L’histoire. Les groupes. Le mouvement.

yo ! révolution rap

Un (vieux) livre sur le Hip Hop.

Par David Dufresne, 16 mars 2003 | 167739 Lectures

RAP & VIOLENCE


Le Rap est accusé de tous les maux, dont celui d’être violent et quasi pousse-au-crime (il faut rappeler la mort d’un spectateur lors d’un concert de Run DMC et de LL Cool ; la bagarre générale du Long Beach Arena en 1986 et qui fit quarante et un blessés). Ted Devoux de Boo Ya Tribe nous rappelle que l’accusation n’est pas nouvelle : « on se demande si le Rap fait l’apologie de la violence et ça me met hors de moi chaque fois que j’entends ça. Parce qu’il y a d’abord eu le Rock/musique du diable, ensuite c’était le Punk et maintenant c’est le Rap. Pourtant ça n’a rien à voir. Tous les gangsters que je connais à L.A. n’écoutent rien d’autre que des vieux trucs » (170). La plupart des rappers se considéreraient presque plus comme des journalistes que comme des artistes. Le Rap a de fait une fonction et un message des plus directs. « Nous n’encourageons pas à la violence, jure Ice Cube (N.W.A.). Je suis désolé que cela arrive, et je suis désolé que cela arrive dans mon quartier, mais c’est quelque chose dont il faut parler, rien de plus, rien de moins » (147). Tous comparent le Rap à d’autres médium et le rapprochement est judicieux : « je pense que ce que nous faisons est moitié moins violent qu’un putain de film de Rambo. C’est peut-être plus réel, là est peut-être le problème » (185). Dans Squeeze The Trigger (Actionne la détente), Ice-T rappe « ils disent que je suis violent, ils devraient regarder leur télé/Ils disent que je suis brutal, ils devraient surveiller leur police/Je rappe à propos de la vie que les rues m’ont donnée ». KRS One estime injustes ces accusations faites au Rap : « je pense que N.W.A. est un excellent groupe. Je ne crois pas du tout qu’ils soient violents, je pense qu’il faut établir une frontière entre la musique et la fiction/réalité (...) Je ne pense pas que Eazy-E passe son temps à tirer sur les gens ou des trucs dans ce genre. Pour moi, Eazy-E est l’équivalent musical d’Eddie Murphy ou de Richard Pryor [comme une caricature du gangsta]. On n’y croit pas vraiment parce qu’ils ne le font pas réellement. Ils te produisent un spectacle. Où placer la frontière ? Tu vas au cinéma et tu vois des gens se tirer dessus et puis tu écoutes N.W.A. et on les qualifie de violents » (84). Denis Hopper avait rencontré, en son temps, les mêmes problèmes quand il avait réalisé Colors( cf. Rap & Cinéma) : « c’est un problème d’éducation. Un problème social, économique et politique. Pas un problème cinématographique ! Il y a, dans notre société, des gens qui essayent de camoufler sous le tapis ce qui les effraie » (186).

Bien que Kool Moe Dee admette que « les rappers sont à 50% responsables des mauvaises critiques qu’ils s’attirent, qu’ils ont projeté une image sans aucune pertinence sociale ni substance. Il y a eu trop d’insistance sur l’argent. Il faut aller plus au fond des choses » (187) ; Ice Cube souligne avec raison qu’il ne produit pas des disques dans le simple but de provoquer gratuitement : « je pense que ce qui est choquant, c’est qu’un jeune enculé de Noir rappe et obtienne de la presse tout autour du monde. Voilà ce qui est choquant » (162). Chuck-D (Public Enemy) l’a bien compris : « quand je ai écrit Miuzi Weights A Ton, je voulais entendre les journalistes dire : »Hey ! Ils parlent des Uzis« et qu’ils se mettent à réfléchir aux types qui se trimbalent avec de vrais Uzis. Ce que les médias ont fait » (50). La chanson Black & Decker d’Ice-T poursuit la même finalité : « c’est un coup contre le P.M.R.C. [puissante ligue de parents d’élèves, NDT]. C’est tellement idiot de penser que le Rap va inciter quelqu’un à blesser quelqu’un d’autre. Alors je me suis dit : on va déconner et on va percer la tête de quelqu’un pour leur faire savoir qu’il faut en rire. C’est un peu de l’humour noir. On a fait ça pour que les gens qui disent que nous sommes violents aient quelque chose à désigner du doigt » (14). Cette stratégie qui consiste à faire réagir (le public, les médias) se retrouve également chez des gens, tel KRS One, qui habillent leurs disques de pochettes violentes (armes, etc.). Parlant de celle de By All Means Necessary, Kris Parker est catégorique : « ma pochette est violente pour les gens dont je parle et non pour ceux à qui je m’adresse » (83). Il continue : « on travaillait sur un morceau quand Scott La Rock est mort. Le facteur violence est mis en avant par bien des médias. Ils en parlent tout le temps. Mais ce n’est pas du Rap et de la violence qu’ils devraient parler. C’est du crime et de la police. Si un meurtre se produit, c’est un crime et c’est à la police d’arrêter ça. Pas à l’artiste Rap » (87). Et de conclure : « la violence inorganisée, c’est le dealer au coin de la rue qui se fait tuer par un de ses frères. La violence organisée, c’est Coca Cola, IBM, Xerox, Mobil Oil » (82). Si le Rap est violent, c’est - entre autres - parce qu’il a des choses à dire. Beaucoup.

