Microdons

Flattr-ies et Kurbettes

Par David Dufresne, Fil, 28 juin 2010 | 10674 Lectures

Peter Sunde est un Suédois marrant : animateur à une période de The Pirate Bay et condamné à ce titre à un an de prison et une amende de 30 million de couronnes (il a fait appel), il vient de lancer un nouveau projet de partage sur Internet : flattr. Cette fois, on ne partage plus les contenus, mais... l’argent. L’histoire dit que ça faisait trois ans que lui et son équipe travaillaient sur la bête. Et on nous avait rien dit.

Le principe de flattr est de promouvoir sur le net une circulation volontaire de micro-paiements, avec des contraintes minimes permettant d’espérer qu’à terme ces dons iront valoriser le travail créatif. Un projet similaire à celui de la Société d’acceptation et de répartition des dons (SARD — http://www.sard-info.org/ ), dont on attend avec impatience la mise en place1

Faut-il faire un dessin ? Quel qu’il soit, le travail créatif a parfois bien du mal à se trouver un « modèle économique » sur le net. C’est tout l’enjeu de flattr. Et on l’avoue et le savoure sans détour : qu’un début-de-prémices-d’alternative-possible-(on-est-encore-sûr-de-rien) puisse venir du côté des flibustiers scandinaves n’est pas pour nous déplaire. L’imagination au pouvoir vs l’arsenal du pouvoir.

Par travail créatif, flattr entend textes, musiques, vidéos, sons, logiciels, et « le reste ». La force de flattr réside aussi là : il ne se cantonne pas à un secteur. flattr prend en compte nos usages : dans une journée, nous sommes tour à tour lecteur, puis geek, puis mélomane. Dans une journée, on peut saluer le travail de gens bien différents. C’est pourquoi, en fonction des besoins et des secteurs, le tout-gratuit ne peut être la réponse-à-tout et le système du tout-payant la réponse (viable) à rien.

Comment ça marche ?

Du côté du flatteur (celui qui donne) :

  1. Vous ouvrez un compte flattr. Versement minimum : 2 euros.
  2. Vous décidez du montant mensuel que vous voulez dépenser (par exemple, vous avez placé 10 € sur votre compte, vous décidez de distribuer 3 € par mois, ce qui vous fera trois mois et dix jours, dévaluation estivale de l’euro ou pas...).
  3. A chaque fois que vous croisez un bouton flattr sur un site qui vous plaît, votre index obéit à votre cœur, vous cliquez, et vous flattez. Si vous ne flattez qu’une fois en un mois, alors vous donnerez beaucoup (3 euros) à une seule personne/site/groupe. A l’inverse, si vous avez le clic fou, vous donnez peu à beaucoup de gens. Si on reprend l’exemple des trois euros, si vous cliquez dix fois dans le mois, cela fera : 3 € / 30 clics = 33 centimes par flattrie. Reprenons — en le flattrant, ça va sans dire — ce qu’a magistralement démontré un dénommé Arkados : « C’est ça, tout l’intérêt de flattr : ce n’est pas un don unique pour un tout, mais une multitude de dons pour autant de choses différentes ! »
  4. Un écran de contrôle vous dit où vous en êtes à tout instant dans vos contributions.

Du côté du flatté (celui qui reçoit) :

  1. Vous ouvrez un compte. Car, la philosophie flattr, c’est : pour donner, je reçois. C’est Jean de La Fontaine dans l’(hyper)texte : « Apprenez que tout flatteur / vit aux dépens de celui qui l’écoute / cette leçon vaut bien un fromage sans doute. »
  2. Vous faites savoir par la présence d’un bouton flattr sur votre site que toutes les flattries sont désormais les bienvenues. (Le bouton s’installe avec un simple morceau de javascript. Si vous utilisez un CMS, il existe probablement déjà un plugin qui le fait pour vous. Pour SPIP, rendez-vous dans quelques jours. Le plug in est route, le temps de régler deux/trois bricoles.

