La vogue du webdocumentaire (Le Monde diplomatique, août 2014)

Par David Dufresne, 5 août 2014 | 1339 Lectures

L’information numérique évolue si rapidement que les dictionnaires courants peinent à suivre. Au milieu des années 2000, n’importe quel documentaire conçu pour la Toile venait s’abriter sous le mot parapluie « webdocumentaire », aux connotations peu engageantes : budget de production limité, amateurisme de la réalisation, visionnage saccadé. Mais les temps ont changé, et les webdocumentaires aussi.

Le genre tel qu’on le définit aujourd’hui est né en 2005, avec La Cité des mortes. une enquête des journalistes Jean-Christophe Rampal et Marc Fernandez sur la disparition et le meurtre, depuis 1993, de plusieurs centaines de femmes à Ciudad Juárez, à la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis. Déclinaison du livre La Ville qui tue les femmes et du film du même nom diffusé sur Canal Plus, ce webdocumentaire met à disposition des éléments de l’enquête : carte interactive de la région, fiches signalétiques des protagonistes, témoignages audio, documents vidéo. « C’était vraiment le début, on n’avait pas de modèle, se souvient son producteur, M. Alexandre Brachet, fondateur de l’agence Upian. Le webdocumentaire a tellement progressé en dix ans que La Cité des mortes est devenu un bon exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Il a le charme désuet de ses erreurs de conception. Mais, malgré tout, il a posé certaines bases d’un mode de narration qui allait devenir la norme au cours des années suivantes, par exemple avec sa cartographie, très novatrice, presque choquante pour certains. » (...)

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