Pop Crash et Mutations Culture

Laurent Courau, « Mutations Pop et Crash Culture », the (not) défénitive entretien

Par David Dufresne, 1er octobre 2004 | 9590 Lectures

Après trois mois de mails, de réponses, de réponses au repos, voici enfin l’interview de Laurent Courau, l’homme du livre et l’homme de laspirale.org. C’est un livre sur toi, sur le monde entier, le sous monde, l’underground qu’on dit enterré, underground zéro comme Ground Zéro, avec des vampyres, des savants raisonneurs et des fous sans science. Un livre qui répond à des questions clés : comment s’arranger du monde ? Comment se transformer puisque, lui, le monde, n’est pas/plus transformable ? Comment mutiler ses environs pour mieux vivre ? Laurent Courau parle ici de son travail, de ses quêtes, de ses enquêtes, de ses peurs, de ses recherches, de sa spirale.org, pièce maîtresse de l’Internet francophone. Il charcle les branchés parisiens qui ne savent plus que ricaner. Il défend sa curiosité, et dézingue mister trou noir : le cynisme. C’est long et c’est bon. Un grand merci à lui - vraiment.

Mutations Pop et Crash Culture.

En relisant ton ouvrage, un thème s’est peu à peu détaché, comme une évidence. La plupart de tes interlocuteurs parlent de souffrance, ou de douleurs. Ainsi le savant fou et cyborg Kevin Warwick, à propos de l’implantation expérimentale de puces sur deux personnes, sa femme et lui-même : « Des émotions telle que la douleur valent la peine qu’on s’y intéresse. Que se passera-t-il lorsque ma femme, Irena, aura mal ? Vais-je ressentir la même chose qu’elle ? Ses douleurs ressembleront-elles aux miennes ? » Es tu d’accord avec cette idée de souffrance comme obsession de tes invités ? Je n’avais jamais envisagé la question sous cet angle et tu as raison. La douleur fait partie des thèmes récurrents des interviews de la Spirale. Ca tient peut-être à la sensibilité des personnes que j’aborde. L’époque que nous vivons ne débordant pas au premier abord de joie de vivre et d’optimisme, elles se font l’écho du mal-être de nos contemporains. Quelque part, c’est un peu le rôle des artistes... exprimer les tensions et les douleurs de leur temps. A doses contrôlées, la douleur permet aussi de rester éveillé, de ne pas sombrer dans un conformisme cotonneux. Lorsqu’on souffre, on reprend conscience de notre corps et de ses limites. Confronté à la douleur, on se sent vivant. Les psychiatres connaissent bien le sujet.

Quant à Kevin Warwick, c’est un personnage ambigu. Il poursuit ses recherches sur l’intégration de puces électroniques dans le corps humain à l’université de Reading, tout en dénonçant parallèlement les dangers de cette technologie, allant jusqu’à envisager une post-humanité interconnectée où les décisions seraient prises par des cerveaux centraux (en somme, la fin du libre arbitre et l’effacement progressif des individualités). Ce discours catastrophiste n’est d’ailleurs pas isolé, il rejoint le propos de Why the future doesn’t need us, un article publié en avril 2000 dans le magazine Wired dans lequel Bill Joy, le cofondateur de Sun Microsystems, s’inquiétait des risques que fait courir à l’humanité le développement de technologies dont nous ne maîtrisons pas tout le potentiel. Il y faisait notamment référence à l’intelligence artificielle, aux nanotechnologies, à la génétique et à la robotique, en évoquant des scénarios qui rappelait celui du film Terminator. Sans être nécessairement aussi pessimiste, il est intéressant de s’interroger sur la notion de progrès et ce qu’elle recouvre, de se poser quelques questions sur ce que mijotent les complexes militaro-industriels. Jusque-là, ils ne se sont pas caractérisés par leur altruisme.