Comme le dit Damien Clauzel (doublement flattré par nos services), l’une des clés du système social de micropaiement proposé par flattr est que « le mode opératoire doit être le plus simple possible, pour éviter les barrières ; les utilisateurs doivent avoir une vision et un contrôle clairs de leurs finances ».

OK, mais ensuite ?

Ce réseau de microdons marchera, ou pas, selon qu’il convaincra suffisamment de personnes de répartir deux ou trois euros chaque mois en flatteries auprès de leurs musiciens, dessinateurs, blogueurs, écrivains, ou codeurs préférés pour que cela rapporte plus que des clopinettes à certains.

Ca ne va pas être aisé. Un calcul simple : pour tirer un SMIC de flattr, combien faut-il recevoir de flattries ? En supposant que le participant moyen verse 2 euros par mois et ne flatte qu’une personne par jour, on arrive au résultat de 10 000 flatteurs par mois. Et encore, sans compter qu’à partir d’un certain revenu, il faudra commencer à payer des taxes. Le calcul rejoint la théorie de Kevin Kelly, comme quoi, pour vivre de sa création, il faut à un artiste 1 000 Vrais Fans, le Vrai Fan étant défini comme quelqu’un qui achète systématiquement tout ce que vous produisez. (Lire aussi http://www.kk.org/thetechnium/archi....)

Donc, financièrement, on oublie ; pour 99,99... % des gens, flattr ne remboursera jamais le temps passé à créer des « things » sur flattr — ni même à installer flattr. Tant que la contribution se décide sur une base volontaire, les sommes mises en œuvre ne peuvent qu’être dérisoires (à part peut-être pour Peter Sunde et ses copains, dans le rôle de la banque centrale). Parions toutefois que le système fera émerger trois ou quatre stars dont tout le monde parlera avec envie. Sur son blog, flattr évoque de « nombreux utilisateurs » qui ont déjà perçu 100€ et des « centaines » qui ont touché une « certaine somme » (sachant que 10€ est le minimum pour percevoir des dons) mais, convenons-un, les chiffres avancés restent modestes.

On est loin de la contribution créative théorisée par Philippe Aigrain. Cette contribution qui, en étant obligatoire, lèverait immédiatement beaucoup d’argent (« de 1,2 à 1,7 milliard d’euros par an »), permettrait de remplir (un peu) les poches de (beaucoup) d’artistes et de créateurs, plutôt que de faire rouler des euros dans la besace des fournisseurs d’accès ou des sociétés de flicage, comme le font Hadopi et son pare-feu Open-Office.

Autre critique, plus idéologique : le système alimente les kurbettes, c’est-à-dire une déférence devant la créativité, en reposant sur le mythe de l’Auteur seul face à son œuvre. Un mythe nuisible dans bien des secteurs de la créativité où il n’a tout simplement pas de sens, comme par exemple dans le logiciel libre — mais pas seulement. Les deux auteurs de cet article ne sont d’ailleurs pas entièrement d’accord sur ce point (c’est la beauté des textes écrits à quatre mains). Car tout dépend du champ de la création. Parfois exercice solitaire, parfois fusion commune des esprits, etc. Mais le propos, ici, est bien celui-ci : comment fait-on pour s’en sortir un peu à l’heure du numérique, où chacun perçoit que les notions d’auteur, de diffuseur, d’éditeur, et même le travail des marchands a basculé.

Quoi qu’on en pense, flattr peut être amusant. Si on le considère non pas comme une source de revenus (dans tes rêves), mais comme une nouvelle expérience de monnaie alternative, à l’image du Whuffie de Cory Doctorow. Quand on est content d’avoir lu un truc ou écouté un machin, on envoit un feedback ; ça existait déjà sous la forme d’un commentaire sur le forum, ou d’un « j’aime » ; on peut maintenant soutenir pécunièrement avec une flattrie. Le compte de la personne flattrée s’enrichit de quelques centimes, qu’elle utilisera à son tour pour flattrer d’autres personnes. Le whuffie circule ainsi, interactivité à deux balles comme les « poke » de Facebook ou les « kudos » de feu Ohloh, mais interactivité tout de même.