Survol historique des noirs aux U.s.a : revendications et leaders

  • De la « découverte » des Amériques à Marcus Garvey

Le premier Noir qui arrive en Amérique était vraisemblablement Pedro Alonzo Nino, un des pilotes de Christophe Colomb (1492). Donc, contrairement à la légende (que certains rappers perpétuent) le premier noir n’était pas esclave. Les premiers Indentured servants (c.à.d « serviteurs liés par contrat » et non pas encore « esclaves ») en Amérique ne furent d’ailleurs pas des Noirs mais les Indiens exploités sur place, puis des prisonniers européens. Ce n’est qu’au début du XVIIè Siècle que les premiers esclaves africains débarquèrent en Amérique. Les esclavagistes, dès leur arrivée et au cours des ventes d’esclaves, prenaient grand soin de séparer les membres d’une même tribu ou d’une même famille afin d’enrayer toute rébellion. La lutte anti-esclavagiste sera l’une des sources du conflit Nord-Sud qui aboutira à la Guerre de Sécession (1861-1865).
Au tout début du XXè siècle, les lois Jim Crow instaurent juridiquement le système de caste, la ségrégation et l’inégalité. En 1909, l’Association Nationale pour l’Avancement des Gens de Couleur (N.A.A.C.P.) se constitue. Elle est aujourd’hui encore un des plus puissants groupes de pression aux U.S.A. Un an plus tard, en 1910, nait la National Urban League (elle aussi encore bien vivante, cf. le Stop The Violence Movement). Marcus Garvey (né à la Jamaïque en 1887) ne tarde pas à devenir un des premiers leaders noirs. Sous l’influence du Noir egyptien Duse Mohammed Ali, il va glorifier la négritude et prôner le retour à l’Afrique avec son organisation l’U.N.I.A. (fondée en 1914). L’idée de retour en Afrique/patrie des noirs n’est pas nouvelle (elle remonterait aux années 1800) mais Garvey en est le premier grand porte-parole. Sa popularité sera grandissante - bien qu’il fût jugé souvent trop virulent - jusqu’à ce qu’il soit arrêté en 1922 pour « utilisation frauduleuse des services postaux » (!). Il fut condamné à cinq ans de pénitencier et se vit en fait déporté à la Jamaïque.

  • Des années 20 aux Rockin’ 50’s

Pendant la Dépression, le Parti Communiste Américain se fait le défenseur de ceux qui « osent » montrer leur couleur : rouge ou noir. Il lutte contre les préjugés raciaux dans les usines et syndicats, pousse les Noirs à l’action directe, empêche les expulsions de locataires noirs. Ce rapprochement est peut-être une des raisons de ce que sera, plus tard, le programme marxiste du Black Panthers Party. Mais l’entente communistes/Noirs ne dure guère (le PC U.S. ayant fort à faire avec d’autres alliances).
On trouve quelques personnalités de couleur au sein du gouvernement démocrate qui instaure le New Deal dont certaines mesures sont favorables aux Noirs. Joe Lewis (boxeur noir) bat Max Schmeling (l’espoir nazi). En 1936, Jesse Owens et d’autres sportifs raflent les médailles aux Jeux olympiques de Berlin, et deviennent à leur tour héros nationaux. C’est la victoire des Noirs sur la Connerie aryenne. En 1940 paraît Native Son de l’écrivain noir engagé Richard Wright. Il connait un tel succès (public et d’estime) qu’il crée l’événement. Les Jazzmen, puis les Bluesmen, ne sont plus les seuls artistes noirs à être reconnus. D’autres livres, de Chester Himes, James Baldwin, etc., eux aussi basés sur la critique sociale et l’Humanisme, ne tardent pas à sortir. La Seconde Guerre mondiale crée de nombreux emplois (fabriques d’armes, etc) et les industriels du Nord sont contraints d’embaucher de plus en plus de Noirs fuyant le Sud. En 1942, l’armée U.S. est obligée, par manque d’effectifs, d’engager des Noirs et de les traiter d’égal à égal avec les Blancs (ce qui n’empêche pas les injustices comme celui de la ségrégation du sang dans les hôpitaux de la Croix-Rouge). C’est le début de l’intégration, qui va se généraliser dans les années 50. A coups de scandales et de manifestations, la scolarité pour les Noirs se développe.

  • Martin Luther King

C’est à ce moment que Martin Luther King va jouer un rôle immense. Né le 15 janvier 1929 à Atlanta (Georgie) il est fils et petit fils de pasteur. C’est sa mère qui lui inculque la fierté d’être noir. Il entre très vite en high-school, se destine au barreau comme avocat (pour combattre les lois ségrégationnistes) puis à la médecine (parce que les plus démunis manquent de docteurs). C’est le prêtre de son college qui le pousse à suivre des études théologiques. Après un diplôme de sociologie, il devient pasteur en 55, à Montgomery (Alabama). C’est là, à l’hiver 55/56, qu’il rencontre la fameuse Rosa Park qui allait, en rentrant de son travail, refuser de s’asseoir au fond d’un bus, parmi les places réservées aux noirs. Le boycottage des bus de Montgomery - lancé par le Dr King - marque le début du combat pour les « Civil Rights » aux U.S.A. Dans plusieurs villes, des boycottages similaires se produisent. James Brown enregistre Say It Loud, I’m Black & I’m Proud (« Dites-le fort, je suis noir et j’en suis fier »). La Cour Suprême doit la même année condamner la ségrégation dans les bus et impose son arrêt. Martin Luther King est élu président du Rassemblement des Leaders Chrétiens du Sud et part en Inde où les principes de la doctrine gandhienne influencent ses stratégies de lutte et sa théorie. A son retour aux U.s.a, il est le porte-parole d’un vaste mouvement en faveur des droits des Noirs (abolition de la ségrégation, droits de vote et au travail, meilleur système éducatif, etc). Le 28 août 63, ce mouvement atteint son paroxysme avec sa marche sur Washington qui regroupe 500 000 personnes. Le Dr King y lance son célèbre : « I Had A Dream ». L’année suivante, le Civil Rights Bill est signé par le Président américain, tandis que King reçoit le prix Nobel de la Paix. En 65, c’est le Voting Rights Act qui est conclu. Après avoir connu deux plastiquages de sa propre maison, une vingtaine d’emprisonnements, et blessé à plusieurs reprises, King meurt assassiné à Memphis le 4 avril 1968. La date de naissance de King a été choisie comme fête nationale (celle de sa mort est célébrée pour la cause qui est encore loin d’être gagnée et en protestation aussi contre la commémoration nationale officialisée) ; il faut noter que c’est la première fois qu’aux U.s.a une fête nationale célébre un Afro-Américain.