Un autre des grands thèmes de Mutations Pop et Crash Culture est évidemment celui de la mutation. Comment s’arranger du monde ? Comment se transformer puisque, lui, le monde, n’est pas/plus transformable ? Comment mutiler ses environs pour mieux vivre ? Sont autant d’interrogations qui traversent ton travail d’interviewer. Le dénommé Olivier Saint-Leger ouvre ainsi des perspectives : « Une chose me parait sûre : le rapprochement entre le biologique et le numérique. L’homme se rapproche inlassablement de la technologie, dans une sorte de mouvement fusionnel d’ailleurs. Certains vont jusqu’à dire qu’il sera même difficile de faire une « réelle distinction entre les humains et les ordinateurs ». Probable effectivement... si il n’y a pas une implosion avant. J’entends par là qu’un retour en arrière est effectivement possible, mais au prix d’une déconstruction totale et d’une grande violence. » Et toi, Laurent, quel chaos choisis-tu ? La guerre thermo-terro-nucléaire ou la mutation homme-machine ?

Nous sommes déjà bien avancés sur ces deux voies, qu’il s’agisse du rapprochement de l’homme et de la machine dont il était question plus haut ou de l’éventualité d’une implosion qui entraînerait un retour en arrière. Et sincèrement, je préfèrerais voir le futur ailleurs...

Dans une société où l’égalité de l’accès aux soins de santé les plus élémentaires est constamment remise en cause, les fantasmes biomécaniques évoquent plus la mise en place de nouveaux outils de contrôle des masses ou la naissance d’une élite post-humaine qu’autre chose. On est loin des utopies riantes de la cyberculture des années 80 à base de village global et de réalité virtuelle. Quant à une déconstruction totale, la dissémination de l’ancien arsenal soviétique ou l’insécurité des installations nucléaires pakistanaises inquiètent les observateurs les plus optimistes. Sans oublier les risques écologiques ou l’apparition de nouvelles pandémies dont s’inquiètent tous les épidémiologistes de la planète. Comme tu le disais toi-même plus tôt sur ce site, le monde est devenu totalement punk. On se croirait vraiment dans un morceau de Discharge ou des Dead Kennedys. Il va vraiment falloir pratiquer la méditation zen et une bonne dose d’humour noir pour traverser les décennies à venir. Dommage pour les rêveries new age, l’âge du verseau et les dimanches paisibles sur les terrasses des cafés bobos du canal Saint Martin. Si j’étais riche, j’achèterais des actions du laboratoire pharmaceutique qui fabrique le Prozac, ça peut valoir le coup.

Dès lors, Jean-Louis Costes, chanteur chroniqueur du sous-monde, et par ailleurs défrayeur de chroniques, apparaît comme la synthèse parfaite douleurs/mutations, quand il te dit : « Je ne me sens pas différent de mon chat... pas différent, je crois de l’homme préhistorique... j’ai vu des bushmen en Afrique qui n’avaient jamais vu de blancs auparavant, ils n’étaient en rien différents des beaufs habituels (sauf les plumes). La technologie n’est qu’un outil : Internet n’est pas plus que le bâton du singe qui nique des fourmis. Tous les prophètes de la révolution virtuelle sont des menteurs mercantiles. Assis devant mon ordinateur, mon mal être est le même ; je dois toujours porter/supporter mon corps dont je ne m’évaderai jamais. Et c’est la même souffrance que celle de mon ancêtre chimpanzé dans les bois du Tanganyika. » Qu’en dis-tu ?

