Mai 68

Réclame et droit moral (à propos de la nouvelle campagne des centres Leclerc).

A l’heure où nos médias bruissent de questions
de "droits d’auteurs", de lutte contre le "piratage",
il me semble bien étonnant que seul le silence
accompagne la violation patente du droit moral
des artistes que constitue la campagne de propagande
des Hypermarchés Leclerc.

Sélectionnez un passage du texte et twittez-le directement
C.R.S.
Auteur : Atelier Populaire

Sur nos murs, dans les panneaux de quatre mètres sur trois,
sont reprises et détournée des affiches de l’Atelier Populaire
au travers desquelles le géant de la distribution engage
une campagne populiste pour étendre la domination de la
grande distribution sur le monde économique.

M-E Leclerc plaidait ce matin sur France-Inter pour renforcer
ce secteur au nom de la "résistance" aux concentrations des
industriels, oubliant au passage le rôle des hypers dans
l’écrasement des paysans, des artisans, des petits
industriels,... au travers des "marges arrières". Au nom du
libéralisme débridé, Leclerc s’oppose au gouvernement qui a
décidé, sous la pression de réglementer. Et prend les
consommateurs à témoin.

INFORMATION LIBRE
Auteur : Atelier Populaire

Quoi de mieux dès lors que de reprendre les images du dernier
grand mouvement
de dénonciation de l’Etat que fut Mai 68 ?

Le problème est que Mai 68 était aussi un grand mouvement de
refus de la "société de consommation". Il y a évidemment une
opposition frontale entre le sens des images produites par
l’Atelier Populaire et celle de la campagne Leclerc.

En droit d’auteur, on appelle cela contrefaçon et violation
du "droit moral", cette partie du droit d’auteur qui vise à
protéger la volonté de l’auteur pour éviter les récupérations,
détournements, et usages non autorisés de son oeuvre.

Mais que font la SACEM, les Sociétés de collecte des droits,
les juristes si acharnés à dénoncer les "pirates de salon" et
traîner les gamins en procès pour des téléchargement
sur l’Internet ? Quelle complicités ont-ils pour abandonner
le "droit moral" au profit de la marchandisation de toute
la culture ?

Les oeuvres de l’Atelier Populaire sont volontairement
"anonymes". Artistes, simples militants, agitateurs d’idées se
relayaient dans l’Ecole des Beaux-Arts de Paris pour créer ces
images qui trente ans après ont un pouvoir évocatif si fort.
Même si on connaît quelques uns des animateurs de cet atelier,
ses travaux appartiennent à la culture commune du mouvement
de Mai et de ses suites.

Mais pas à Leclerc et ses histrions propagandistes !!!

« Protéger le marché, leur marché, leur supermarché, leur hypermarché »

Nous sommes devant une violation du "droit moral collectif",
un statut spécifique que les peuples indigènes essaient de
mettre en avant pour défendre leurs cultures et leurs
connaissances, qui sont elles aussi collectives. De même que
les paysans du monde qui défendent les semences fermières usent
cette "propriété collective" pour refuser la "biopiraterie"
(c’est-à-dire la capacité des sociétés commerciales à
s’approprier les biens collectifs).

REFORMES CHLOROFORME
Auteur : Atelier Populaire

C’est aussi pour ces raisons globales qu’il est nécessaire
de refuser cette manipulation marchande de l’esprit culturel
et artistique des travaux de l’Atelier populaire. Il faut que
Leclerc soit condamné, et que l’argent soit versé aux peuples
indigènes qui luttent contre la biopiraterie. Là nous serions
dans le droit fil de la générosité de l’Atelier Populaire.

Reste-il des participants de l’AP (j’étais trop jeune, mais
j’aurais aimé, c’est sûr) pour mener ce combat ? Des qui ne se
sont pas recyclés dans le service de l’industrie du mensonge
et du formatage mental ?

Et si les associations qui héritent du mouvement, qui portent
encore les espoirs de liberté que celui-ci fit souffler sur
la France et le monde, pouvaient s’unir pour un tel procès
contre la marchandisation de nos images collectives ?

Car s’il y a bien quelque chose qu’il faut défendre dans les
changements nécessaires des droits de propriété intelectuelle,
c’est bien le "droit moral" des créateurs, et la notion
d’"oeuvre collective", de "biens communs de l’information".