1A noter que d’autres projets de plate-formes de micropaiements existent, comme Yooook, Moozar, Shagaï, Ulule et Kashingle, ou encore MCN, lancé par Rue89. Le 20 juin dernier, une table ronde était organisée à Paris sur le sujet. A l’image de son intitulé, ça rigolait pas : Financements innovants pour la création à l’ère du numérique. Sans oublier le fameux « bouton Paypal » qui fleurit un peu partout.

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Messages

  • Précision : Flattr n’a pas été « lancé par The Pirate Bay » mais par Peter Sunde and Linus Olsson, rejoints par la suite par 3 autres personnes. Sunde a été cofondateur de The Pirate Bay puis porte-parole, mais le lien entre les deux projets s’arrête là.

    • Oui, oui, tout à fait, c’est ce que nous disons. Le « il » se rapporte bien à Peter Sunde et non à The Pirate Bay. Merci !

  • Flattez, flattez. Il en restera toujours quelque chose ;)

  • La bonne nouvelle, c’est la création d’une sorte de système monétaire parallèle avec des règles originales. Les gens vont s’habituer à une certaine non-orthodoxie.

    Quant à la SARD, il me semble qu’elle est en hibernation, malgré le climat méditerranéen :-)

    • C’est en effet, cher Antoine, toute la question soulevée ici. Est-ce que le Net, par sa souplesse, peut rendre possible une alternative monétaire ou, même, une alternative à la monnaie tout court ? Ce serait bien une utopie incroyable, non ?

  • Intéressante analyse

    Juste deux remarques.

    1. Pour ma part, je trouve l’un des soucis de ces systèmes de micropaiement est leur complexité. Complexité qui n’apparait pas à une personne baignant dans la culture web mais pour un utilisateur lambda, c’est très déroutant et décourageant.

    Exemple concrêt, je suis un utilisateur de base, pas geek pour un sou, et je lis votre article et toc, je suis emballé je veux donner !!

    Je lis « soutenir ce site », je clique. Et alors : Un système où l’on me parle de « flattr » : connais pas, 50 % de chance que je parte. Un système en anglais : je parle pas l’anglais, 50 % de chance que je parte aussi Un système ou il faut s’enregistrer : je n’aime pas ca, encore 50 % de chance que je parte.

    Il reste plus grand monde à la fin. Le donateur est ainsi fait que, plus l’acte de paiement est compliqué, plus son élan de générosité va fléchir...

    A mon avis, mieux faudrait développer une interface de paiement ultra simplifié, pédagogique et ergonomique.

    2. Je pense cependant que ce modèle (de la rémunération par le don des internautes) est, s’il est bien mené, un modèle d’avenir, notamment pour les journalistes indépendants. Pas évidemment en totalité, mais en complément. Pour info, lors d’un précédent reportage réalisé à Haiti, j’avais tenté l’expérience (http://haiti.tumblr.com/post/475135080/don) ça m’avait raméné 350 euros. Rien de mirobolant mais qd même...

    (et à titre perso, je suis persuadé qu’un module commun pour les journalistes indépendants pourrait être un bon outil).

    • Bonjour Jean,

      Merci de votre contribution. Vous avez entièrement raison, un éventuel succès d’un tel systeme repose assurément sur sa simplicité d’emploi. Je crois que flattr, de ce point vue, est franchement une avancée si on garde à l’esprit deux éléments :

      • flattr est encore en phase beta
      • flattr est en cours de traduction

      Il est bien clair que, si flattr (ou d’autres systemes similaires) veulent marcher, ils devront se « localiser ».