Il n’a pas tort. La manière dont le commun des mortels utilise les nouvelles technologies tend plutôt à lui donner raison. Nos préoccupations restent souvent bien primaires... sexe, argent et divertissement de masse. Mais je refuse de m’enfermer dans un défaitisme quelque part confortable. Au contraire, la situation actuelle ne peut que pousser aux remises en question et au changement. Le monde pullule de personnes exceptionnelles et d’initiatives positives. A chacun d’entre nous de les soutenir et d’exercer nos droits et nos devoirs, le premier pas pouvant être simplement d’aller voter aux prochaines élections pour virer les sangsues qui nous gouvernent. Il n’y a pas besoin d’être marxiste ou altermondialiste pour constater que les inégalités s’aggravent dans tous les domaines. On assiste à une concentration croissante des richesses au sommet de nos sociétés et à une dégradation des conditions de vie du plus grand nombre. Le journal Le Monde a récemment publié un article sur les réserves de cash des multinationales qui n’osent plus réinvestir leurs bénéfices. Il y était question de 60 milliards de dollars de réserves pour Microsoft (un trésor qui grossit d’un milliard tous les mois selon le quotidien) et de 555 milliards pour les 374 entreprises de l’indice Standard & Poor’s. On nage quand même en plein délire ! Costes ne se plante pas. A ce niveau, ça tient de l’instinct de nidification le plus primaire. Etant basé à Genève depuis une année, j’ai eu l’occasion de rencontrer des banquiers et des hommes d’affaire hauts placés. Eux aussi s’inquiètent de cette concentration de richesses et de pouvoirs. Ils n’hésitent même plus à parler de la nécessité de contre-pouvoirs. Si eux en sont là, il serait peut-être temps de se réveiller avant que ça vire effectivement au chaos le plus total !? De toute manière, nous sommes cuits dans les grandes largeurs si rien ne bouge. Quoique... Après une bonne séance de shopping chez Colette le week-end prochain, le futur vous sourira peut-être à nouveau ! Rien de tel pour se détendre qu’une jolie paire d’Adidas (tirage limité avec les trois bandes jaunes en peau d’autruche) soldée à 300 Euros ! La surconsommation comme remède aux angoisses existentielles...

Quand Rick Rinker, du 600 Club, et ancien Révérend de l’Eglise de Satan, tente de faire l’article pour le satanisme, comment fais-tu pour ne pas rire ? Ou plutôt : l’interviewes-tu pour rire un bon coup ?

Il y a depuis quelques années un grand mouvement souterrain de retour vers la magie noire et les mystiques obscures, comme en témoigne la galaxie de sites gagnés à leur cause. A partir de là, il me semblait naturel de m’intéresser au phénomène. Donc non, je n’interviewais pas Rick Rinker pour me moquer de lui mais pour essayer de comprendre sa vision du satanisme (qui est par ailleurs à des années-lumière des adorateurs de Satan sacrifiant de nouveaux nés dont regorgent les films d’horreur et les tabloïds anglo-saxons). Rinker s’inquiétait justement de la manière dont je risquais d’interpréter ou de manipuler ses réponses dans la Spirale. Ce à quoi j’avais répondu qu’elles transiteraient directement de son clavier aux écrans de mes lecteurs (ce que j’ai toujours fait).
Et puis pour ce qui est de l’humour, l’ironie post-moderne telle qu’elle est pratiquée par certains magazines jeunes et branchés du moment me fatigue un peu. Ca me rappelle les paroles de Dogma, un morceau du groupe industriel KMFDM : « We used to hate people, now we just make fun of them, it’s more effective that way. » Ceci dit, il peut bien sur arriver que les réponses de mes interviewés prêtent à rire (ou frémir) selon leur niveau de délire. Mais ça tient plus à de l’humour bien noir qu’à la condescendance moqueuse pratiquée par la petite coterie de journalistes et de rédacteurs actuellement au top de la hype parisienne. En résumé, je revendique mon enthousiasme et ma curiosité, aussi con et naïf que ça puisse paraître.

Et que dire de Father Sebastian, chef de file de la scène vampyrique new yorkaise, dont le discours semble néanmoins plus articulé ? Que dirais tu du bonhomme ? Ce qu’il représente ? Peux tu également nous dire deux mots du documentaire que tu prépares sur les vampyres ?