NOUS SOMMES LE POUVOIR
Auteur : Atelier Populaire

Mais le silence assourdissant des médias sur cette violation des
droits moraux collectifs des auteurs nous montre bien que ce ne
sont ni les auteurs, ni la société que les causeurs veulent
protéger, juste le marché, leur marché, leur supermarché, leur
hypermarché.

Et l’image d’un monde-marché complètement "immoral" avec lequel
ils veulent nous formatter les tranches de cerveau.


Ce texte est sous licence Creative commons, by-nc. Vous pouvez l’utiliser dans l’esprit de sa rédaction :-)))


Vos commentaires

    1. davduf

      Sur le sujet, à lire (et à méditer) également un article du Monde de ce jour.

      Extrait : « " Nous sommes dans un système marchand, une société de récupération et de nostalgie. La mise en scène de la contestation est très appréciée pour son côté ludique", affirme Gilles Masson, président de l’agence Leo Burnett, qui n’a pas hésité à associer le sigle de l’anarchie à la marque Fiat. Ironie de l’histoire, la campagne d’affichage de Leclerc a été perturbée, mardi 15 février, par une grève des salariés de l’afficheur Clear Channel. »

    2. anonyme

      "Il doit bien y avoir des militants anti-pubs pour faire ça". T’es manchot ? Tu sais pas voler des marqueurs ? Chourrer de la peinture ? Te mettre un peu en danger ?

  1. fantomas

    Michel-Edouard et son armée de pubeux-chasseurs-de-cool n’en est pas à sa première provocation : rappellez vous, qqchose comme 2 mois arès les premières actions de barbouillages de pubs dans le métro parisien, ils avaient sorti une campagne d’affiches pré-taguées, avec des ajouts du type " et si j’ai envie aussi d’acheter une tondeuse à gazon" ou encore "trop cher", en gros de la basse caricature des slogans libertaires qui avaient poussé sur les 4*3 en qqs jours...
    Ne reste donc plus qu’a faire comme l’avaient fait le front de libération des panneaux-réclame aus USA quand les publicitaires de chez eux avaient fait la même : il faut re-détourner les panneaux détournés par Leclerc en y ajoutant de vrais slogans libertaires par dessus leur propagande commerciale : par exemple au-dessus du CRS et son bouclier code-barre, "les publicité est la police de ton esprit" ou qqchose du genre...
    C’est inadmissible, reformons des brigades de guerileros casseurs de pubs pour faire tomber Babylone !!!

  2. J.rossignol

    J’ai découvert une des affiches hier, en plein Bordeaux.

    L’oeil attiré par ce grand CRS casqué sur un mur de la ville, mon cerveau reconnait l’image et m’interpelle sur l’étrangeté de la chose. Une image contestataire en 4x3 ??

    et puis le slogan E.Leclerc.. comment dire, c’est pas que ca me choque, mais je me dit que c’est outrancié de leur part. c’est malhonete, c’est pourri !
    quelques mètres plus loin une 4x3 pour un harddiscounter avec un gros morceau de boeuf en blanc et viande. l’association des deux me fait mal au coeur.

    dégouté que des publicitaires et la grande distribution associe leurs étalages et marchandises avec ces symboles de révolte. aucun respect.

    Une seule envie, celle d’allez effacer le slogan leclerc pour redonner toute sa force a l’oeuvre initiale..

  3. Antoine

    L’argument d’Hervé Le Crosnier est totalement foireux. Quand on veut lutter pour la libre circulation de l’information et des idées, on ne cherche pas à museler ses adversaires en utilisant les lois sur la « propriété intellectuelle » (fût-ce le droit moral plutôt que le droit des marques).

    C’est un peu comme les gens qui disaient lutter pour les libertés fondamentales et proposaient d’exercer un filtrage national sur l’Internet : utiliser les méthodes que l’on récuse chez l’adversaire n’est jamais très intelligent...

    Je pensais que ce genre de contradiction avait été compris depuis longtemps et je suis étonné que Davduf, ex-membre du minirézo, n’ait pas vu le lièvre qui se cache dans le vertueux argumentaire ici publié.

    Amicalement

    Antoine.

    1. davduf

      Cher Antoine...

      Sache que je ne suis pas ex-membre du MiniRezo, mais membre de l’ex-miniRézo ,-)

      Ca ne change rien ? Je te l’accorde. C’est juste une pirouette. Comme celle que tu viens de faire ,-)

      Cordialement,
      D.