      Un autre point essentiel à garder à l’esprit est que nous en sommes aux balbutiements d’un tel système alternatif. Il y a de l’exploration dans tout cela. Rien ne dit que ça marchera, in fine. Rien ne dit même que flattr deviendra le (contre) modèle qui aura réussi.

      Le but de ce billet est simplement de faire connaîter ce système et, mieux, d’en débattre.

      Merci encore !

  • Ca me parait évident qu’il ne faut pas compter sur Flattr pour se rémunérer complètement, aussi talentueux qu’on soit (je ne parle pas de moi, bien sur, il s’agit bien d’un “on” de troisième personne ;) )

    C’est d’autant plus vrai que ce système est utilisé pour le moment presque exclusivement par des créateurs de contenu. Pour qu’un système de ce type puisse rapporter (un peu, ou beaucoup, à voir) aux créateurs, il faut qu’il soit aussi et surtout utilisé par des donateurs qui ne s’inscrivent pas pour recevoir une contrepartie, mais uniquement pour soutenir les créateurs qu’ils apprécient. Et ça, ce n’est pas gagné.

    Alors oui, le risque est d’avoir un système communautaire réduit à des créateurs de contenu qui s’entre-flattent, et qui finalement n’enrichit que ses fondateurs… Mais c’est aussi aux créateurs de contenu d’inviter leur audience à utiliser un tel système pour les soutenir.

    [Flattr=19308]

  • Bonjour David et Philippe,

    « 1996 » disait Davduf sur Twitter.... belle époque, quand au bout de la mitraillette en rafale il y avait l’uzi(ne).

    En tout cas, c’est sympa de vous voir écrire ensemble un papier sur Flattr.

    Je trouve l’expérience intéressante. Elle recouvre en partie ce que j’espère depuis des années (j’ai fait un papier en 2006 sur la numérotation des oeuvres pour penser des systèmes de ce type), mais elle recouvre aussi des craintes, qu’il ne faut pas sous-estimer.

    Mais avant tout, reconnaissons qu’ils ont le mérite de se lancer, ce qui n’est jamais facile. D’ailleurs, j’attends mon code d’invitation pour plonger dans leur grand bain.

    Cependant, il faut réfléchir (vite) sur les risques de l’aventure. J’imagine que si vous avez choisi de l’appuyer comme vous faites, c’est que vous avez une certaine confiance dans les animateurs, compte-tenu de leur passé... Cependant, il serait temps, justement parce nous sommes encore en beta-time, de réfléchir aux moyens de verrouiller collectivement une telle affaire.

    Car dans Flattr, il y a deux modèles qui cohabitent : - une juste répartition de contributions volontaires en fonction des volonté des lecteurs (ce qui est à la base de la proportionnalité dans le droit d’auteur)*

    - l’enregistrement des désirs et plaisirs des lecteurs par leur acte volontaire (ce qui est pleinement dans le cadre de la publicité comportementale tant à la mode).

    De nombreuses questions sont ouvertes.

    Imaginons que Google lance ce service... y iriez-vous ?

    Imaginons que les grands vecteurs veulent racheter Flattr, pour bénéficier de leur (ce qui sera à ce moment là) gigantesque base de pratique et d’usagers.

    Imaginons que les 10% actuellement prélevés sur les sommes globalement manipulés grandissent avec le succès (par ailleurs, j’ai du mal à croire que même une plate-forme puisse vivre avec 10%... compte-tenu des prélèvements bancaires... mais l’exemple de Skype montre que les bénéfices sont surtout liés aux sommes « non-utilisées »... même si dans Flattr ils précisent qu’ils les verseront sur le compte d’une ONG.

    Bref, imaginons le pouvoir que donne un tel réseau social dans le monde de la publicité.

    Ce n’est pas une raison pour le refuser... sinon, on ne fera jamais rien.

    Mais c’est une raison pour réfléchir à des modèles économiques, entrepreneuriaux, voire une décentralisation des « correspondants Flattr » qui puisse garantir l’éthique globale du système dans ses évolutions possibles.