  • Nation Of Islam/Malcolm X

Dans le même temps, d’autres mouvements noirs agissent. Plus violemment cette fois-ci. Dans les années 20, WD Fard fonde la secte Muslims, inspirée du Garveyisme. Fard prétend être originaire de La Mecque. Un temple de l’Islam est édifié où les fidèles sont rebaptisés : on garde leur prénom auquel on adjoint un X. En 1935, Fard disparaît - comme il l’avait annoncé - et laisse sa place à Robert Poole, rebaptisé Elijah Muhammad en rejet des noms américains donnés par les Blancs. Les Black Muslims/Nation of Islam s’apprêtent à prendre leur essor : ils prônent le séparatisme afin que les Noirs soient épargnés de la condamnation de l’Amérique par Allah. Tout comme Garvey, Muhammad lance des restaurants, des magasins d’alimentation, de confection, etc. Pour s’en sortir, l’indépendance, voire le contrôle sur l’économie est vital. Malcolm X fait alors son entrée dans l’Histoire. Il est né en 1925 à Omaha (Nebraska) sous le nom de Malcolm Little. Son père révérend, rallié au Garveyisme, est victime d’un incendie (provoqué par le Ku Klux Klan). Sa mère sombre dans la folie. Malcolm est conscient de sa négritude dès le lycée quand un de ses professeurs le décourage d’être avocat et lui conseille« les métiers manuels réservés aux Noirs ». Il part pour Boston, abandonnant ses études, pour s’adonner rapidement au trafic de drogue et à la petite délinquance ; il est arrêté en 1945 et passe sept ans en prison. C’est là qu’il se convertit à l’Islam, sous l’impulsion de codétenus ou sous l’influence de son frère (on ne sait plus trop), manifestant ansi son mépris pour le Christianisme qui a admis et parfois encouragé l’esclavagisme en Amérique. Dès sa sortie de prison, il adhère aux Black Muslims. Il en devient vite un leader, après avoir été nommé Ministre du Culte et responsable de l’organe officiel. Il reçoit beaucoup de lettres de menace. En 57, il organise l’encerclement d’un commissariat de Harlem pour délivrer un camarade battu par la police. Ses mots d’ordre (« By All Means Necessary » , « par tous les moyens nécessaires »), trente ans après, résonnent encore dans la communauté noire, donc chez certains rappers (cf. Public Enemy, KRS One). Il fut très critique envers la bourgeoisie noire qui, selon lui, singe la bourgeoisie blanche et fait dire à cette dernière que« le problème noir n’existe pas puisque certains d’entre eux réussissent ». Il fut aussi le premier à clamer sans cesse que le Noir n’est pas inférieur au blanc. Pourtant, il se fait exclure des Black Muslims en 63. Il en sera banni officiellement - il l’est toujours - pour avoir choisi un Islam multiracial et non uniquement noir comme le prônait Elijah Muhammad. Autre raison invoquée : une remarque qu’il aurait faite à propos de la mort de Kennedy (« un juste retour aux choses ») aurait déplu à Muhammad (officieusement : il aurait mis en doute un peu trop fort la foi d’Elijah Muhammad et révélé sa vie sexuelle « légère », en désaccord avec la philosophie de la Nation of Islam).

Il fonde en 64 la Mosquée Musulmane puis l’Organization for Afro-American Unity (O.A.A.U.) qui s’appuie sur les pays du Tiers Monde (il faut noter que l’émergence des Etats Africains dans les années 60 a grandement stimulé les Noirs américains pour se battre pour leurs droits. Les ambassades, les délégations aux Nations Unies, de ces pays fraîchement décolonisés pesèrent sur la politique intérieure américaine). Après un voyage au Moyen Orient (son second), Malcolm X change son nom en El Hadjj Malik El Shabbaz. Début février 65, il laisse entendre que l’O.A.A.U. pourrait prendre une évolution d’autodéfense plus stricte tout en se rapprochant de certains Blancs, les anti racistes (des associations essentiellement blanches, comme l’American Civil Liberties Union ou l’Anti-Defamation League [émanation de l’association juive B’nai B’rith] aident à cette époque les noirs et en prennent souvent la défense). On tente de l’empoisonner (la C.I.A. est mise en cause), sa maison prend mystérieusement feu quelques jours plus tard et finalement, il est assassiné le 21 février 1965. Son assassinat reste non élucidé (bien que fréquemment imputé à des Black Muslims restés fidèles à Elijah Muhammad). Michel Fabre retient de lui que « c’était un véritable révolutionnaire qui, tout en condamnant le racisme à rebours [c-à-d le racisme des Noirs sur les Blancs, NDA], considérait la force comme l’ultime moyen de détruire un système injuste, et ceci explique son influence posthume. Nombre de Noirs qui ne partageaient pas ses opinions se considèrent aujourd’hui comme les héritiers de son message : éviter le »piège de l’intégration« , replacer le problème noir dans son contexte économique et mondial, enfin, organiser la communauté noire pour sa propre protection et, éventuellement, pour une action de représailles » (1). « Naturellement, je pense, avoue Spike Lee, que la technique de Malcolm X fonctionne de manière plus efficace aujourd’hui que celle de Luther King, c’est pourquoi j’ai choisi de mettre la citation de Malcolm X en dernier [à la fin de Do The Right Thing] » (43). Pour KRS One, Malcolm X est un générateur d’idées : « ni un mentor, ni un gourou. Comment pourrais-je suivre quelqu’un qui était lui-même en train d’apprendre ? Je peux juste essayer de comprendre sa vie d’homme noir. Il est nécessaire de réaliser que le monde est tel qu’il est à cause d’une minorité : Bush, Thatcher, les gouvernements suédois, français, allemand, etc., qui veulent plus, toujours plus. C’est à cause de gens comme eux que l’esclavage, le racisme sont nés. La majorité des gens ne demande qu’à manger et un endroit pour dormir. Les Blancs ont été trahi par leur propre race ; les Noirs, les Indiens, les Orientaux par la race blanche. Malcolm X a fini par le comprendre et c’est pour ça qu’il a été assassiné » (82).
A l’attention de ceux qui « effacent » un peu rapidement la fin de Malcolm X, voici une de ses toutes dernières déclarations : « la pire forme de mal est le mal qui est basé sur le jugement d’un homme en fonction de la couleur de sa peau ».

