D’abord, ce logo :
Puis, le bruit du modem. Qui veut, enfin, bien marcher. Des heures à tenter de percer son mystère, sa maudite porteuse qui ne voulait rien porter, le prestataire s’appelait CompuServe, un truc américain, qu’on payait en dollars. CompuServe ? Moi : futur CompuSlave.
Et puis, Geocities, première home-page. Trois pages pour démarrer. Trois pages pour basculer, l’impression de traverser l’Atalntique à la rame. Tout d’un coup : Gopher, Mosaic, le mail, le www, les forums. Le choc. Absolu, frontal. Douleurs, bonheur. [1]. « La Rafale » arrive [2]
Dix ans plus tard ; et pleurer de rire tellement c’est archaïque, c’est noir, c’est maladroit, ce tas d’archives. On dirait une démo, du pur lo-fi ! Merde, Fil avait raison, y-a même des fichiers qu’on ne peut plus ouvrir. Compactés, nos 25 ans sont enfouis dans le passé. Ratatinés, comme en cendres. Un Zip, c’est une belle urne, ma foi.
Pas de nostalgie, bordel. Juste tenter de comprendre ce qui nous arrive.
Barrer la route à Le Pen... et se retrouver sous le couvre-feu et Sarkozy.
Tenter des choses, ouvrir des pistes, open source open bar, vive le net, et puis... la réaction en marche, les interdits en gagne-petits qui nous rongent, et nous pillent.
Télécharger et... tomber sous les charges droitières d’un monde en vrac.
Lire ces petits fichiers suffisants, avec leurs doux petits suffixes Html, htm, gif. Dix ans, et a-t-on vraiment perdu ? Dix ans, qui s’en souvient ? Dix ans, et tout reste à faire ; partout, ça grouille mais quand même, pourquoi tout part en couilles, pourquoi nos jolies lâchetés, pourquoi rien contre/sur Google, pourquoi cette complaisance avec eux en général, tous ces méchants, et avec nous mêmes, en particulier, les si-gentils ?
Et pourtant, non. Y croire encore. Militer quelque fois. Spip my love ; Wikipedia tra-la-la ; le Rézo des Copains.
Alors, ces quelques images, comme des photos jaunies. Du binaire en vie, des 0 et 1 vieillissants. Rien que pour rire entre amis. Rire et danser. Sourire et boire, et se compter.
Compter les morts, et les vivants / soustraire les morts-vivants.
Hasta luego, CompuSlaves.
Electrons libres de tous pays, unissons-nous. Et mille mercis à tous.
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Publié: dimanche 27 novembre 2005.
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- Rubrique: netManiaks
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