis qui ne se connaissent pas, et ça donne ce texte. Le site, c’est Covers of covers, ou comment les graphistes se samplaient déjà, avant les musiciens (et après aussi). Un site de pochettes qui piquent d’autres pochettes. Quand, soudain, hellekin, drôle d’oiseau, décide d’écrire. Définitif.

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Le sampling, la copie, font partie intégrante de l’activité humaine depuis toujours. La mode actuelle d’interdire l’un ou l’autre correspond à
un vol perpétré par les tenants du pouvoir, de la propriété. Cette
suppression organisée vise à restreindre la liberté et réduire la
contestation, afin de favoriser l’émergence d’une pensée unique : celle des
marchands.

Depuis l’origine de l’agriculture, les paysans conservent une partie de leur
récolte sous forme de graines, dans le but de semer de nouveau d’une année sur l’autre. Ce fonctionnement ne connaît ni frontière ni différence
culturelle. Pourtant, aujourd’hui, l’industrie agro-alimentaire cherche à
imposer une rente sur cet aspect vital de l’agriculture grâce à
l’utilisation de brevets sur des molécules.

Or, si ce comportement délictueux avait été appliqué aux roses, nous
n’aurions pas le plaisir d’en connaître une telle variété. Nous n’aurions
pas non plus la chance de savourer certains fruits nés de croisements
insolites.

Dans les domaines de l’édition, de la musique et du cinéma, les protections contre la copie se multiplient et s’imposent qui, accompagnées de la
concentration des capitaux que nous savons sur ces "marchés", visent à
imposer une culture artificielle, bénigne, inoffensive : le bonheur est au
fond du porte-monnaie.

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Car lorsqu’on manipule l’environnement médiatique de la population, on lui
impose une vision du monde, un temps flétri et tout occupé d’excitation
épidermique. Un monde carré, pavé et goudronné, régi par de vieux blancs
encravattés, où "les jeunes" sont dénués de "repères", où l’obéissance fait
office de valeur primordiale, où la "croissance" se résume en chiffres
adossés à un symbole à double-barre rappelant les rails à l’infini sur
lesquels nos trains élancés à pleine vitesse ne s’arrêtent jamais.

La loi ne s’applique qu’à ceux qui la subissent

Notre civilisation connaît son Age d’Or : le moment de grâce précédant la
chute. L’effondrement de Rome connut également ce passage à vide, où
d’insolents politiciens se livraient une guerre rageuse pour s’approprier un
pouvoir déliquescent. Qu’ils soient de droite ou de gauche, ils n’ont qu’une
idée en tête : dominer, s’approprier, tirer vers eux la richesse comme preuve
de puissance. Mais la puissance leur échappe, puisque le peuple leur retire
sa confiance.

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Alors, pour continuer leur domination, les génies de la finance ont inventé
une autre forme de copie, en amont de la planche à billets, hors des regards
profanes, qui tient en trois mots : spéculation, arbitrage et couverture.
Dans cet univers mathématique, on joue sur le temps qui passe, quelques
secondes, quelques minutes, quelques heures, pour le transformer en argent.

Mais cet argent généré ignore le circuit traditionnel de l’économie :
ressource, production, société. Au sommet de la société, on injecte l’argent
dans ces marchés à arbitrer, ces valeurs à orienter ou ces risques à couvrir
— on parle de millions-. Mais ces nouvelles ressources générées reviennent
directement au sommet de la société, creusant ainsi un écart grandissant en
son sein. Et l’économie se porte bien, puisque cet argent gratuit ne cesse
de s’accroître tandis que se détache imperceptiblement l’économie réelle...

Si les financiers s’arrogent le droit de cloner de la valeur à partir du
temps qui passe, c’est qu’ils intiment une confiance absolue dans l’avenir
de notre civilisation. Et ils nous engagent à faire comme eux : inventer
l’univers en s’affranchissant des règles encombrantes de quelques hommes.

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La loi ne s’applique qu’à ceux qui la subissent. La recherche humaine de la
divinité passe évidemment par l’affranchissement de ces règles : l’homme ne
volait pas ; l’homme ne traversait pas le monde en un jour ; l’homme ne
parlait pas aux antipodes ; l’homme ne navigait pas hors de la sphère
terrestre ; l’homme, jamais, n’accepta de loi divine.


"Vous avez derrière WU la liberté des uns, et les forces de l’ordre."


Messages

  • 8 juin 2006, 15:53, par Alain

    Les nouvelles relations entre les communautés creatives et les consommateurs

    Les 19 et 20 juin 2006
    à « Oh20eme ! » 12 rue Capitaine Marchal, 75020 Paris, France

    avec le soutien de la Rockefeller Foundation et de la John D. and Catherine T. MacArthur Foundation

    Les participants à la conférence examineront les relations entre les communités créatives, les créateurs et les usagers dans le but d’identifier leurs intérêts communs et les possibilités de collaboration. Les discussions exploreront les modèles nouveaux et existants pour les intermédiaires entre les créateurs et les consommateurs. En particulier, les participants examineront les modèles qui reconnaissent la validité du désir des communités créatives de s’assurer des moyens d’existence, l’intérêt du public à obtenir un accès aux oeuvres à des conditions abordables et leur intérêt commun pour soutenir un milieu favorable à la créativité et l’innovation.