  • Black Panthers Party, Yippies et autres

Un pas vers « la lutte armée » est franchi avec la constitution à l’automne 66 en Californie (Oakland) du Black Panthers Party. Ses fondateurs, Huey Newton et Bobby Seale (deux lecteurs de Frantz Fanon, fascinés par Mao), voulaient dans un premier temps défendre leur ghetto contre toute attaque policière. En mai 67, en s’attaquant au Capitole de Sacramento, leurs parades en blouson de cuir et bérets noirs, armes à la main, deviennent prestigieuses. Ils s’allient à des organisations blanches radicales (comme le mouvement Yippies de Jerry Rubin, variante armée des Hippies, cf. plus loin) pour « transformer le système décadent, réactionnaire et raciste » de l’Amérique ; créent des « écoles de libération » (reconnues d’utilité publique dans les années 70), des centres de soins et font des distributions gratuites de vivres dans les ghettos. Mais ils sont bientôt pourchassés par la police et le F.B.I. (trente Black Panthers tomberont sous les balles policières) et dès l’automne 67, Huey Newton est emprisonné. Son remplaçant à la tête du Black Panthers Party, Eldridge Cleaver, en compagnie de Jerry Rubin, se présente aux élections présidentielles en tant que candidat du Peace & Freedom Party (il s’est préalablement associé avec Rap Brown et Stokely Carmichael (l’homme qui publia le manifeste « Black Power » en 67 avec Charles Hamilton), tous deux issus de l’influent et méconnu SNCC. Promptement, Carmichael (que Cleaver accuse d’être un agent du F.B.I.) et Brown (la loi dite « anti-émeute » fut surnommée « Loi Brown » ? se séparent de Cleaver, estimant que celui-ci possède trop d’alliés blancs. En septembre 68, Newton passe en jugement (procès médiatisé dans le monde entier qui fera connaître les Black Panthers à l’échelle planétaire). Il sera mis en liberté provisoire à partir de 1970. Cleaver ne tarde pas à se faire inculper à son tour (un comité international se forme pour le défendre) mais il préfère s’exiler en Algérie (via Cuba) en 69, d’où il écrit l’introduction du manifeste Do It de son ami blanc et frère d’armes : Jerry Rubin. Bobby Seale est jeté en prison après le procès/mascarade du Black Panthers Party (novembre 69). Il deviendra écrivain. Le début des années 70 est fatal à la « Black Revolution ». D’après le magazine Actuel (2), le parcours post-60’s de certains de ces leaders ne serait pas des plus brillants. Huey Newton, par exemple, se serait servi durant les années 70 du Squad (branche ultra des Black Panthers) comme d’un groupe de racketters, n’hésitant pas à violer ou à tuer toute personne qui s’opposerait à eux. Ce qui est sûr, c’est qu’il fut assassiné en août 89 par un jeune dealer du nom de Tyrone Robinson. L’avocat des Black Panthers avait alors mis en cause le FBI. Eldridge Cleaver (toujours selon Actuel), après un passage en Corée Du Nord, s’était lancé dans la confection de vêtements fantaisistes en 78. Depuis, il serait au service d’une ou plusieurs sectes religieuses. Quant à Jerry Rubin, il est devenu, aujourd’hui, son propre contraire : il va d’universités en colleges, à coups de dollars, discourir sur les bienfaits du libéralisme...

Du côté des Arts (comme disent les Historiens, les vrais, je n’en suis pas...), la Soul Music et certains Jazzmen (John Coltrane, les Pharoah Sanders) jouent un grand rôle dans la nouvelle conscience noire. Le poète Gil Scott Heron ou, mieux, les Last Poets (réels précurseurs du Rap) iront encore plus loin au début des 70’s : ils exalteront la fierté noire (ex : Wake Up Niggers, White Man’s Got A God Complex, Run Niggers, When The Revolution Comes).

  • Nation Of Islam/Louis Farrakhan

Quand meurt en 1975 Elijah Muhammad, c’est son propre fils, Wallace qui tenta de reprendre les rênes de la Nation de l’Islam. Mais c’est avec Louis Farrakhan, au début des années 80, que la N.O.I. recouvre véritablement sa puissance (il réussira à rassembler 40 000 personnes au Madison Square Garden en 1985). « La Nation Of Islam n’est pas comme ces sectes qui pratiquent l’Islam. Avec nous, explique Professor Griff, il faut arrêter de boire, de se droguer et de faire des conneries. C’est essentiellement une religion de discipline, et la discipline, c’est ce qu’il faut donner à l’homme noir en Amérique » (45).
On sait en France finalement assez peu de choses sur Farrakhan. D’après Sub-Rock (3), il aurait été mis en cause - sans aucune preuve - dans l’assassinat de Malcolm X par la femme même de Malcolm X (cela soulève d’ailleurs la contradiction de certains Noirs américains actuels - dont quelques rappers et non des moindres - qui se revendiquent et de Malcolm X et de Farrakhan alors que le premier fut, on l’a vu, exclu de la Nation Of Islam que dirige actuellement le second). Certains certifient que le ministre Farrakhan serait associé au National Front anglais, d’autres affirment que Kadhafi l’aurait ouvertement soutenu. Chose absolument irréfutable, ces très graves propos tenus en juillet 88 par David Holland (qui n’est autre que le Grand Dragon des Chevaliers blancs Sudistes du K.K.K.) : « je respecte certains dirigeants noirs qui, comme Louis Farrakhan, défendent l’intégrité de leur race. Avec eux, nous menons un combat pour aboutir à une véritable ségrégation » (4). On sait que certaines troupes de la Nation Of Islam s’entraînent avec celles du K.K.K. Bien sûr, et cela a été maintes fois démontré et publié, Louis Farrakhan est indéniablement antisémite : n’a-t-il pas déclaré qu’« Hitler était un grand homme » au New Statesman le 13 Mai 1985 ? Ce que je ne m’explique pas, c’est pourquoi des gens a priori au dessus de tout soupçon comme KRS One (qui vient de produire un 45t avec Farrakhan lui-même au micro !) ou Afrika Bambaataa (fondateur de la pacifiste Zulu Nation en 75) le soutiennent : « les gens disent de lui qu’il est antisémite simplement parce qu’ils en ont peur. Mais si tu vas le voir et si tu l’écoutes, il te rend les choses claires et limpides. Il te parle directement, quoi qu’il dise sur les Blancs, il le dit aussi sur les Noirs ; s’il critique les Juifs pour quelque chose, il dira quelles sont les erreurs des Musulmans » (6). L’image de Farrakhan ne correspondrait-elle pas à la réalité ? Ou son charisme serait-il trompeur ? La question reste posée. Toujours est-il que la presse française un peu sérieuse relate qu’il a un programme pour les plus démunis et que ses propos sont souvent amplifiés et déformés. Malheureusement, le trouble (le mot est faible) par manque d’information (et pourtant ce n’est pas faute d’en avoir cherché) est jeté. Nicole Berheim (7) rappelle qu’à la fin de la Seconde Guerre mondiale, pas mal de lieux publics comportaient encore des écriteaux : « Interdit aux Juifs et aux Nègres » ; que jusqu’aux années 70, l’Urban League et le National Association For The Advancement Of Colored People avaient des présidents juifs et que « le premier maire noir de Los Angeles, Tom Bradley, a été élu trois fois, dit-on, grâce au soutien financier des Juifs de la ville restés solidement démocrates » (7). Mais les rapports se sont tendus entre les deux communautés comme le retrace Nicole Berheim :« ce qui est vrai, c’est que les Noirs ont suivi les Juifs dans les quartiers d’immigrants pauvres et que les rapports entre les Juifs qui grimpaient dans l’échelle économique américaine et devenaient propriétaires d’appartements et de magasins dont des Noirs pauvres étaient locataires et clients n’ont pas tardé à se dégrader. Pourtant une certaine solidarité d’exclus a persisté. Victimes du même racisme bien pensant de l’Amérique »blanche et protestante« , dont le Ku Klux Klan est une caricature toujours vivante, les Juifs se sont trouvés au premier rang des blancs qui ont milité aux côtés des Noirs dans les années 60 pour les droits civiques des Américains de couleur. Mais l’intérêt grandissant des intellectuels noirs pour le Tiers Monde s’est rapidement traduit par des sympathies appuyées à l’égard de la cause palestinienne, une hostilité croissante à l’égard d’Israël et une méfiance teintée, à l’occasion, d’antisémitisme pour la communauté juive américaine » (7). Ceci expliquant cela, sans le justifier pour autant et encore moins le rendre tolérable.