Comme tu viens de le dire, Father Sebastian est un des fondateurs de la nouvelle scène vampyrique new-yorkaise, un phénomène underground qui remonte au début des années 90. Sans trop rentrer dans les détails, les vampyres se considèrent comme une espèce à part et évoluent en marge des scènes gothiques et fétichistes. Ils se revendiquent d’une mystique sombre qui fait la part belle à la magie des énergies et qui ne va pas sans rappeler le satanisme d’Anton LaVey de la Church of Satan californienne. Au-delà de New York, cette culture touche tout les Etats Unis où on compte plusieurs centaines de clans de vampyres qui fonctionnent sur le modèle des sociétés initiatiques et regroupent entre 20 et 80 individus selon les cas. Je les ai pour ma part découverts en juillet 2002 à l’occasion d’un séjour new-yorkais. Lukas Zpira, qui se trouvait en ville à la même période, m’avait convié à une soirée organisée par le clan Hidden Shadows. Bien qu’un peu inquiet, je m’étais rendu en pleine nuit à Harlem pour me retrouver au milieu de trois cent vampyres déchaînés sur fond de metal gothique et de techno hardcore. Cette première rencontre avait donné lieu à un premier reportage diffusé en 2003 dans l’émission Tracks sur Arte qui n’avait fait qu’effleurer le sujet et je travaille maintenant depuis deux ans sur un documentaire consacré au développement de cette scène en Amérique du Nord et en Europe. Les images et les propos recueillis sont tout simplement hallucinants. Je crois que nous sommes allés aussi loin qu’il était possible de le faire dans ce domaine. Nous avons pu filmer jusqu’aux rituels les plus secrets grâce à la confiance que m’ont accordé certains vampyres et ce film risque vraiment d’être un drôle d’ovni. Si nous ne terminons pas égorgés au fond d’une ruelle glauque par des vampyres en manque, le Dvd et le livre qui l’accompagne devraient sortir au printemps 2005. En attendant, ceux que ça intéresse trouveront déjà pas mal d’informations sur le vampirisme nouvelle vague dans l’interview de Father Sebastian publiée dans Mutations pop et crash culture, l’anthologie de la Spirale.

Enfin, il y a Richard Metzger, fondateur de Disinfo.com, qui a cette sentence : « Il faut cependant reconnaître qu’il était beaucoup plus facile, une vingtaine d’années en arrière, de vous définir comme ce que vous étiez et n’étiez PAS à partir de l’uniforme que vous portiez - Punk ou Gothique, Bcbg ou B-Boy, ou quoi que ce soit d’autre. Aujourd’hui, vu que neuf adolescents sur dix portent des tatouages et des piercings, ce qui faisait jusque-là figure d’ultime déclaration de non-conformisme est disponible dans tous les centres commerciaux. Ca ne signifie plus rien. Et si ça représente encore quelque chose, c’est la mentalité du « je veux être différent - comme tout le monde ». Pathétique. » C’est fort juste et ça fait mal. Richard Metzger ne pointe-il pas, ici, la désillusion de nos rêves d’antan ? Comment s’en défaire sans tomber dans un autre travers pathétique : la nostalgie ?

Je ne réagis pas comme toi à cette déclaration de Metzger. Pour moi, il enterre avant tout les uniformes, en dénonçant au passage leur récupération par le monde marchand. Ce faisant, il n’a pas tort. Il suffit de regarder les chaînes musicales pour s’en convaincre. Porter un piercing ou arborer un tatouage ne signifie certes plus grand-chose mais l’essence même de nos rêves d’antan reste intacte. Oui, la génération MTV laisse à désirer mais évitons aussi les généralisations hâtives. De l’obscurité naîtra la lumière ! L’autoproduction ne s’est jamais aussi bien portée que depuis la démocratisation de l’informatique. N’importe quel site Internet a aujourd’hui le potentiel technique de toucher des dizaines, voire des centaines de milliers d’internautes. Ayant toi-même publié un fanzine dans les années 80, je pense que tu seras d’accord avec moi pour dire que le web a considérablement simplifié la donne. Et c’est ça qui compte au final, d’autant plus dans le contexte actuel ! On s’en moque que Diesel ou Dolce & Gabbana vendent des t-shirts estampillés punks avec des lettrages dégoulinants. C’est énervant mais ça ne fait que souligner leur manque de créativité. Et puis il est quand même assez exaltant de voir des mannequins de mode déambuler rue Tiquetonne avec des t-shirts imprimés du logo du groupe The Exploited, auteur de tubes aussi intemporels que Sex & Violence ou Punk’s Not Dead...

Tu restes mystérieux, dans ton livre, sur tes méthodes de travail. Comment réalises tu tes interviews ? Par mail exclusivement ? De visu ? Si de visu, racontes nous tes plus grandes surprises...

