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#Coronavirus

Corona Chroniques, #Jour57

Par David Dufresne, 11 mai 2020 | 208947 Lectures

DIMANCHE 22 MARS 2020 - JOUR 7

MATIN. Au parlement, adoption de la loi d’« État d’urgence sanitaire ». Sept députés, sept sénateurs, quatre heures de débat. Sur Twitter, Sylvain Ernault, journaliste, livre un live. Il écrit :

« Les tyrans ne sont grands que parce que nous sommes à genoux. » Je suis tombé de ma chaise quand Christophe Castaner a prononcé cette phrase révolutionnaire cette nuit.

Parmi les mesures, la loi va permettre de durcir le non respect des consignes de confinement. Jusqu’à six mois de prison en cas de récidive. Dans l’hémicycle, on s’indigne, à droite, au centre, à gauche, pas de l’absolue nécessité de faire respecter le confinement, mais des moyens quasi-absolus qui sont prévus. Raphaël Schellenberger (LR) juge la mesure « invraisemblable ». Charles de Courson (Libertés et Territoires) : « on passe de la contravention au délit, au-delà de toute proportionnalité ». Christophe Lagarde (UDI) fustige un « effet d’affichage pour BFM TV  ». Et Danièle Obono (LFI) : « c’est une opération de communication, on réagit, surréagit en supposant qu’en passant au journal de 20 heures, cela réglera les choses. Incohérent, d’une disproportion absolue et d’un point de vue pédagogique, c’est contre-productif  ».

APRES MIDI. Tri des photos. Acte 4 des Gilets Jaunes, 8 décembre 2018. Nous sommes sur les Champs Élysées, en attente des véhicules légers blindés que la Gendarmerie promet de ressortir du Kosovo, et de Notre-Dame des Landes. Ma femme prend un souvenir, prémonitoire : on y voit deux blouses blanches, et manifestantes : « convergences des luttes, hôpitaux debout ».

Sur ActaZone, les brèves se succèdent. Mutineries à la prison d’Uzerche, de Saint-Malo, de Rennes-Suzin, de Fleury-Mérogis, de Limoges, de Nice, de Carcassonne, de Meaux, de Longuenesse, de Maubeuge, et encore, de çi, de là. Souvent, les détenus réclament des douches, demandent simplement un linge plus souvent lavé, ou, plus modestement encore : le port de masque pour le personnel pénitentiaire. Ces émeutes ne font quasiment aucune ligne dans la presse.

SOIR. Petit SMS d’une amie de toujours. Elle est à Paris, autre quartier, autre arrondissement, à l’autre bout du monde. Elle raconte sa première sortie, « longue », « seule » : « le silence, poétique ou pesant, m’a frappée. Et aussi le nombre de sans-abri. Et de personnes dans leur voiture à l’arrêt, comme autant de mini-refuges (ils n’y vivent pas) contre la promiscuité ».

Je n’ai qu’une envie, inaccessible : sortir, faut aller voir, comme disait Brel, aller voir ces gens dans leur bagnole, comprendre ce qu’ils fuient, et ce qu’ils y trouvent. Pendant ce temps là, autre effet secondaire de la pandémie : selon le Wall Street Journal, d’autres refuges se portent mal. Airbnb perdrait des centaines de millions de dollars.

A 20h, #OnApplaudit. Sauf erreur, ni Schellenberger ni de Courson ni Lagarde ni Obono ne font les JT du soir.

  • Moral du jour : 7/10
  • Ravitaillement : 7/10
  • Sortie : 0
  • Speedtest Internet : 937 Mbps