télé libre

zaléa tv | ils ne la fermeront pas

Par David Dufresne, 19 janvier 2004 | 6462 Lectures

Ce devait être au même moment qu’un des enregistrements de cette cassette. Eux, Zaléa, ils étaient là, plein d’allant et d’aléas - enfin autorisés. Moi, chez moi, à chroniquer la télé pour Libé. Dans leur studio, la pagaille. Des gens qui grouillent, des clopes, des gobelets, des caméscopes qui s’entre filment comme d’autres, ailleurs, s’auto promotionnent. Tout à la débrouille, au système D, aux économies de bouts de câbles. Voir ça, cette première d’une nuit, et se dire que, comme un certain Rock, la Télé c’est tout à fond ; dans les bars et les bas-fonds, ou, du moins, ça devrait l’être. Être autre chose que cette « machine à regarder qui peut servir à créer une inédite race d’aveugles  » comme dit quelqu’un sur On ne la fermera pas citant un poète...

La télé à fond

La télé à fond. La télé tiers-État. Zaléa TV, Zaléa Tour, Zaléa Mobile, combien t’en veux ? Tourner (un film). Contourner (le CSA). Retourner (voir les gens de la Tour Eiffel, pour se hisser là-haut, y a pas de raison). Encore et encore et encore et encore et encore - il reste de l’essence dans le camion ? Être à la rue, plutôt que Delarue. « On est là ! » dit une Zaléa-Banderole. « On est encore là » dit une autre.

De loin en loin, le murmure racontait les zemmerdes. Les zaméras cassées. Le zatos déglingué. Les rires qui fuseraient sur et chez Zaléa plus vite et plus francs qu’ailleurs. Les bisbilles - rien que des broutilles. Et tout ça qui défile, enfin, sur On ne la fermera pas.

Comme cette scène, qu’aucun Arthur, ni le moindre petit roi des petits Cons, n’osera ni montrer, ni diffuser, moins encore créer  ; cette scène au CSA où les fatigués hilares remettent leurs armes, comme des guérilleros retournant celles de l’ennemi, l’équipe de Zaléa face à Baudis Dominique et tout de go / on / off / on air, de lui déclarer : « on vous remet notre émetteur (...) ça fait une vingtaine d’années qu’on courre les toits et on voudrait ne plus avoir à le faire ».

Bella ciao

Regarder ça. Regarder Danger Travail, regarder Tolérance Zéro (Gènes, juillet 2001). Ne plus savoir si ce sont les souvenirs (« Je suis fier de ne rien faire / Fier de ne savoir rien faire » - chantaient les Olivensteins) ou une caméra d’Indymédia que l’on regarde. Repenser à Jello Biafra (« Don’t hate the media, become the media ») et voir une revue de presse expérimentale et musicale sur Zaléa. Oui, ne plus savoir, mélanger, se chercher, retrouver les accords, les sentiments, les expériences musicales probablement communes. Se dire que, cette fois, la télé ne me rend pas plus laid que je ne suis. Pas plus beau non plus. Bella ciao et tous ensemble.

Et puis, la rencontre. Eux, Zaléa, ils étaient là, toujours plein d’allant et d’aléas - à manifester contre le Loft. Moi, chez moi, perdu et en perdition, à chroniquer le Loft pour Libé. C’était pareil que la fois d’avant. C’était à l’âge des pas-possibles-que la télé devienne ça. En 2001. Un attentat avant l’autre. Nous étions en mai. Les Loft raiders qu’ils étaient, avaient décidé de « libérer les otages de m6  ». À plusieurs reprises, on se téléphona. Eux de leur portable pour savoir ce qui se passait « à l’intérieur  ». Moi, pour me sentir moins seul. M6 l’avait rêvé, Zaléa TV le faisait : de la télé interactive, de la putain de télé réalité. C’était donc ça. Se cogner les cogneurs. Démonter les décors. Pousser, pousser, pousser les murs.

Tout Zaléa, ça.

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