« Dernière Sommation » (Grasset) : « Un roman qui prouve que le roman peut être une arme » (Arnaud Viviant, Le Masque et la plume, France Inter)

électro kitsch manifesto

comment un bassiste peut changer ta vie...

la vie [remix]

peer-to-peer contre le pire

par davduf, 20 mai 2003

Tout commence par une ballade dans une maison sérieuse : Heures Creuses. L’ami Chryde évoque le monde du mp3, des mix remixés, des « remix en liberté ».

Dans son article, Chryde écrit notamment : « Dans le vaste débat sur la musique en ligne, le piratage et tout le toutim, on ne mentionne que trop rarement cette frénésie de l’appropriation. Non seulement les internautes téléchargent à l’envi, mais ils triturent, bidouillent, déforment, découpent, empruntent plus que jamais. C’est aussi cela que le peer-to-peer a changé. Comment faire respecter un poussiéreux droit d’auteur ou un copyright décati lorsqu’un morceau, à peine sorti, sert de matériau pour des dizaines d’autres créations ? Que peuvent dire les maisons de disques lorsqu’un musicien décide de rajouter des lignes de basses à un album des White Stripes, distribue les morceaux remaniés en mp3, se rajoute sur la pochette et obtient l’approbation du groupe ? »

White Blood Cells
L’impossible album

La ballade se transforme alors en périple. Découverte du site de Redd Blood Cells. Lectures. La basse, c’est une copie d’Hofner de 1963/64. Une basse à la McCartney époque Beatles. Steven McDonald, l’homme de Redd Blood Cells a laissé son journal intime en ligne. Il raconte pourquoi il tient à proposer son interprétation des White Stripes (best band of the year depuis des années selon mes sales oreilles). Pourquoi il ajoute de la basse dans le boucan guitare-batterie du duo. Comment le groupe cible, les fabuleux White Stripes, lui foutent la paix et ne vont pas l’attaquer. Dans son journal, écrit à l’été 2002, Steve laisse entendre qu’il ne laissera en ligne ses seize titres réinterprétés par ses soins qu’une quinzaine de jours. Le New York Times tire son portrait [1]. Une pochette, décalque elle-aussi, est disponible. L’album s’intitule « White Blood Cells ». Il sera téléchargé à 60 000 reprises.

L’aventure, maintenant. Retrouver les morceaux, et fissa. Steven donne une piste. Si les morceaux ne sont plus disponibles sur son site, autant aller les chercher ailleurs [2]. Go to Xnap, le machin aspire-mp3 bien foutu pour Mac. Une recherche, Redd Blood Cells, et les seize bijoux tombent dans l’escarcelle-disque dur.

Et un monde s’ouvre. Un monde de récupération. De réappropriation. D’insolence respectueuse. D’irrespect insolent. Un monde la vie [remix]. L’envie de tout remixer. Triturer. Détruire. Déconstruire. Reconstruire. Les infos, le boulot, la baraque, la vie même. Tout rejouer, sampler, des premiers fanzines à l’occupation de Saint-Bernard, de l’ex partie trop vite et des parties de foot trop vite finies. Faire du monde un CD avant de décéder. Ne plus consommer, mais tout consummer, tout brûler, pillons les idoles, peer-to-peer contre le pire, de jouer, de rejouer, pile ou face dans ta face. Rewind, re-wind, nous ne sommes que du vent.

Merci Chryde.


Suite à la publication de cet article, le site barbarie.org écrivait ceci : « Action anti-barbarie du 21 mai 2003.
Le remix est un mode de vie. Les créations n’appartiennent plus seulement à leurs auteurs mais à tous. Et c’est à chacun d’en user totalement et librement. Un exemple concret : cliquer. »
. Hey. Merci.


[2Steve écrit : « If you are looking for the actual MP3’s, in honor with keeping with the original intent, they are no longer available here ... check music and file sharing services and good luck. The online CD was downloaded over 60,000 times, so there’s a good chance you will be able to find them out there. »

Messages

  • ... A titre informatif, je me permet de rajouter un autre site sur les remixes et d’en parler.
    Il s’agit du Bjork Remix Web (BRW), qui est malheureusement "en renovation" depuis un an, le webmaster n’ayant plus les moyens d’heberger un site aussi populaire

    Comme son nom l’indique, c’est un site de remixes amateurs de Bjork, sur lequel des passionnes postent leur reapropriations des morceaux de la chanteuse. A la fermeture, le site offrait en telechargement gratuit environ 1200 remixes amateurs !

    Il est a noter que durant les quelques annees de sa vie, ce site n’a jamais rencontre le moindre probleme de droit d’auteurs face a Me Company et Mother Records, possesseurs des chansons, bien que les responsable aient surement eu vent de l’existence du site.

    Voir en ligne : Bjork Remix Web