L’immense majorité des entretiens publiés dans la Spirale sont effectivement réalisés par email. Une des très rares exceptions fut ma première interview de Maurice Dantec, que j’avais rencontré peu de temps après la sortie des Racines du mal. L’entretien avait duré quelque chose comme trois ou quatre heures et m’avait demandé un travail considérable de retranscription. J’ai vite réalisé que je ne m’en tirerais pas avec cette méthode et que l‘email était la méthode la plus simple et la plus économique. Mais il m’arrive heureusement de rencontrer certains des interviewés à d’autres occasions. Ce fut le cas de Lukas Zpira de Body Art que j’étais passé voir à Avignon lors du festival Art-Kor.00, de Father Sebastian que j’ai connu à Amsterdam à l’occasion de sa première fête vampyrique sur le territoire européen, de Richard Metzger de Disinformation croisé à New York où il présidait la cérémonie de remise des Schmio Awards (des récompenses décernées chaque année aux pires publicités américaines), de Maxence Grugier du regretté magazine Cyberzone, de Stéphanie Heuze du vidéoclub Hors-Circuit, etc. De nombreuses amitiés sont nées de ces rencontres et ce furent à chaque fois d’excellentes surprises, même lorsque j’ai failli tourner de l’œil en assistant à ma première performance chez Body Art, quand une des participantes s’était enfoncé de longues aiguilles d’acier dans une poitrine qu’elle avait plutôt généreuse.

Il n’y a volontairement pas de repère chronologique dans ton anthologie. On ignore la date des entretiens. Un choix ? Paresse ? Ne penses-tu pas que cela nuise parfois à la compréhension des pensées ? A l’évolution des courants ?

Il n’y a rien de volontaire là-dedans. Il se trouve simplement que les interviews ont été réalisées au fil des années, sans que je me préoccupe de les archiver avec leurs dates de mise en ligne. Dans mon esprit, la Spirale n’était pas appelée à durer. C’était juste une initiative spontanée, bordélique, sans perspective sur le long terme. Sans business plan, pour reprendre une terminologie chère aux acteurs de la défunte nouvelle économie.

De fait, il m’était difficile de me souvenir avec certitude de la date de publication de certaines interviews au moment de leur compilation pour le livre et j’ai préféré tout livrer pêle-mêle au lecteur en me contentant de les situer au travers de deux grands périodes historiques : la cyberculture et les cultures mutantes. Sans pour autant chercher d’excuses, ce sont les évènements et les anecdotes relatées dans ces entretiens qui comptent, plus que les dates de leur réalisation. Lorsque Lisa Palac me parlait de Future Sex et de Mondo 2000 dans son interview, ces magazines n’existaient déjà plus depuis des années.

Peux tu nous parler du Underground Porn Movement, auquel Cindy Plenum a appartenu ? La chose est évoquée dans l’entretien mais impossible d’en savoir plus ailleurs...

Ca fait partie des mystères de la Spirale. Qui est Cindy Plenum, existe-t-elle réellement ? Mon petit doigt me dit qu’il s’agit peut-être d’un canular... Ma seule certitude est d’avoir échangé au travers de l’Internet avec une personne répondant au nom de Cindy Plenum, une actrice dont j’avais lu une biographie ahurissante sur un site consacré à l’industrie du cinéma pornographique de la San Fernando Valley. En tous cas, s’il s’agit d’un invention de toute pièce, son auteur a fait preuve d’un talent indéniable et j’ai tenu à placer cette interview en conclusion de Mutations pop et crash culture tant elle concentre de fantasmes sur la contre-culture. Le côté fictionnel ne me dérange pas, bien au contraire. Pirates du réseau, savants fous, freaks... les interviews de la Spirale, c’est autant d’archétypes fictionnels qui prennent forme dans la réalité contemporaine. Pour ne prendre que l’exemple des modifications corporelles, remodeler son corps à l’image de ses fantasmes, c’est aussi faire le choix de vivre sa propre fiction personnelle, non ? Alexandre Boucherot de Fluctuat me semble avoir mis droit dans le mille en parlant de documentaire-SF à propos de Mutations pop et crash culture.

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