    Pour vous enregistrer vous devez faire parvenir à Marco Presutto (mpresutto@consint.org) votre nom, celui de votre organisation, et votre adresse électronique avant le 15 juin.

    IINTERVENANTS CONFIRMES :
    Alain Bazot, Union Fédérale des Consommateurs Que Choisir ?
    Cécile Despringre, Fédération Européenne des Réalisateurs de l’Audiovisuel
    Cenk Uygur, The Young Turks
    Christian Paul, Deputé of the French Parliament
    Cornelia Kutterer, BEUC
    Dominick Luquer, International Federation of Actors (FIA)
    Ellen ‘t Hoen, Médecins Sans Frontières
    Frederic Couchet, Free Software Foundation France
    Gordon Quinn, Kartemquin Films
    Harald Alvestrand, Internet Engineering Task Force
    Hervé le Crosnier, Cfeditions
    James Love, Consumer Project on Technology
    Jean-Baptiste Soufron, Wikipedia
    Jean-Claude Guedon, University of Montreal
    Jeff Chester, Center for Digital Democracy
    Jenny Toomey, The Future of Music Coalition
    Leonardo Cervera Navas, DG Internal Market, European Commission
    Neil Leyton, Fading Ways Music
    Nick Ashton-Hart, Former Executive Director, IMMF
    Nicoletta Dentico, DNDi (Drug for neglected diseases)
    Peter Jenner, International Music Managers Forum Y
    Philippe Aigrain, Sopinspace
    Prayas Abhinav, new media artist
    Rishab Ghosh, MERIT, University of Maastricht
    Sarah Andrew, Artist and lawyer
    Susy Struble, Sun Microsystems
    Terry Fisher, Harvard University
    Tim Hubbard, Wellcome Sanger Institute
    Valérie Peugot, VECAM
    Volker Grassmuck, Humboldt University

    PROGRAMME

    Première Journée - le 19 juin

    09.00 - 09.30 Registration

    09.30 - 10.45 Le contexte

    10.45 - 12.15 Les logiciels
    Quel est l’avenir du mouvement pour le logiciel libre ? Est-ce un modèle possible pour d’autres domaines ? Devrions -nous créer de nouveaux mécanismes pouvant procurer des revenus viables pour les programmeurs des logiciels libres ? Les usagers devraient-ils soutenir les politiques d’acquisition qui pourraient accroître l’adoption des standards ouverts et des logiciels libres ? Le modèle de la “prime” est-il applicable au logiciel libre ?

    14.00 - 15.30 Les films et les vidéos : les cinéastes, les acteurs et leur public
    Que cela soit pour des projets ambitieux ou modestes, comment assurer le mieux possible les moyens d’existence aux artistes de cinéma et de vidéo ? Le système actuel des droits d’auteur et des droits voisins rend-il trop difficile la réalisation de documentaires et autres types d’oeuvres qui remixent d’autres créations ?

    15.30 - 16.45 Le public en tant que communauté créatrice
    Comment l’essor du “blogging”, du cinéma et vidéo amateur, et de la
    production musicale amateuriste ainsi que de bien d’autres activités créatives, a-t-il changé les concepts de propriété et de contrôle des oeuvres créatives, et cela est-il dans l’intérêt du public ?

    16.45 - 18.15 Le développement de nouveaux médicaments : les chercheurs et les patients
    Les nouvelles idées pour assurer le financement des coûts de la recherche et du développement de nouveaux médicaments - les intermédiaires concurrentiels, le systeme de “la prime”, la proposition pour un traité sur la recherche et le développement des médicaments.

    18.15 - 20.00 Reception cocktail à Oh20eme

    Deuxième Journée - le 20 juin

    09.00 - 09.30 Registration

    09.30 - 11.30 Les enregistrements musicaux : les auteur-compositeurs, les artistes et leur public
    Du point de vue des créateurs d’enregistrements musicaux et de leur public, quelle est la meilleure façon de soutenir à la fois les moyens d’existence pour les auteur-compositeurs et less artistes, et l’accès aux oeuvres musicales ? Quels sont les nouveaux modèles marchands les plus appropriés ? Les auteur-compositeurs devraient-ils être protégés des contrats injustes qui les lient aux éditeurs et producteurs ? Les Sociétés de perception et de redistribution des droits peuvent-elles être réformées ? Est-il nécessaire de créer de nouveaux intermédiaires concurrentiels ?

    11.30 - 12.45 Les éditions universitaires : les auteurs et leur lecteurs
    Le système actuel des éditions universitaires est-il dans l’intérêt des auteurs et des lecteurs ? Dans la négative, comment peut-on le modifier ?

    14.30 - 17.15 Discussions supplémentaires sur L’Accord de Paris
    Ce débat donnera lieu à une discussion et des commentaires sur la proposition intitulée l’Accord de Paris entre les communautés créatives et les consommateurs.

    17.15 - 17.30 Réflexions et prochaines étapes

    réagir

  • 15 octobre 2006, 16:50, par temto.

    Un lien vers d’autres pompages /hommages et

    Voir en ligne : détournements (photo-)graphiques (Ecole "Beatles" )

    réagir

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