finito!


la rafale. foire aux questions. [faq off ?]

Questions: lecteurs, étudiants, journalistes, et autres.
Réponses: Davduf


bouton noir Comment est née la Rafale?

Au départ, la Rafale était un projet collectif dont le Web n'était qu'une partie. Nous étions une demi-douzaine à vouloir sortir des tracts, des affiches, des lettres, des bouquins, des fanzines. Tous azimuts et en rafale (d'où le nom...). N'importe quel support, du moment que cela traduisait notre humeur en réaction à l'actualité, à la culture, à la presse, et au reste. Un collectif surréaliste-dada, en quelque sorte (l'amour de la musique en plus, le talent en moins :-)). Pour des raisons qui tiennent aux problèmes bassement humains du collectif (qui fait quoi, quand, comment, et tout le tra lala la), rien n'est sorti concrètement. J'ai donc decidé de faire mon truc dans mon coin. Et c'est devenu le Web en novembre 95. Ceci dit, des projets papier sont en route avec quelques-uns du collectif informel, notamment un recueil de témoignages baptisé «choses inavouables».

bouton noir Objectifs de la Rafale ?

Profiter des fameuses Zones d'autonomie temporaire dont parle Hakim Bey. Prolonger - et renouveler quasi complètement - mon expérience de fanzinat (cinq ans de «Tant qu'il y aura du rock» dans les années 80, quatre de «Combo!» plus tard), sans compter de multiples collaborations à divers fanzines. S'approprier une technologie pour tenter de participer, avec d'autres (mais pas assez à mon goût), à son «humanisation» (le contenu plus que les logiciels et la technique). S'amuser. Provoquer. Voir. Tâtonner. Inciter les autres à faire de même. Sinon, quoi d'autre? L'envie d'écrire, de faire se réunir des textes et des gens. Et aussi: la découverte d'un nouveau médium qui réduit considérablement les problèmes majeurs que connaissent les fanzines (impression, distribution, etc).

bouton noir Des arrières-pensées commerciales?

Non. La Rafale est un site entièrement bénévole. On y participe pour son esprit, par adhérence donc et non pour des histoires de finance. De toute façon, la Rafale n'apparaît pas comme le meilleur moyen d'engranger des bénéfices. Pas de marketing, pas d'alliances économiques, pas de sponsors, aucune ressource financière, rien. Et un contenu trop - hum - décalé (euphémisme, euphémisme). Cette non volonté de gagne-pain est notre plus grande force d'ailleurs, si tant est que nous en ayons une. Le site pourra disparaître comme il est apparu: soudainement. Peut-on être plus libre? Notre vrai problème, c'est le temps. Quel bouffe-temps, la Rafale! Incroyable! 30 mails par jour, au bas mot!

bouton noir Pourquoi l'interactivité n'est-elle pas très présente dans la Rafale?

Elle se developpe peu à peu. Récemment, nous avons lancé plusieurs «débats» sur le site. Ce sont peut-être les meilleures pages de La Rafale, et elles sont entièrement dues aux lecteurs! En réalité, c'est peu à peu que je me suis mis à l'interactivité. Pourquoi? Parce que je m'en méfie: si l'interactivité, c'est «cliquer là, cliquer ici», si c'est faire du texte une nouvelle forme de zapping, je trouve ça zéro. Je préfère de loin les débats, ou les réactions de lecteurs aux articles. C'est d'ailleurs bien là la différence majeure entre le Web et le papier (sans parler des évidences: écran, couleur, mise en page). Ici, les articles «vivent», les réactions s'aditionnent, les nuances sont immédiates. L'urgence, la possibilité de réduire les cadences de parution et de réagir quasi-instantanément à l'actualité sont les avantages qu'offre le World Wide Web. Mais ce sont là des atouts que trop de Webs ont malheureusement tendance à écarter, semble-t-il. Combien oublient d'apporter des modifications ou se donnent des cadences (mensuelles par exemple) d'un autre temps, ou d'une autre nature?

Sur l'écriture proprement dite, plusieurs personnes reprochent à la Rafale la longueur de certains des textes. Mais ce sont les mêmes qui trouvent que si la Rafale a une qualité, c'est d'avoir un véritable contenu. De ne pas être une vitrine de savoir-faire, un site bourré de gadgets vides de sens, ou je ne sais quoi. Et l'un est la conséquence de l'autre. Au sujet des gadgets (frames, java, shockwave): si leur utilisation peut s'avérer judicieuse dans certains cas, je me demande si leur prolifération ne risque pas d'être, paradoxalement, un frein à la création. Il y a six mois encore, faire un site était d'une simplicité déconcertante. L'actuelle surenchère dans la forme pourrait, elle, décourager d'avance les futurs webmestres en herbe. Et, du même coup, «professionnaliser» le World Wide Web avec tous les risques de dénaturation que cela implique...

La véritable interactivité de la Rafale, en fait, est transparente: 80% des gens qui participent au site me sont parfaitement et physiquement inconnus. Ils m'envoient leur production, je regarde, et hop, je hachtéhémèle tout ça, et hop hop, c'est en ligne.


page mise en ligne le 8 avril 1996. modifiée le 23 novembre 1996. http://www.imaginet.fr/rafale/faq.html