    C’est ce qui m’avait arrêté dans mon article de 2006 : comment organiser le contrôle réciproque de ce genre d’organismes indépendants. Jean Vincent (à un moment l’avocat de l’ADAMI) avait imaginé créer une société de répartition des droits de ce type... puis abandonné. Nos amis de la SARD et du Mécénat Global de feu Francis Muguet et Richard Stallman, ont aussi du mal à se mettre en route...

    Car au fond, la SACEM est, vu du reste du monde, un modèle de transparence et de gestion collective pour les auteurs... Mais nous en savons un peu plus sur le fonctionnement (30% de frais de gestion), les irrépartissables (25 %) et le rôle de lobby que cela leur confère, ce qui nous rend plus méfiant.

    Il faut donc réfléchir (vite) à la façon de verrouiller le caractère coopératif de Flattr.

    Si l’on regarde bien, Digg et Delicious (Yahoo) sont les mieux placés pour sauter sur ce nouveau marché, qui de toute évidence va se développer, ne serait-ce que parce que la société veut « aider/aimer » les auteurs, et donc se trouve prête à financer, si ce n’est au travers d’une licence globale hors de prix, au moins par une action volontaire....

    Mais attention aussi, dans les domaines culturels, le « volontariat » n’est qu’un des élément de mesure, et ne peut pas, ne doit pas être le seul. C’est quelque chose que connaissent bien les sociologues de la culture : il y a ce dont on se vante d’être fan et ce qu’on écoute/lit/voit réellement. Et c’est loin d’être la même chose ! C’est aussi pour cela que Philippe Aigrain porte toute son attention sur le lot minimal d’informations qui permet des statistiques fiables sur les usages des oeuvres, afin de répartir en fonction de l’utulisation érelle, et non des usages fantasmés (d’une culture toujours plus élitiste que sa réalité de pratique... croyez-moi qui suis un fan de Johnny)

    Bref, comme vous le voyez plein d’interrogations, et en même temps le désir, comme vous de participer de cette aventure, qui me semble totalement dans l’air du temps.

    Amitiés

    Hervé Le Crosnier

  • Le système de distribution (output) de flattr me semble judicieux. Par contre je suis sceptique sur les dons (input). Si pour le même contenu j’ai le choix entre payer, même une petite somme, et ne pas payer, alors la plupart du temps je ne paierai pas. De même, si je paie mon fournisseur d’accès, c’est parce que j’y suis contraint. Si je peux payer moins pour le même service, je change de fournisseur d’accès.

    Je ne crois pas qu’on puisse compter sur le don altruiste pour financer le « travail créatif ». Il est vrai que certains secteurs d’activité, comme l’action humanitaire, reposent sur le don altruiste. MSF (Médecins Sans Frontières) par exemple, dont le budget est considérable, est, si je ne me trompe pas, exclusivement financé par le don. Ce modèle économique fonctionne dans ce cas mais il me semble que cela tient au caractère très particulier que revêt l’action humanitaire et caritative dans nos sociétés : compassion ou rachat de la culpabilité enfouie et des scrupules d’appartenir aux « puissants », réminiscence de charité chrétienne envers les souffrants. Je n’imagine pas qu’un tel modèle puisse fonctionner pour rétribuer la créativité sur le net !

    Pour l’input, la piste consistant à taxer les fournisseurs d’accès dont l’économie repose sur le contenu auquel ils donnent accès semble naturelle mais compliquée à mettre en œuvre.

    Bon, à part ça, merci pour ce post, ça fait cogiter, ce qui est bon :-).

    • Si je suis tes arguments, ce sont les FOURNISSEURS DE SERVICES et non les FOURNISSEURS D’ACCÈS qu’l faut taxer. (Grenre YouTube, LeMonde.com, ...) Car ce sont EUX qui donnent accès au services, le fournisseur d’accès se contente de les faire transiter. Le souci c’est que dans le cas d’un petit service (genre davduf.net par exemple) qui n’a aucun revenus, il va leur être dur de payer.