  4. GoG

    La pub recycle tout. Vraiment TOUT, sans la moindre exception.

    Autant les campagnes anti-pub sont justes, jamais une campagne anti-pub n’arrivera au même niveau que la pub. Il y a une possibilité, une seule : tous ensemble et en même temps, mais rien que là, je sens comme un ennui certain naître dès le "tous ensemble", je ne sais pas pourquoi, une forme de défaitisme avant même la lutte.

    Et la pub détournera toujours plus vite et plus fort que quelques militants anti-pub.

    Il n’y a rien à faire ? Si, éteignez vos télés, et n’allez plus faire vos achats dans les supermarché. Et si vous avez des enfants, soyez très attentif à la pub dans les écoles aussi.

    Et l’emploi ? Ah oui, l’emploi, ça c’est pas simple. Les supers et hypers ont tellement profités des mannes publiques pour s’installer que ce problème de l’emploi (et de toutes les suppressions liées aux installations de ces allées blafardes et bruyantes) ne peut se résoudre qu’avec une volonté politique.

    Zut, j’ai laché le mot : politique.

    Bon, avant de prendre un revers de fortune - un de plus -, j’avoue que j’ai une télé (qui est souvent muette car éteinte) et que je fais des achats, mais que j’évite les sales têtes de gondoles, c’est mon délit de faciès à moi.

  5. ?

    Zète une bande de jeunes blaireaux ! ;-)
    Visiblement Leclerc a bien fait son boulot puisqu’il arrive même à vous faire réagir ! Tour de force ! Maintenant, au lieu de vous attaquer à Leclerc (qui est plutôt le supermag le moins naz d’entre tous niveau socio), attaquez vous plutôt aux autres pubs genre casino carrouf géant superU et que sais-je.
    Ensuite franchement, mai 68 ça a donné quoi ? A part le nihilisme, pas grand chose. Alors bien sur il y a aujourd’hui (40 ans après !) des post punks not dead, qui vont peut-être réussir à construire de nouvelles alternatives... Alors plutôt que tout casser, mieux vaut réhabiliter, récupérer les récupérateurs, proposer... Méthode aïkido quoi. Alors rester ZEN !!!

    Jean Dupond

  6. anar 01

    a titre d’indication nous venons de detourner les supermarchands en collant sur leur affiche le 21 02 :
    QUE LES PETITS SALAIRES LEVENT LE POING
    QUE LES ACTIONNAIRES SOIENT PENDUS AVEC LES TRIPES DES SUPERMARCHANDS...
    nous editerons des affiches si voius en voulez pour répondre à leclerc dites le.
    Vieux soixante huitars je pense qu’il est inutile de s’indigner contre la crapulerie des marchands mais se battre car apres tout "CE N’EST QU’UN DEBUT CONTINUONS LE DEBUT DU COMBAT"

  7. ?

    Je suis completement d’accord avec toi quand tu ecris

    Il y a évidemment une opposition frontale entre le sens des images produites par l’Atelier Populaire et celle de la campagne Leclerc.

    J’ai ai parlé de mon coté aussi ... Je n’ai pas insisté sur le détournement de ces affiches qui sont superbes... c’est déprimant.

    A part ca ce qui m’étonne (je suis un naif) c’est l’absence de réaction complete des medias hors gauche internet, le monde en parle dans un article mais il semble trouver ca marrant, putain ils sont tellement dépendant de la publicité que leur traitement pseudo distancié ne trompe plus personne... bref.

  8. Kilou

    Pffff c’est du n’importe quoi. Je comprends qu’on puisse être choqué par une récupération de l’iconographie de Mai 68 pour cette campagne de pub, au demeurant totalement gerbante (on croit rêver, tant qu’on y est, ça serait pas le gouvernement qui a forcé les Leclerc et consort à nous enculer sur les prix lors du passage à l’Euro ??).

