« Mercredis des révolutions » : réprimer les révolutionnaires, hier et aujourd’hui

Par David Dufresne, 12 mars 2022 | 1752 Lectures

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Les mercredis des révolutions, Université populaire de la société d’histoire de 1848 – Séance du 17 mars 2022 à la mairie du 18e arrondissement de Paris

Le massacre de la rue Transnonain d’avril 1834, les fusillades de juin 1848, la Semaine Sanglante de 1871… L’histoire des révolutionnaires est aussi celle de répressions terribles. De nos jours, les armes ne sont plus si létales, et fort heureusement, les bilans humains moins atroces, mais la répression toujours s’abat sur celles et ceux qui veulent renverser l’ordre. Aussi sera-t-il intéressant de faire dialoguer ensemble une historienne qui a travaillé sur une des forces de l’ordre du 19e siècle, Mathilde Larrère, et le journaliste, romancier, lanceur d’alerte des violences policières pendant le mouvement des Gilets jaunes et auteur du documentaire Un pays qui se tient sage, David Dufresne. Comment documenter la répression, comment administrer la preuve ? Qui frappe, qui est frappé ? Comment expliquer, justifier, légitimer, mettre en récit ou en image la violence d’État ? Autant de questions qui permettent de faire dialoguer passé et présent.

Avec David Dufresne et Mathilde Larrère, séance animée par Philippe Darriulat

La discussion

  • Introduction, par Philippe Darriulat (00:00)
  • Quelles sources pour l’histoire de la répression au XIXe siècle ? (2:00)
  • La difficulté à obtenir des documents sur les répressions contemporaines (9:00)
  • La nouveauté des réseaux sociaux du point de vue de la profusion des photos ou récits (18:00)
  • Armée, gendarmerie, garde nationale… La diversité des acteurs de la répression au XIXe siècle (21:00)
  • Qui maintient l’ordre aujourd’hui, avec quelles pratiques, quel usage de la violence ? (30:30)
  • Les victimes de la répression et les catégories ciblées (38:00)
  • Les victimes au XIXe siècle : quelle place des femmes en particulier ? (43:00)
  • La question de la violence d’État, et de la mise en récit de la répression (51:00)
  • Les explications à donner à la violence, et le paradoxe d’une répression républicaine en 1848 et 1871 (1:05:00)
  • Mot de la fin par Philippe Darriulat (1:18:00)

Les questions préparatoires au débat :

Question 1 : Les sources
Une question qui se pose à l’historien comme au journaliste. Quelles sont les sources de l’histoire de la répression ou de son signalement pour #AlloPlaceBeauvau. Sur quoi s’appuyer ? Comment administrer la preuve ? Comment compter ? Qu’est-ce qui échappe à l’historien, au journaliste ?

Question 2 : qui frappe ?
Toutes les forces de l’ordre ont-elles également recours à la répression violente ? (on sait que le maintien de l’ordre engage sur les terrains des forces variées, police, armée, garde municipale, garde nationale au 19 e , CRS, BRAV, Police de nos jours). Ont-elles chacune des cultures différentes de la répression ?

Question 3 : qui est frappé ?
Peut-on avoir une approche genrée, ou socialement différenciée de l’étude de la répression d’état au regard des victimes ?

Question 4 : Récits, discours, honneurs
Après 1830 les forces de l’ordre qui ont réprimé la révolution de juillet sont démonétisées certaines dissoutes. Ce alors que les vainqueurs de juillet sont honorés, pensionnés, bientôt enterrés sous la colonne de la Bastille. Mais deux ans plus tard, ce sont les forces de l’ordre qui ont réprimé la révolte de juin qui ont les honneurs de funérailles officielles, un monument au mort au Père Lachaise et une distribution de médaille, quand les morts sont jetés à la fosse commune.

Comment est traitée la violence d’État ? Comment est-elle mise en récit ? Comment est-elle justifiée, légitimée, ou condamnée ? (ce qui permettra de poser la question du conflit de légitimité : qu’est-ce que l’ « ordre » et le « désordre » selon la diversité des points de vue des protagonistes ?

Question 5 : de l’exceptionnel
Nous parlons là de moments de répression exceptionnels, exceptionnels par leur ampleur, leur brutalité, leur bilan. Comment comprendre cette exceptionnalité ? en prendre cs ? Comment l’interpréter ?

L’université populaire « les mercredis des révolutions » est de retour dès le mercredi 10 novembre, à la mairie du 18e arrondissement de Paris, de 18h30 à 20h30. Les séances se déroulent en partenariat avec le podcast Paroles d’histoire, l’hebdomadaire Politis et la mairie du 18ème.

Ces séances sont en partenariat avec Politis et Paroles d’histoire qui les enregistrent et les diffusent en podcast .

Crédit du montage du logo article : @kiosk_kiosquec

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