  • Five Per Cent Nation

La Five Per Cent Nation est un autre mouvement islamique, davantage basé sur le culte mystique (faits solaires, mathématiques et alphabet suprêmes, etc.). Il fut créé en 64 à New York par Clarence Jowars 13 X Smith, après son expulsion du Temple Number 7 de Malcolm X avec comme devise « les noirs sont la réincarnation d’Allah à travers le soleil ». Big Daddy Kane, célèbre rapper, en est membre et nous en dévoile les grands principes : « Five %, ça veut dire : islamique, rigoureux, la Nation des 5%. 85% sont tenus en arrière parce qu’ils sont idiots, sourds et aveugles, ne respectent pas ce qu’ils sont ; on leur a volé leur nom et leur culture. Ensuite, il y a les 10% à qui on a fait croire qu’ils étaient faits pour porter des noms comme John ou Dennis. Ils ne se rendent pas compte que leurs noms sont Elijah et Kamau. 5%, ce sont ceux qui ont la connaissance de soi, donc la connaissance de tout dans l’existence. Si tu es un Five percenter, alors tu sais que tu es Dieu. Dieu est le centre de l’Univers, l’homme asiatique, l’Etre suprême (...) La Nation Of Islam place la sagesse avant le savoir. Dans la Five Percent Nation, nous croyons que nous ne pouvons pas trouver la sagesse avant d’avoir cherché le savoir » (8). Bien que ne s’entendant pas très bien avec Big Daddy Kane, Rakim (celui d’Eric B, et qui se proclame carrément Rakim Allah, c’est à dire Rakim Dieu...) est également adepte de la 5% Nation (des symboles Islamiques comme le 7 ou l’étoile et le croissant apparaissent dans leurs vidéos) tout comme certains membres de la Flavor Unit dont le tolérant et ouvert Lakim Shabazz.

  • Jesse Jackson

Difficile de passer sous silence le célèbre pasteur démocrate Jesse Jackson, qui est l’homme politique noir le plus populaire du moment. N’a-t-il pas failli, lors de la campagne présidentielle de 1988, créer l’Evènement ? Son « Qui suis-je ? Je suis quelqu’un ! Je suis quelqu’un ! » est en droite ligne des cris que lançaient les leaders Noirs américains des années 50/60. Il est respecté par la majorité des Noirs américains (bien qu’il se soit vu accusé de s’occuper plus de lui que de la communauté noire). A tel point que certains rappers se sont exprimés en sa faveur à maintes reprises (Melle Mel a même sorti un 45t/hommage : « Jesse » ; Run DMC ont joué pour lui, Stetsasonic ont enregistré un single avec lui, etc). Pour pallier les dérapages antisémites de Farrakhan et les siens propres (n’a-t-il pas fait référence à New York en tant que « Hymietown » (littéralement : « Youpinville ») lors de la campagne d’investiture au poste de candidat démocrate durant les présidentielles de 1984 ?), il s’est rendu en novembre 85 à Genève pour y rencontrer Gorbatchev et lui présenter une pétition en faveur de la Paix et de la sortie des Juifs soviétiques d’U.R.S.S. C’est encore lui qui sera le premier à acceuillir des otages du conflit Irak/Koweit. Enfin, il aidera le radical Reverend Al Sharpton dans sa carrière politique (celui-ci a lancé le National Youth Movement puis l’United African Movement. Il fera de la prison pour avoir dirigé une manifestation non violente. Il est l’un des leaders noirs montants, soutenu par Spike Lee, le réalisateur de Do The Right Thing).

Pour d’anciens activistes un brin nostalgiques, tel John A.Williams (aujourd’hui écrivain), ni Farrakhan ni Jesse Jackson ne possèdent l’aura ni la puissance d’un Malcolm X, en qui les Noirs voient maintenant un autre homme, beaucoup plus radical et révolutionnaire qu’on le supposait : « ce sont les blancs qui avaient choisi Martin Luther King parce qu’il leur faisait moins peur que Malcolm X, Rap Brown ou les Panthères noires. Jesse Jackson et Louis Farrakhan s’adressent à la même clientèle mais Jackson a des gens plus intelligents avec lui (...) ; de toute façon, ils savent [tous les deux] qu’ils se feraient tuer avant d’arriver au pouvoir, et ils n’en ont pas envie. Mais ils répondent en ce moment à un sentiment qui se répand dans la communauté noire : la solidarité avec le Tiers Monde » (9).

  • Bourgeoisie noire et Afrocentrisme

Ce sont dans des années 80/90 qui ressemblent, comme le souligne Afrika Bambaataa, aux 60’s par certains côtés (marches militantes généralisées en faveur de la paix, contre la pollution, le nucléaire, le racisme) que s’exprime le Rap. Et à travers lui, l’Afrocentrisme. Concept placé à des années lumière des success-stories d’acteurs comme Bill Cosby (à bien y réfléchir, son show ne présente pas autre chose que l’image d’une famille noire - des medecins - parfaitement à l’aise dans une société qui continue à « ignorer » 13% de sa population) ou Eddie Murphy (mais les deux explosent tellement le box-office ou l’audimat, égalant et dépassant même parfois certaines stars blanches, qu’ils sont adulés par l’écrasante majorité des black americans) ou du journal Ebony (équivalent noir américain de Paris Match, revue qui tire à plus de un million 700 000 ex). Pour John A.Williams, c’est le prolongement de ce qu’a toujours été la communauté noire, c’est-à-dire : « divisée : il y a d’abord eu les Noirs libres et ceux qui étaient esclaves, ceux qui étaient très clairs et ceux qui étaient foncés, ceux du Nord et ceux du Sud. Aujourd’hui, il y a la classe moyenne et les ghettos » (9). Nelson George, cofondateur du Stop The Violence Movement, va plus loin : « il y a une chose qui marque cette époque, c’est que nous sommes aussi critiques envers l’Establishment blanc qu’envers l’Etablishment noir (...) En ne critiquant pas Ebony ou le maire de Washington, nous nous faisons du mal nous-mêmes » (10). D’où le recours à l’Afrocentrisme, philosophie (à la fois héritée et adaptée des luttes de Garvey, Malcolm X, King et autres) qui utilise l’Afrique comme référence politique, culturelle et économique (cf. « Rap & Afrocentrisme »).

