léon schwartzenberg & les cons.

Par David Dufresne, 24 octobre 2003 | 90 Lectures

L’autre jour, un enterrement au cimetière Montparnasse. Il y avait du monde, mais pas foule. Les gens foulaient des pierres tombales. C’était le foutoir, cahotique, bizarre, il faisait froid, comme à chaque enterrement. Et puis, ils sont arrivés, avec leurs pancartes, d’autres leurs keffiehs, leurs slogans murmurés, leurs gueules d’enterrement. Sous une tente, on signait le dernier hommage. Sur le cahier, les gens parlaient beaucoup d’eux, comme à chaque enterrement. Fallait les voir, les gens, engagés sans respect pour le mort. Merde, léon schwartzenberg, un drôle de type, et un type drôle, vous n’imaginez pas à quel point, un jour, faudra le dire, il était mort et voilà que d’autres s’en servaient encore. Comme porte-corps, porte-voix d’un genre nouveau. Misère.

A part ça.

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Messages

  • Des fois l’automne fait cet effet. Les feuilles et le vent nous tombent dessus, quand c’est pas la pluie ou une irrésistible envie de fuir... très très loin.

    Quand même, sans vouloir participer à ce monde de compétition qui s’inspire des athlètes huilés et anabolisés, Léon détient des records (si j’ose - mais le verbe est libre) qui le déclassent définitivement de certaines cohortes suivistes...

    Petite chaleur qui ne s’éteint pas.

    Il y avait du monde, mais pas foule... tant mieux. C’est pas foule qui compte....

    • Ce n’est peut-être pas foule qui compte mais je dis simplement la chose suivante : tomber dans un élitisme exacerbé par l’irrépressible envie de ne s’exprimer que dans une logorrhée verbale ne possédant de sens que pour celui qui la déclame, voilà bien une incongruité exaspérante également. Le temps du nombrilisme nihiliste élitico-intellectuel est révolu. Pour se faire entendre fort et clair, même en s’inscrivant dans le flamboyant esthétisme typique du courant révolutionnaire bobo, rien ne vaut la limpiditude de l’exactité des choses et des mots. Cela étant dit, vous êtes fort agréable car fort distrayant. Merci de ces quelques instants vivifiants qui nous montrent encore l’étendue du chemin à parcourir avant une bonne compréhension entre êtres de la même espèce.

  • c’est toi l’con on choisit pas qui nous met en terre mais on a les amis qu’on mérite...

  • Léon, comme il se prénommait était un vaillant, un guerrier, qui connut ce que vous autres, impuissants, ne pourraient à peine comprendre. Ces ecrits sur cet Homme au sens noble ne sont que torchons. Ils ne souillent que vous. Je salue l’oeuvre de cet homme, et par ce geste vous renvoie votre image de merdes infames. Celui qui L’aimait.

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deux mails, deux blogs, l’irak et 2001

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