    • Je ne comprend pas ton raisonnement : les fournisseurs de SERVICES que tu cites lemonde.com (ou .fr ? ce n’est pas le même), youtube, dafduf.net sont à la recherche de leur modèle économique, lemonde.fr et youtube par la publicité. Ils sont à la recherche de revenus. Pour davduf.net, je ne sais pas s’ils cherchent à rentabiliser le temps passé à nous écrire leurs sympathiques billets. On ne s’inquiète pas trop pour YouTube puisque c’est Google et qu’ils trouverons bien un moyen de le rendre rentable quitte à partager une partie de la manne publicitaire avec les créateurs qui utilisent le service pour rendre leur contenus accessibles. Dans le cas de lemonde.fr et davduf.net, ce sont des fournisseurs de services et de contenus (deux en uns) susceptibles d’êtres « créatifs ». Il ne s’agit pas de les taxer tant qu’ils ne perçoivent pas de revenus !

      Par contre, je te rejoins sur les fournisseurs de services genre Rapidshare, Megaupload, etc. Avec les fournisseurs d’accès ce sont ceux qui ramassent le gros de la mise des consommateurs que nous sommes.

  • Merci et bravo pour cette analyse ! Une petite précision au sujet des autres plates-formes énoncées, seule Kashingle fait des choses similaires à Flattr. yooook propose aussi un système de don, mais qui est un petit outil annexe, le reste des services proposés étant économiquement beaucoup plus solides. De même que pour Shagaï et Ulule qui se placent - comme yooook - en amont de la création/diffusion, ce qui impose un financement à la juste hauteur des coûts.

  • Si on fait un versement tous les trois mois comme dans ton exemple, l’encours du compte sera en moyenne de la moitié du versement soit 12,5% de la somme distribuée par an. Si on fait un versement tous les six mois, ça grimpe à un quart.

    Un quart de la masse d’argent distribuée par an bloquée dans le système. Et c’est pas que pendant la phase de démarrage. Et en supposant que les receveurs vident leurs comptes régulièrement.

    Alors, avec les 10% et les frais de versements extérieurs (Paypal,...), le système est tellement inefficace que tu te demandes s’il ne vaut pas mieux lancer des pièces par la fenêtre en espérant qu’elles tombent sur la tête d’un créateur.

    Le problème c’est que ça n’est pas une monnaie alternative : c’est de l’euro. Ça n’est pas une banque centrale : il n’y a pas d’émission de monnaie. Ça n’est même pas une banque tout court : il n’y a pas de crédit.

    Nicolas.

  • Si cela avait pu être aussi simple, je serais devenu flatt’r depuis longtemps...

    Merci pour cette découverte !

    Dans la série, ce sera plus facile avec que sans : il y a désormais une extension Firefox grâce à laquelle « vous pouvez désormais intégrer Flattr sur n’importe quel site web 2.0 sans gêner la navigation »...

    Elle convertit automatiquement la simple indication (prenons un exemple :-) ) [Flattr=21446] en son équivalent prônant la flatterie. Mmmm... Je l’aime bien ce web là.

  • Cette histoire vaut le détour, le contenu à l’intérieur de bien écrire, j’aime, je vous remercie de partager, avec impatience le prochain ouvrage Oh, hi hi ! Si on le considère non pas comme une source de revenus (dans tes rêves), mais comme une nouvelle expérience de monnaie alternative, à l’image du Whuffie de Cory Doctorow. Quand on est content d’avoir lu un truc ou écouté un machin, on envoit un feedback ; ça existait déjà sous la forme d’un commentaire sur le forum, ou d’un « j’aime » ; on peut maintenant soutenir pécunièrement avec une flattrie. Le compte de la personne flattrée s’enrichit de quelques centimes, qu’elle utilisera à son tour pour flattrer d’autres personnes.....

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