    En revanche, l’argument de la propriété intellectuelle, j’en vois pas vraiment l’intérêt... bouh il nous a piqué nos zimages de Ché Guevara le grand dans la cours, on pourra pu jouer tous seuls à la révolution !
    Attendez, Leclerc récupère comme Mai 68 à récupéré, c’est le jeu, à chacun à être plus fort que l’autre. Et si les gens sont assez cons pour se laisser berner par cette récupération...
    Après, revendiquer un droit de propriété de la part d’un mouvement qui pronait l’échange, le partage, le détournement à outrance (symbolique bien sûr), c’est abusé. L’hopital qui se foutrait de la charité. Et franchement, que l’atelier de ché pu quoi fasse son caca nerveux paske le méchant leclerc lui a piqué l’idée de son CRS, je ferai remarquer à l’auteur que tout le monde s’en bat le steack. Je veux dire que c’est pas ça qui va faire avancer les choses sur ce problème de communication hypocrite de la part de ces empafés de la grande distribution.

    1. davduf

      [le petit papier électronique que j’ai commis sur la campagne
      publicitaire de Leclerc utilisant les affiches de l’Atelier
      Populaire de Mai 68 a été placé sur quelques sites actifs,
      (et je remercie leurs animateurs). Ceci a provoqué des débats.

      Voici un court "follow on" pour repréciser le cadre de mon papier
      suite à une remarque de Alexis Kauffmann et des critiques virulentes
      de Romain d’Alverny sur la liste [cc-fr] ou Antoine Pitrou sur
      la liste [escape_l].

      Hervé Le Crosnier ]

      Alexis Kauffmann wrote :
      Bonjour,
      J’ai mis en ligne l’article d’Hervé Le Crosnier sur Framasoft.
      Et tout de suite un visiteur a détourné l’une des affiches détournées.
      C’est toujours pas très légal mais c’est somme toute assez amusant.
      http://www.framasoft.net/article3621.html

      Bonjour,

      Attention, il ne faut pas prendre au pied de la lettre le
      caractère de "l’illégalité" de la pub de Leclerc qui n’est
      qu’un argument rhétorique dans mon texte. Celle-ci ne pourrait
      être dite que dans un procès, qui manifestement ne peut avoir
      lieu, les actions des associations en partie civile n’étant pas
      encore inscrites dans la Loi.

      Ce qui est important, c’est "l’illégitimité" de cette
      campagne publicitaire en regard des oeuvres qu’elle utilise.

      Le "droit moral" est quelque chose à manier avec précaution,
      au sens où les "travaux dérivés" sont une nécessité culturelle
      essentielle. Il ne faudrait pas non plus s’en priver.

      La question que j’ai essayé de soulever dans ce qui peut être
      conçu comme un "détournement textuel" de la campagne Leclerc
      (je ne suis pas capable de détourner graphiquement, j’utilise
      mes armes personnelles :-)) est à triple détente :

      - il y a clairement atteinte au "droit moral" car il s’agit
      d’utiliser dans l’exact contraire de leur sens premier des
      travaux artistiques. Cela me choque autant quand on utilise
      Picasso transformé en robot pour vendre des bagnoles (même si
      "légalement" sa fille a donné son accord !).

      - les discoureurs sur le "droit d’auteur" plus prompts à
      dégainer quand il s’agit de monnaie sonnante et trébuchante,
      ont devant les yeux un autre aspect du Droit d’Auteur...
      et se taisent.

      - l’exemple des travaux collectifs de l’Atelier populaire nous
      montre que la logique de donner des oeuvres à la société n’est
      pas un sous-produit de l’internet(logiciels libres, creative
      commons, libre-acccès à la science,...), mais bien une
      caractéristique de l’intervention culturelle dans le champ
      politique. Dès lors, la notion de "propriété intellectuelle
      collective", qui est en débat autour des savoirs des peuples
      indigènes concerne aussi nos sociétés riches : ce qui est
      collectif dans nos sociétés mérite d’être respecté (au sens du
      droit moral) autant que partagé (comme un savoir collectif).

      Bon, j’ai forcé la dose pour que l’amertume du café réveille
      un peu les débats. C’est très bien. J’aime la provocation,
      même s’il faut tordre un peu le bâton. On fait de la science
      et du droit "pondéré" et au "juste milieu" quand il y a un
      milieu à construire, c’est-à-dire quand les messages ne vont
      pas tous dans le même sens (commercial) et que se dégage un
      espace de pensée plus large que ce qui serait au fond, après
      élaboration d’un "consensus" et inscription dans le droit,
      la voie d’équilibre que choisira la société.

