The Buzzy Machine

Ballu : kolkhoze rock

Par Ballu, 30 mai 2004 | 5789 Lectures

« Quitte à être une légende, autant être une légende vivante  »
Volkswagen

Alors voilà. C’est simple comme bonjour les Beatles.
Le Ballu serait pour ainsi dire un groupe de rock symphonique exponentiel, composé d’un nombre croissant de musiciens.

Nous sommes un kolkhoze rock qui ne cultiverait qu’un seul champ, une aciérie débonnaire qui n’usinerait qu’un seul standard qui ne le serait pas moins : « Te Touche pas ma biche » dont les paroles font, très exactement :

Un, deux, trois, quatre

Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan

Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan

C’est pas moi qui l’ai écrit cette merde
C’est Arnaud Viviant
C’est pas moi qui l’ai écrit cette merde
C’est Arnaud Viviant

Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan
Te touche pas ma biche
J’ai repris de l’élan

C’est pas moi qui l’ai écrit cette merde
C’est Arnaud Viviant
Non c’est pas moi qui l’ai écrit cette merde
C’est Arnaud Viviant
C’est désolant
C’est Viviant

Ce que j’appelais, moi, en me poussant un tout petit peu du col, un « concept single ». Mais si cette chanson est la seule de notre répertoire, en revanche notre répertoire téléphonique est plein. Nous ne nous comptons plus, au Ballu. Nous sommes de plus en plus nombreux à reprendre, à prendre, à déprendre cette chanson. Nous sommes un groupe de rock monomaniaque dont l’étoile montante n’est pas un musicien ou une belle chanteuse, mais cette étique antienne que nous jouons et réinterprétons, améliorons et détériorons et complétons sans cesse, à la manière d’une Internationale hoquetante.

Nous sommes de plus en plus pléthoriques. Nous formons le contingent des bosseurs de l’acte gratuit, l’armée de l’ombre des intermittents du spectacle continu, les artisans rigolards de l’irrécupérable foncier dans la plus grande et simple joie. Nous sommes la résistance à la Star Academy, les thuriféraires avec quelque chose d’effrontément naïf du « No Copyright  » comme du téléchargement, de même que nous sommes des amis, des « copains » à la Jules Romains. Autant dire qu’on se marre comme des bossus.

Au départ, nous partîmes quatre, Alex, Chris, Tonio et moi, plus le petit Arnaud, notre d’Artagnan, notre Malcolm McLaren au 1/16ème. Mais bientôt, nous revînmes une cinquantaine.

Nous partîmes du Ballu, notre repaire, notre taverne, notre « Chez Moineau » à nous. Nous partîmes enregistrer à deux pas, rue de Calais, l’original de « Te Touche pas ma biche ». Plus tard, Tonio, dans un de ses rares accès d’immodestie, Tonio, l’un des meilleurs guitaristes de ce pays, mon Steve Jones, m’avoua qu’il pensait qu’il s’agissait là d’une des six ou sept meilleures chansons qu’il avait jamais écrites dans son existence. Or, pas plus que lui vous ne savez combien il est supposé en avoir composé : plus d’une centaine sans doute. Alex avait mouillé sa chemise. Après la prise, Chris continuait à triturer ses boutons comme d’habitude, sans piper mot. Le petit Arnaud se demandait s’il ne rêvait pas debout. Il était fier de ses potes, ces vieux mousquetaires partis un matin pour Paris de Nevers.

Le morceau était en effet fidèle à nos espérances : un maximum très con. Un son « garage » tout dans le rouge, avec un sale orgue réellement stupide au premier plan, et les gars n’avaient pas pu s’en empêcher, quelques références de flibustiers à « Police On My Back » au refrain. Dans le studio, nous avions le sourire des Dalton après un hold-up. Le conflit en Irak qui faisait décidément une bonne intro pour la Troisième guerre mondiale nous paraissait soudain bien loin.

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Messages

  • bon, je m’emmerde un peu ce soir, alors :

    j’ai pas zappé et à la fin je me suis dit, bon ouais c’est du rock....

  • Salut, Juste un coucou d’olivier le prof d’eps de Louise Cheneviere ! Bravo et encore...!!

  • Merci les gars ! J’ai rencontré Ballu dans Libé, et après la visite au site, j’ai écouté toutes les versions, et ma nana et moi on est tombés raides dingues du Ballu : le principe, la connerie, et surtout la capacité créatrice des divers membres de la famille Ballu. Sur la côte d’azur, on aime le Ballu ! Vous avez du pot de voir Ballu en concert, à Nice c’est plus improbable, hélas ! Ciao et surtout continuez !

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