  • Criminalité :
    * Le meurtre est actuellement la première cause de décès pour les hommes noirs entre 18 et 34 ans, 94% des assassinats de Noirs sont commis par des Noirs (15).
    * 90% des cambriolages de noirs sont commis par des noirs (15).
    *121 meurtres imputables à l’ultra droite de 80 à 86 (6).
  • Prison :
    *23% des jeunes Noirs de 20 à 30 ans sont en prison ou sous contrôle judiciaire (16). 46% des prisonniers sont noirs.
    * 2000 condamnés à mort attendent leur exécution actuellement dans les prisons américaines, dont 40% sont noirs.
    * D’après Didier Daeninckx : « récemment, la Cour Suprême a reconnu qu’une personne coupable du meurtre d’un blanc risque quatre fois plus de se faire condamner à mort que le meurtrier d’un Noir » (17).
  • Drogue :
    * Son « chiffre d’affaires » était pour 1986 de 60 milliards de dollars rien qu’à New York, soit le budget de la ville de N.Y. + celui de l’Etat de N.Y. Elle « employait » alors 300 000 personnes (18).
  • Habitat/Pauvreté :
    * Les grandes villes les plus peuplées de Noirs étaient en 1985 : Washington (70%), Detroit (63,1%), Chicago (39,8%), Philadelphie (33, 6%), Houston (27,6%) & New York (25,2%) (20).
    * 33,8% de la communauté noire était considérée comme pauvre en 85 contre 41,8% en 66 mais 30,3% en 74 (20).
    * Il n’y a plus de chiffres officiels concernant le chomage des noirs depuis 1980 (20).
  • Santé :
    * Sur 24600 cas de sida (à New York seulement) depuis 81, 15000 touchent des Noirs ou des Portoricains.
    * Un homme noir vivant à N.Y a moins de chances d’atteindre l’âge de 65 ans qu’un homme du Bangladesh (19).
  • Sang :
    * En Louisiane, 1/32è de sang de couleur vous rend noir ; beaucoup de documents officiels portent encore les mentions « race caucasienne », « noire », « asiatique », « amérindienne ».
    * Cette loi est tellement absurde que bien des gens considèrent que 28 millions d’Américains blancs ont du sang noir et que les 3/4 des noirs U.S. ont des ancêtres blancs. Et comme le souligne Nicole Berheim : « les mauvais esprits assurent que 20% de la population noire a bel et bien du sang noir dans les veines. Il est vrai que le droit de cuissage des planteurs a duré plus de deux siècles » (7).
  • Médias :
    (en 1986) :
    * 99% des télés restent contrôlés par des blancs.
    * 1,5% des 9000 radios commerciales sont aux mains de noirs.
    * 1 seul des 1700 quotidiens appartient à un noir.
    * 97% des responsables de la presse écrite sont blancs. Time ou Newsweek ne comptent que 5% de rédacteurs noirs. (18).
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Messages

  • Les Editions La Brèche Clandestine Orléans présentent : Rap et révolution / Défi de la jeunesse noire américaine Brochure au format PDF 1,1 Mo en bas de cette page !

    Pour la petite histoire, je suis un disciple de Georges Lapassade ! Je prépare un travail sur les ateliers de poésie urbaine en France.

    Salutations les plus amicales.

    *** Karim ***

    Voir en ligne : LCR Orléans / sommaire... photo Public Enemy pour tout l’été !

    • Bonjour, Je souhaiterai juste entrer en contact avec Karim voir l’auteur de ce livre.G kiffer le petit article,la petite histoire comme il le dit si bien ki reste pour moi la culture hip hop une grosse histoire ss fin.Kan a moi je travail ds une asso ki a pour but de promouvoir les Kultures urbaines. Nous fezons de la promotion d’artiste,street marketing,évènementiel et je mokupe paralèlement d’1 artiste rap Fredy K menbre actif du groupe ATK je vous laisse mes coordonées en l’attente de votre réponse.Tisso 06/64/50/62/67 Mon mail urbankulture@hotmail.com trés bonne continuation . PS:Je souhaiterais de tou keur propozer kelkes idées et pkoi pa partager ou discuter d’1 projet ki me trote ds la tête depuis un bout de temps voir si la personne serait interesser pour son proch1 livre merci. Mes sincères salutations.

    • Salut Tisso j’ai lu ton message pour le livre j’ai vu qe tu t’occupe de freddy k je conai par rapport à l’album d’atk. Je chante en français et en américain un peu à la jaheim dc si ça interresse ton artiste je te laisse mon mail : street.poet@caramail.com

      Elijah

  • Bonjour Davdfuf

    Mon prénom c’est Mel, je suis étudiante en histoire contemporaine à la Sorbonne. Et pour ma maîtrise j’ai choisi d’étudier « le mouvement Zoulous dans les représentations et la société de la région parisienne ». Même si mon mémoire portera plus sur les déviances « à la française » ( et sur leur médiatisation tendancieuse), la Zulu Nation c’est forcément une histoire de hiphop. Or tes connaissances en la matière n’ont plus à être pouvées vu le succès de ton livre, donc si jamais tu avais quelques instants à m’accorder, j’aimerais que tu me parles des années 90.