      L’affiche détournée dont parle Alexis va dans le sens "moral"
      de ce que faisait l’Atelier Populaire.
      (http://www.framasoft.net/article3621.html)

      Romain m’indiquait que les affiches étant "libres", chacun,
      y compris Leclerc, pouvait en faire ce qu’il voulait.

      Pour ma part, j’aurais tendance à penser que si les licences
      Creative Commons avaient existé en 68, l’Atelier populaire
      aurait choisi la licence "non-commercial". Au moins l’usage
      abusif de Leclerc aurait été patent, et celui sur lequel
      Alexis nous attire l’oeil, une oeuvre dérivée.

      Mais on ne refait pas l’histoire, même si en détournant les
      affiches de l’Atelier Populaire pour une campagne publicitaire,
      Leclerc se permet le luxe de la ré-écrire. Mais celui qui tient
      l’argent et le pouvoir a toujours ré-écrit l’histoire.

      Aujourd’hui, le pouvoir, c’est le commerce et son industrie de
      la propagande. Alors je "resiste" en rappelant que l’Histoire
      commune a un sens, et n’est pas seulement une production
      d’icones que le marché pourrait recycler.

      Hervé Le Crosnier

      Ce texte est en licence creative commons by-nc

    1. davduf

      Voici ce qui se passe. Michel-Edouard Leclerc a une sorte de blog, annoncé comme suit :

      « Pour enrichir le débat, pour permettre aux internautes, mais aussi aux journalistes, aux chefs d’entreprise, aux étudiants, de dialoguer avec lui, nous avons créé « de quoi je me M.E.L » le site Internet de Michel-Edouard Leclerc. »

      Or, voici ce que le monsieur écrit en date du 24/02/05 à propos de sa campagne - et on se pince ! et on rit (ajune) ! et on se marre ! :

      « Pour la deuxième année consécutive, mon enseigne lance une campagne pour obtenir le droit de baisser les prix. Pour commencer : trois affiches, placardées sur les murs de France et dans la presse, et dont le graphisme pop art s’inspire des créations de l’Atelier des Beaux-Arts en 1968. A gauche comme à droite, les vieux guerriers ont salué avec humour le clin d’œil. Seuls quelques grincheux ont crié au détournement d’héritage. Le Premier Ministre, lui n’a pas aimé. Surtout l’affiche avec le CRS. Il trouve que c’est un appel à la violence au moment où les lycéens justement se retrouvent dans la rue. Je ne veux pas polémiquer avec lui ; même si franchement son propos est excessif à notre égard. Il ne le sait peut-être pas, mais j’ai une réelle estime pour lui (...) Pour autant, je ne vais pas le contredire. La matraque, sur l’affiche, c’est bien un symbole violent : celui des prélèvements obligatoires et des hausses de prix qui s’abattent sur le pouvoir d’achat des Français. Il a raison, ça fait mal au portefeuille...

      Je l’avoue aussi : avec cette campagne, je poursuis un but politique. Je veux inciter le gouvernement et les parlementaires à tenir compte des attentes populaires. »

      1. Hervé Le Crosnier

        Hop là, M-E L tient son blog, quel meilleur endroit pour une rencontre ?

        Alors j’ai posé la question qui me tarabuste : qui ?

        qui palpe les droits (moraux et patrimoniaux, à moins que le patrimonial ne serve de morale, allez savoir)...

        Voici ce que j’ai laissé sur le blog en date du 24 février... saura-t-on ?


        Cher libérateur des prix,

        à une question du journal Le Monde paru le 18 février, votre publicitaire annonce benoîtement que les droits des images de l’Atelier populaire ont été négociés...

        Je reconnais bien dans ce geste désinvolte la générosité dont vous faites preuve tout au long de cette campagne.

        Mais je m’interroge, et je pense que vous aurez envie publiquement de nous donner une réponse : qui a touché les droits pour l’Atelier populaire ?

        Allez, je vous fais grâce de la somme, que j’espère rondelette, il ne faut pas lésiner quand on est au "carrefour" de l’art et de l’humour.

        Non, je souhaite juste avoir une parcelle de cette "vérité des prix" qui vous est si chère : qui peut bien signer une autorisation d’usage pour des oeuvres collectives ? de surcroît anonymes ? et de prime pour un usage contraire à l’esprit de leur création, dans ce qui fut, je vous le rappelle un grand mouvement contre la "société de consommation" ?