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Affaire Karachi : écoutez ce qu’a vraiment dit Nicolas Sarkozy

Par David Dufresne, 25 septembre 2011 | 3931 Lectures

Onze minutes et vingt secondes de souffle, de rires, de confidences, de gène, d’exhortation à faire notre métier de journaliste. Onze minutes et vingt secondes de Nicolas Sarkozy tel qu’en lui-même, en marge du diner officiel de l’Otan de vendredi 20 novembre 2010. Onze minutes et vingt secondes d’un Président obsédé par les affaires, en quasi roue libre, mi-détendu, mi tendu, sur Karachi, sur Bettencourt, sur Clearstream.

Extraits :

Michaël Darmon (France 2) : « Qu’est-ce que vous répondez aux victimes de Karachi qui vous interpellent dans les derniers développements ? »

Nicolas Sarkozy : « Pardon, mais… je vous le dis à vous, je le dirai… parfois, certains de vos confrères, je ne leur fais pas le reproche mais, quand même, c’est curieux. La moitié des journaux disent que j’étais le trésorier de la campagne de Balladur. Monsieur Darmon, je vous pose une question est-ce que j’ai été trésorier de la campagne de Balladur ? »

M.D. : « Non. »

N.S. : « Non, je ne veux gêner personne, mais c’est simple de vérifier quand même… Est-ce que c’est pas difficile de vérifier ? Est-ce que j’ai été trésorier ou pas ? Je n’ai jamais été trésorier de la campagne de Balladur. D’autres disent que j’ai été directeur de la campagne de Balladur. Est-ce que j’ai été le directeur de la campagne de Balladur ? J’étais le porte-parole de Balladur. Bon, hein. Pourquoi ne pas être précis ? Deuxième chose, je n’ai jamais été ministre de la Défense, je ne suis pas au courant des contrats de sous-marins négociés à l’époque, avec un président qui s’appelle M. Mitterrand, un Premier ministre qui s’appelle M. Balladur, avec un ministre de la Défense qui s’appelle M. Léotard. En tant que ministre du Budget, je n’ai jamais eu à en connaître ni de près ni de loin puisque même… même… la procédure de validation, vous savez, par le ministre du Budget sur proposition du directeur général des impôts, a été supprimée en 1992 par M. Charasse, octobre 1992. Je n’ai donc même pas eu à le faire. Vous voyez ce que je veux dire ?

« Alors, alors… on me dit, il y a eu des commissions. Parfait. Personne n’a la moindre preuve de quoi que ce soit, personne. Ah, il y a de l’argent liquide sur la campagne de M. Balladur, très bien, OK, dont les comptes ont été validés par le Conseil constitutionnel. Ah oui, mais Sarkozy, c’était un soutien de Balladur, il est président de la République, donc il est dans le coup… Qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Est-ce qu’il n’y a pas un moment, je vous le dis sans être agressé, est-ce que par moments, on peut être sérieux ? Est-ce qu’il y en a un seul parmi vous qui a vu un document qui me mette en cause ni de près, ni de loin ? Mais moi, sous prétexte que je suis président de la République, et que j’ai été porte-parole de la campagne de Balladur… Mais en quoi ? Y a-t-il un document qui me mette en cause, un seul ? »

Un journaliste : « Il semblerait qu’il y ait votre nom, que vous ayez donné votre aval à la création de deux sociétés au Luxembourg… »

N.S. : « Ah, Luxembourg ! Comme Clearstream ! »

Un journaliste : « Non, je ne pensais pas à ça… Des sociétés par lesquelles seraient passées des rétrocommissions ? »

N.S. : « Mais jamais, mon pauvre, j’ai donné mon aval… Mais il y a une pièce qui dit que j’ai donné mon aval ? »

Un journaliste : « Manifestement, elle est dans le dossier du juge, oui. »

N.S. : « Une pièce avec le nom de Nicolas Sarkozy qui dit ça ? Mais enfin, écoutez, jamais. Je n’en ai aucun souvenir. Vous voyez le ministre du Budget qui va signer un document pour donner son aval à une société luxembourgeoise ? Pendant deux ans, on m’a poursuivi pour l’affaire Clearstream au Luxembourg. Tiens, c’était Van Ruymbeke [juge d’instruction, ndlr] aussi, tiens… C’était le même, ah ça, c’est curieux… »

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