    Bonne route à toi. elverra@hotmail.com

    • Bonjour, je suis Queen Candy, une des fondatrices de la Nation Zulu Française te si tu veux, tu peux me contacter afin de ne pas écrire n’importe quoi sur les Zulus. Peace

    • Salut, cec est un message personnel à Queen Candy avec qui j’essaye de rentrer en contact depuis quelques temps deja. On se connait depuis l’origine de Spray Can Mag, époque ou nous correspondions ensemble pour le mag, mais depuis j’ai perdu toute trace de notre Queen. Les années ont passés et j’ai meme essayé d’écrire à SCM (cité Picasso) mais la lettre m’est evidemment revenu. Voila si aujourd’hui on peut rentrer en contact à nouveau ça me ferait plaisir. Merci de transmettre ou de me donner ses coordonnées. Mon nom d’époque était KEN et j’habitais à Montrabe (pour me resituer). olivier.armengaud@laposte.net

    • bonjour, on m’apelle vii, je cherche à entrer en contact avec des ’vrais’ zulus pour le projet de création d’un site web qui devrait servir de tremplin aux gens qui ont, comme moi-meme, le désir et la foi de faire revivre la lumière et la réelle lutte, qui se souviennent que le hip hop c’est pas uniquement la benz et trois meufs en string....merci de me contacter au princez@wanadoo.fr PEACE-VII

    • Chere Queen Candy !!

      Travaillant a NY j ai pu voir a quel point la culture hip hop est puissante comme l impacte de la zulu nation contre le « bling-bling » J ai pas mal de questions a te poser sur la zulu nation france ? Comment pourrais-je te contacter ? Vive the true hip hop peace Jay E

    • Queen Candy !!!!

      J ai pleins de questions au sujet de la zulu nation france. Comment puis je te contacter ? Vive the true hip hop ! peace Jay E

    • message pour Queen Candy bonjour j’ai fait qques photos a un concours de graf que tu avais organisé a la courneuve j’aimerais avoir la date : 88 / 89 ?

      si y’a moyen

      merci

      pascal boissiere

      pascal.boissiee@yahoo.fr

    • Bonjour Pascal, c’est Candy. Faut l’faire : ce n’est qu’aujourd’hui que j’ai découvert ton message sur le site de Daveduf ! S kil n’y aurait pas une erreur d’orthographe à ton adresse e.mail ? boissiee ou boissiere ? Manque pas le R ? Quoiqu’il en soit, tu peux m’écrire sur : queencandy@neuf.fr

      À bientôt !

    • Ce message s’adresse à miss Queen CANDY (fondatrice de TZL, Spray can mag... Reine ZULU de Paris !

      je graf depuis 87 et taff sur le projet d’un livre sur le graffiti mais aussi sur une émission de télé sur le net sur la culture HIP HOP (classiqhall) prévu en juin 2008

      je cherche à rentré en contact avec CANDY, mais le mail que j’ai trouvé ne marche pas...

      jetant une bouteille à la mer...

      Merci de me contacter si nouvelle :

      artcoreshow@gmail.com

      Cordialement COMER

    • Salut, C’était en 89 et le thème du concours portait sur la liberté. Y’avait même un graff dédié à mandela qui devait sortir de taule.

    • par hasard je tombe sur cette page en cherchant le nom des sapes trés colorés, style ,le groupe TLC et j’ai lue vos com et suis tombés sur ce message de Queen Candy....et quand j’ai vue le sujet du concours de graff de 89,ça m’a rappelé un souvenir de ouf....j’avais connaissance d’un graff« LIBERTE » de la zulunation....en 89 qui était passé dans une revue de presse nationale et j’avais refait le meme graff dans ma ville.....alors je repense a Candy a Zulu Letter...etc ...a ce jour mon surnom est « lecompasman » et sur you tube vous trouverez des vidéos « lecompasman » ou « le traceur de cercle »ou « cercle sur le sol »si ça vous dit,ayant pratiqué plusieurs discipline de la culture hiphop depuis le millieu des 80 ....respect a Candy et l’époque ou le mov« était »culture hiphop« .....meme si tout n’était pas clean......comme james dean.....on avait »la fureur de vivre" un truc vrai de rue,inventif,créatif.....dommage pour ce que c’est devenue....je m’y recconnais plus depuis plus de 15ans...

  • Salut à tous !

    Je tenais à vous dire que j’ai adoré votre livre (A quand une réédition ?). Nous avons décidément de bons auteurs sur le hip-hop et le rap en France (Georges Lapassade et Philippe Rousselot pour leur magnifique essai « Le rap ou la fureur de dire », SBG et Desse pour leur « Freestyle », Olivier Cachin…) J’officie moi-même sur un site internet consacré au hip-hop avec un pote, webmaster : www.scarla-webzine.com . Mon pseudo, c’est Zili Spike. On se démène comme on peut, entre cours, soirées et repas de familles (sic) pour régulièrement mettre à jour notre p’tit bijou. Donc voilà, je venais ici pour faire un peu de pub et élargir notre cher (et rare) public, qui, je l’espère, appréciera notre boulot. Je serais également heureux d’avoir l’avis du maître sur mes articles. J’ai fait des news et des dossiers en rapport avec l’actualité hip-hop à mes débuts, plus ou moins pompé sur des papiers de Groove ou Radikal, mais on a maintenant trouvé notre véritable identité, et on se concentre plus sur des sujets qui n’ont pas encore été mis en exergue (les relations entre rap et rock, rubrique « articles & dossiers »), des idées qu’on pense originales ou des artistes peu médiatisés, qu’ils soient américains ou français (Dead Prez).

    Je lance pour finir un appel à des rédacteurs, traducteurs, chroniqueurs, et pourquoi pas dessinateurs, caricaturistes qui, comme nous, ont envie de bosser sérieusement (et sans rendement bien sûr, mais aussi sans salaire…) pour le simple plaisir, ou parce qu’ils rêvent de voir un jour leur nom en bas d’un article de la presse spé hip-hop. Avis aux intéressé(e)s ! Contactez-nous à l’adresse suivante : support@scarla-webzine.com.

  • Re-Salut !

    C’est encore Zili Spike. Je viens annoncer à mon cher (et un peu moins rare)public que le site change d’hébergeur (mais ça, vous vous en foutez) et de nom : De scarla-webzine.com, on passe à www.scarla.net @ bientôt les homies !

  • Bonjour je m’appelle nath je fais des études pour être musicien intervenant en milieux scolaire et je fais un mémoire sur le beat box je récupère toute les info possible sur ce sujet:expérience personel,méthode pédagogique avec les enfants les ados,expérience farfelue,fusion avec différent style...Merci d’avance. nath_bianconi@hotmail.com

  • Ce livre est disponible au rayon « musique » de la médiathéque d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

    Voir en ligne : http://perso.wanadoo.fr/lepierretor...

