Jacques Brel

Le Seuil, 2018

« On ne vit qu’une heure, une virée avec Jacques Brel »

par davduf, 20 septembre 2018

De Brel, on sait tout, ça ronronne au salon. Brel mérite mieux. Il mérite d’être bousculé comme lui-même défonçait la scène ; sinon, à quoi bon une nouvelle pièce à son Olympia ?

Pour David Dufresne, Brel est tout à la fois un père de substitution, une icône, le chanteur qui braille et qui transpire, comédien de seconde zone, penseur hors-pair, et surtout l’âme-sœur qui aide à lever ses cent kilos, quand la vie se joue de drame en drame. Ses mots sont devenus devise pour la vie : « On fait ce qu’on peut mais il y a la manière ».

On ne vit qu’une heure est un livre avec Brel, autant qu’une biographie de Brel, une invitation à aller voir, comme l’artiste le professait. L’auteur nous embarque à Vesoul et sa fameuse valse-musette, dans la France des camions pizza, des usines oubliées et des centre-ville qui se recroquevillent dès six heures du soir. Que reste-t-il de l’âme du Grand Jacques ? De ses obsessions ? Et de sa quête : serait-il impossible de vivre debout ? Ouvriers, paysans, sans-le-sou, bourgeois et commerçants, David Dufresne brosse le portrait d’une France profonde, joyeuse et brisée. A la Brel.

Un récit sensible et tonitruant, lézardé de chansons, d’entretiens rares du chanteur et de rencontres truculentes, où le passage de Brel à Vesoul se fait plongée policière.

David Dufresne est l’auteur de Tarnac, magasin général (Calmann-Lévy, 2012) et New Moon, café de nuit joyeux (Seuil, 2017).

La Bonne Auberge, un des établissements de Vesoul fréquenté par Brel. Épicentre du mystère.