  • peace akhi

    Je rebondis juste sur les saluts à l’encontre de Queen Candy (ça me rapelle désirée aussi) et autres amis de la zulu nation, aux anciens de ticaret, Lionel-D, D-Nasty et consors et juste pour demander une faveur, je recherche désespéremment la video du clip « ndodemnyama » chanté par le crew « hip-hop artists against apartheid » juste avant la libératoin de Mandela de 1990, dans lequel deux rappeurs français venaient se joindres aux grands noms de l’époque, j’ai retrouvé la musique originale mais sans les deux couplets français :(

    Si quelqu’un a un quelconque moyen de me retrouver ça, je lui serait grandement reconnaissant.

    merci à toutes et tous

  • Salut tout le monde ! Je suis étudiant en anthropologie et je dois rédiger pour septembre un mémoire sur le mouvement hip hop sénégalais. Si quelqu’un possède des infos sur ce sujet, peut-il me les envoyer ? Merci à tous.

    Mon mail : julienlandreau@hotmail.com

  • bonjour ! je suis un éducateur spécialisé, j’ai des ateliers de danse hip hop j’intervien dans le milieu scolaire (milieu instutionnel). En décembre je dois faire une conférence sur le mouvement hip hop dans un lycéé j’aurais besoin de plus de renseignement sur la ZULU Nation on peut me contacter sur Paul.filippi@neuf.fr et Merci

  • Bonjour a tous ! Moi, c’est Younes du 90, je suis tombé presque par hasard sur le site...bref, moi je suis étudiant en physique chimie, je sais que ça n’a rien a voir avec le rap mais j’ai vu des aritcle qui m’interesse tout de même non par leur structure moléculaire mais par l’intérêt que je peut leur porté : pourquoi ? très bonne question tout simplement parsque je suis chanteur de rap à côté ! et oui !!! donc si quelqu’un peut ou veut me donner un coup de pouce tout simplement en écoutant mes morceau dans un premier temps pour ensuit envisager la suite....merci nessyou21@yahoo.fr 0609987323

  • Bonjour, je suis un élève de première L et réalise mon TPE sur le thème : Le rap, un moyen d’expression. Merci pour les infos de votre livre. Si le travail fini vous interresse, je pourrai vous le passer. Si vous le voulez, laissez un commentaire ici et je vous expliquerai comment vous l’envoyer. Merci encore pour les infos ! Valentin

    • bonjour a tous, je m’interresse depuis quelque temps ou rap et a un peu tous ce qui tourne autour, j’aimerai bien avoir le maximum de document parlant du rap, donc si vous avez quelque truc (pdf, site internet,...ou autre) merci de me le dire, voila mon adresse mail : ultradelasud1992@hotmail.fr

      merci d’avance ;)

  • salut, pour vous dire que la culture hip-hop a évolué, quelle se réduit de plus en plus à un bizness qu’elle perd son essence et ses valeurs, bref le rap nique tout avec une bande de branleurs qui ne visent que la guez la villa et les bitchs<...FUCK IT ! les résistants ne passent pas dans les médias mais heureusement ils sont là (surtout en provinve), une culture plus qu’un faux moyen de vivre, les vrais ne mesurent que leur art (le reste on verra...) Donc nique tout le « pseudo mouvement » caillera qui vise les dollars en jouant les « victimes », va au bled mec, et tu verras s’il tient ton putain de fond commerce à la calimero, boy bas toi et ne te plains pas de ce que tu fera aux autres si ça marche pour toi un jour....T’aura une marque de sape, tu feras travailler des minos du tiers monde en disant « j’ai pas l’choix ! » FUCK IT... Le hip-hop vrai devient rare et peut-être que c’est pas plus mal (dieu reconnaitra les siens...) bon bah boujou les gars (positif-impakt@hotmail.fr) et big up à la Nuance Subtile (hip-hop 2 Hot-Normandie)...

  • Pour des raisons pratiques, je me suis permis de convertir les pages en fichier global PDF (sans signets). Si autorisation davduf.net, il est dispo en téléchargement sur demande ==> fandilule@tiscali.fr

    • hey hey...

      Bonne initiative ! Peux tu m’envoyer une copie pdf que je vois ce que ca donne ? Merci !

      D.

    • Hé bien, voilà, le fichier est pret. Yo Revolution Ra en PDF

      Un garnd merci à Fandidulé pour tout le mal qu’il s’est donné !

    • Oh le lien pour le fichier pdf ne marche plus !!!

      J’ai pas eu le temps de le conserver dans mon ordi... est-ce que quelqu’un pourrait me l’envoyer par mail please ???

      merci à tous...

      et souvenez-vous : Peace, Unity,....etc

      Bises,

      Marion

      mail : mayleen71@yahoo.fr

  • la médiocrité des mélodies pop africaines de johnny clegg ?? passe ton bac d’abord, cultives toi, ensuite tu parleras sur la médiocrité, pauvre (h)urluberlu ! Ensuite tu feras du sport et t’essaieras de lever ta jambe au dessus de ton bras de fauteuil.

  • bonsoir je souhaite connaitre le titre de l album de la rappeuse DA BOSS année 1992/1993 merci

  • bonjour je voudrai savoir a partir de quel age vous prenez les perssones qui font de la musique car moi je tien un groupe de rap et j’aimerai me faire entendre alors reponder moi sil-vous play. aurevoir et repondez nous vite merci..

  • OK Franck. J’ai pourtant bien supprimé ton nom depuis un bail. Je ne vois pas où il apparaitrait...

    Pour information, il s’agit d’un livre qui date de... 1991.

  • Bonjour David. Je suis curieux de votre lecture de cet article sur l’électro hip hop.

  • Bonsoir,

    J’avais rencontré au siècle dernier Candy gràce à mon ami musicien Fred Montabord alias Docteur Fred. Avec un ami Olivier Brial (rip) nous avions produit Africa Bambata en concert au Place et à SOS Racisme avec un big band dont Sydney à la basse , Dcteur Fred et Edddy Emilien aux claviers, Yves Njok guitare, Brice Wouassy battereie... Ma question que devient Candy ? Texaco et Mariam me connaissent du temps où je manageais pour Africa Fête en France le goupe de hip hop ragga sénégalais Positive Black Soul de 93 à2000 (PBS que nous avions aidé à la signature en maison de disque : Mango/Island UK et chez Polygram musique pour les éditions ) Merci d’avance pour votre réponse

    Salam-Shalom

sous-culture

yo ! révolution rap

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